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Thierry Weizman : « Je n’ai jamais pensé gagner une Coupe d’Europe »

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LIGUE DES CHAMPIONS FÉMININE HANDBALL – Président de Metz Handball depuis 21 ans et toujours médecin du club, Thierry Weizman savoure ce sacre européen.

Le Président de Metz Handball Thierry Weizman s’est dit “content pour le sport féminin français” et il attend de voir “ce que ça va donner”. Sa réaction :

Les premiers mots c’est que je n’y crois pas. Je ne comprends pas ce qui arrive parce que vous êtes tous là, donc il doit se passer quelque chose d’important (sourires). Mais c’est pour moi complètement irréel. Je sais d’où on vient. Au club, en 2005 , on avait 1 400 000 € de dettes. Je connais notre budget, je sais comme c’est difficile au jour le jour de trouver de l’argent. Je ne suis pas chef d’entreprise, je suis médecin.

J’ai tout le temps peur qu’on se casse la figure parce que je ne pourrai pas mettre si jamais on avait un souci. On a besoin, pour équilibrer le budget, de venir au Final 4. Donc pour moi j’étais déjà content d’y être. On a notre MVP qui part. On va perdre comme chaque année, 6-7-8 joueuses. Il va falloir tout recommencer à zéro, tout reconstruire. C’est un boulot sur le plan sportif, c’est un boulot sur le plan financier. Il y a plein, plein de choses qui me trottent dans la tête.

« On va rester un club familial »

On va rester humble et ambitieux comme ce sont nos valeurs. De toute façon, on n’a pas le choix. Et puis voilà, on va rester un club familial quoi qu’il arrive, avec nos valeurs. Je suis cependant fier et content pour Manu qui abat un travail incroyable, pour son staff. Je les vois bosser au jour le jour. Je suis content pour les joueuses. Celles qui nous ont fait confiance au détriment de certains salaires.

Je le sais, je sais ce qu’elles touchent en arrivant et je sais ce qu’on leur donne. Même si on essaie de faire de mieux en mieux, il y a un gap avec les grands clubs européens qu’il y a au Final 4. Donc elles font un sacrifice pour venir. Et leur salaire, c’est un peu de gagner un titre comme ça. Elles l’ont à vie sur leur carte de visite et c’est vraiment ce qu’on peut leur apporter.



J’ai plein d’images en arrière. Moi je suis arrivé avec Olivier Krumbholz il y a 30 ans comme médecin de l’équipe. On prenait des branlées. Et puis Olivier a donné, a mis le train sur les rails. Vraiment, il a appris ce que c’était le professionnalisme au féminin, mais pas que chez nous, en équipe de France. Moi il m’a appris mon métier de médecin de terrain avec la rigueur qu’il fallait avoir. D’autres se sont succédé jusqu’à Manu qui a franchi encore un cap. Et quand je regarde en arrière, je suis très content parce que ça a été une progression step by step.

« Je pensais qu’il faudrait encore patienter »

On n’est jamais arrivé en disant Manu, moi ou qui que ce soit : “dans un an, on est champion d’Europe, dans un an on gagne ci.” Je n’ai jamais même pensé gagner une Coupe d’Europe. Je me suis dit on verra bien. Et la progression elle s’est faite progressivement et sur des bases j’espère solides, step by step, en se faisant gicler du tour préliminaire au début, puis après du premier tour, du tour principal des huitièmes en prenant une branlée contre Bucarest en quart de finale, douze buts en se rattrapant l’année d’après, en perdant contre Budapest après. On a gravi vraiment par petits pas toutes les marches. Et l’apogée, je ne la voyais pas si rapide, mais on va la prendre quand même. Je pensais qu’il faudrait encore patienter.



Sur les propos de Kristina Jørgensen (voir plus bas)

Je suis sûre que Kristina va franchir un cap en revenant chez nous. Encore une fois avec Manu, elle bosse super bien et elle va nous apporter beaucoup beaucoup, j’en suis certain. Après, il va falloir compenser le départ de Sarah. On a deux jeunes pivots qui arrivent. Je fais confiance à Manu. On aura un pivot, un MVP dans cinq ans , un autre j’espère.

Après deux saisons à Györ, Kristina Jørgensen fera son retour à Metz la saison prochaine. Et si la déception de la défaite était immense, elle a été très classe et a loué et souligné le travail qui a été fait à Metz depuis des années pour en arriver là : « Quand tu as été à Metz, tu sais le travail qu’ils ont fait depuis plus de 10 ans pour être là ce soir. Je suis fière de Manu, il a été très fort dans les moments décisifs aussi. »

 

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