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Thibaut Fauconnet, la sérénité retrouvée

Nicolas Jacquemard

Publié le

Rencontre avec Thibaut Fauconnet, leader de l’équipe de France de short-track, qui prépare ses derniers Jeux Olympiques. 

Thibaut, peux-tu te présenter en quelques mots ?

Thibaut Fauconnet, je fais du short-track, patinage de vitesse sur glace, et je suis membre de l’équipe de France Olympique.

Tu reviens d’Asie : comment cela s’est passé sportivement là-bas pour toi ?

A titre individuel, cela s’est très bien passé, puisque j’ai décroché deux finales sur 1500 mètres. Je n’ai pas obtenu de podium malgré une troisième place, car j’ai écopé d’une pénalité qui me classe finalement 6ème. Je suis vraiment dans la course aux Jeux Olympiques, je termine 10ème de la Coupe du Monde et je vais essayer de faire un bon résultat en Corée. Le point noir, c’est le relais : avec mes jeunes coéquipiers, nous voulions nous qualifier pour Pyeongchang, mais nous avons échoué. Il fallait finir dans les huit meilleurs équipes mondiales et notre équipe est encore jeune, mes coéquipiers ont 18 ans et se confrontent à des patineurs de 30 ans. Nous avons une superbe équipe et si les Jeux Olympiques avaient été un an plus tard, nous aurions probablement réussi à nous qualifier car ils m’ont vraiment impressionné sur les dernières manches de Coupe du Monde.

Sur quelles courses seras-tu aligné et avec quels objectifs ?

La sélection officielle n’est pas tombée, donc je ne peux pas vraiment le dire. Nous avons deux quotas pour cette olympiade, donc il y a des chances que je sois aligné sur 1500m, 1000m et 500m. Le 500, je l’ai mis de côté donc cela sera difficile de faire un résultat, mais je ferai mon maximum sur les trois courses pour être performant. Ce sera ma troisième participation aux Jeux Olympiques et les fois précédentes, j’y suis allé avec de réelles ambitions de médailles et cela n’a pas fonctionné. Donc cette année, j’aborde cela différemment avec moins de pression et je me satisferai d’une place en finale.

Quels sont tes objectifs avant les Jeux Olympiques ?

Il ne nous reste que les championnats d’Europe mi-janvier, car la Coupe du Monde est terminée. J’essayerai d’être performant, même si ce n’est pas l’objectif de la saison, et cela permettra de peaufiner les derniers réglages.

Une année olympique, c’est forcement spécial, comment t’es-tu préparé pour cela ?

En fait, ce n’est pas en terme de saison mais plutôt en terme d’olympiade que j’ai complètement changé de préparation. Après Sotchi en 2014, j’étais vraiment lessivé et j’ai voulu me réinvestir tout de suite dans l’entraînement. Mais cela ne s’est pas bien passé, puisque je me suis blessé aux Championnats d’Europe en 2015 2015. Mon centre d’entraînement m’a proposé de prendre du recul pour passer le concours de professeur de sport afin d’aviser par la suite. J’ai obtenu ce concours et c’est ce qui m’a permis de changer ma vie et ma vision du sport, car j’ai obtenu un poste dans la fonction publique et cela m’a apporté beaucoup de sérénité à titre personnel. J’ai rapidement pu être détaché pour m’entraîner à 100%, donc c’est un peu le poste rêvé. J’ai donc repris l’entrainement progressivement pour arriver la saison passée en Coupe du Monde, où j’ai terminé à la deuxième place mondiale avec plusieurs podiums à la clé. Et cela nous amène à cette saison olympique où je suis beaucoup plus relax, j’ai beaucoup moins de pression et c’est bénéfique pour mes performances. Je prends plus de plaisir, je suis plus relâché et cela m’évite de me crisper en course comme je pouvais le faire avant. Ce qui m’a permis de continuer le haut-niveau, c’est d’avoir arrêté pendant un an !

Avoir Martin Fourcade comme porte-drapeau, ça a de la gueule non ?

Carrément. En plus de cela, Martin est un copain, il est de Font-Romeu où j’habite, donc on essaye de se voir quand il rentre. Martin et même son frère Simon, ce sont des mecs en or. Cela a vraiment de la gueule qu’il soit porte drapeau car il marche sur l’eau, l’année dernière il a gagné 14 courses quand ses rivaux en ont gagné 2. Je suis ravi de pouvoir partager cette aventure olympique avec Martin et tous les autres sportifs de l’équipe de France, c’est une bouffée d’oxygène !



Après cette saison et les Jeux Olympiques, est-ce que tu sais si tu vas continuer le short-track ?

C’est toujours en réflexion, nous ferons un point après les Jeux Olympiques. Cela ne dépend pas des résultats, mais je n’ai pas envie de laisser quelque chose d’inachevé. Notre équipe est encore très jeune et si on me le demande, je ferai peut-être une saison de plus pour continuer et finir la transmission avec les jeunes. Mais c’est sûr que la prochaine olympiade sera sans moi comme athlète, en tant que membre du staff, on verra cela plus tard.



Quel regard portes-tu sur le développement de ton sport en France ?

Le haut niveau va dans le bon sens, nos jeunes progressent énormément, ils s’investissent dans la préparation et dans la compétition, donc c’est très positif. Nous avons un beau centre d’entraînement et un staff qui s’étoffe, c’est vraiment de bonnes choses pour le short-track français. Ensuite, si on parle du développement de masse, je pense qu’il y a encore beaucoup de choses à faire, notamment au niveau des clubs. C’est facile de dire cela sans forcément avoir les solutions, c’est un constat que je fais, je ne suis pas capable de faire forcement mieux.

Si tu pouvais passer 30 minutes avec le sportif de ton choix ?

Eric Moussambani, car je trouve passionnant le parcours de ces sportifs qui ne sont pas les plus performants et j’aimerais savoir comment il se prépare. Aujourd’hui le très haut niveau, je connais les mécanismes mais je trouverais intéressant d’en savoir plus sur des mecs comme lui qui ont beaucoup plus galéré.

Nicolas Jacquemard

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