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Titouan Perrin-Ganier : « Le cross-country eliminator, une discipline télégénique »

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VTT – Triple champion du monde en titre de cross-country eliminator, Titouan Perrin-Ganier s’est confié à Dicodusport. Confinement, objectifs de la saison mais aussi médiatisation, le Vosgien, également consultant VTT sur La Chaîne L’Équipe, s’est montré plutôt optimiste pour le développement de sa discipline.

Titouan, comment as-tu vécu cette période difficile, entre le mois de mars et début mai ?

Ça a d’abord été assez violent. Quand la situation sanitaire a commencé à se dégrader, j’étais dans l’avion pour Dubaï afin de disputer la première manche de Coupe du monde. Durant le voyage, j’ai appris qu’elle était finalement annulée. On est resté quelques jours là-bas puis à notre retour, c’était le moment où le confinement a débuté.

Après, le confinement en lui-même, ça s’est plutôt très bien passé. J’ai une petite fille qui a 8 mois, ça a donc été l’occasion de passer du temps avec elle. Et puis ça m’a permis de recharger les batteries à la montagne (La Féclaz, ndlr).

Durant cette période, as-tu pu continuer à t’entraîner ?

Oui, j’ai quand même pu m’entraîner. J’ai fait pas mal de vélo sur Zwift, j’ai aussi beaucoup couru avec de l’athlétisme sur route. J’ai également fait pas mal de musculation. J’ai continué le travail technique en VTT dans le périmètre autorisé d’un kilomètre pour essayer de ne pas trop perdre. Je me suis organisé pour faire plusieurs séances quotidiennes, histoire d’avoir un volume horaire conséquent.

Justement, en parlant de la plateforme Zwift, celle-ci a fait débat dans le milieu du cyclisme. Quel regard as-tu sur cet outil d’entraînement ? L’utilises-tu dans un esprit de compétition ou plutôt pour s’entraîner de façon récréative ?

Personnellement, je m’en suis beaucoup servi pour faire des compétitions, sur des petites sessions de 20 ou 30 minutes. Lorsque je faisais des séances d’endurance, j’essayais de les découper, avec un peu de home-trainer sur Zwift, puis une heure de course à pied. J’ai la chance d’habiter en montagne, ce qui m’a permis de tracer un tour de 9 kilomètres avec 400 mètres de dénivelé, toujours en respectant le périmètre. C’était l’idéal pour poursuivre un travail debout et d’alternance de positions sur le vélo.

Pour en revenir à Zwift, j’y ai vraiment trouvé un intérêt. Je pense que c’est une méthode d’entraînement que je vais intégrer plus régulièrement dans mon programme.

Au niveau du calendrier, en regardant sur le site de l’UCI, on trouve seulement deux compétitions programmées : les championnats du monde à Louvain (Belgique) le 23 août et une manche de Coupe du monde à Graz (Autriche) le week-end suivant. Avec aussi les France début août à l’Alpe d’Huez. Avez-vous d’autres informations à propos de la Coupe du monde ?

Oui, je pense que tout n’est pas indiqué sur le site de l’UCI. En plus de la manche de Graz (Autriche), il y aura également deux manches en septembre, deux en octobre et deux en novembre. Toutes les dates ont été validées en tout cas. La saison sera vraiment dense.

Titouan Perrin-Ganier, la référence du XCE

Titouan Perrin-Ganier, la référence du XCE – UCI

Avec cette saison particulière que tu t’apprêtes à vivre, tes objectifs seront-ils les mêmes qu’en début d’année ?

J’ai envie de dire oui et non. Disons qu’on est tous dans la même situation, dans l’inconnu. On ne sait pas dans quelle condition physique on va aborder les premières compétitions. C’est assez compliqué de dire quels seront mes objectifs. Après, je vais faire une préparation spécifique et ultra-difficile pour être au top de ma forme pour les championnats du monde à Louvain. Cela reste mon objectif numéro un.

On imagine qu’après ta deuxième place en 2019, le classement général de la Coupe du monde reste un objectif à atteindre ?

Oui et non aussi ! Je ne suis pas sûr qu’intrinsèquement, je sois un pilote de classement général. Je suis assez régulier mais disons que j’ai du mal à tenir un pic de forme élevé durant un mois complet. Par contre, je pense que mes qualités correspondent davantage aux courses d’un jour, en élevant mon niveau physique et mental pour gagner. C’est pour ça que je ne suis pas sûr d’être fait pour remporter le général de la Coupe du monde.

De plus, le règlement a un peu changé. Maintenant, il y a des points qui sont attribués lors des qualifications. Personnellement, je ne suis pas bon du tout en qualification, donc ça risque de me désavantager un peu. Après, c’est vrai que ça reste la seule ligne qui manque à mon palmarès. Ça peut aussi devenir un objectif en cours de saison, en fonction des deux ou trois premières manches et du résultat aux championnats du monde.

Avant le cross-country Eliminator, tu as couru en cross-country olympique. Qu’est-ce qui t’a poussé à opter pour l’Eliminator ?

Je dirai tout simplement mes qualités physiques. Je fais souvent le parallèle avec l’athlétisme. Par exemple, on ne peut demander à Usain Bolt d’être performant sur un 10 000m ou à Mo Farah d’être champion du monde sur 100m. Je pense qu’on naît, à la base, avec des qualités plus ou moins différentes. Personnellement, j’ai des qualités d’explosivité et des capacités de résistance au lactique. En revanche, mes capacités au seuil anaérobie sont moins bonnes. Je n’avais pas les qualités nécessaires pour briller en cross-country olympique. Finalement, mes qualités ont vite matché avec l’Eliminator.

Parlons médiatisation. La Chaîne L’Équipe diffuse désormais la Coupe du monde et les Mondiaux pour le cross-country olympique et le VTT descente. En revanche, on ne voit toujours pas les épreuves de XCE*. Qu’en penses-tu ?

C’est vrai. Alors la Chaîne L’Équipe a déjà diffusé les Mondiaux Eliminator, mais ça remonte à 2017. Pour l’anecdote, on essaye justement de travailler pour retransmettre le circuit Coupe du monde. Peut-être pas dans son intégralité, mais au moins quelques manches. Ce serait bien sur La Chaîne L’Équipe, mais aussi sur d’autres médias internationaux. C’est sûr que de mon côté, j’ai toujours dit que le XCE était télégénique. C’est une discipline dynamique et dans l’ère du temps.

Après, la Coupe du monde d’Eliminator a été reprise par un groupe privé. Ça prend toujours un petit peu de temps pour mettre en place les choses. En tout cas, on y travaille. La diffusion, c’est vraiment l’axe de développement du XCE, avec une retransmission régulière. C’est grâce à ça que notre sport pourra percer, car ce n’est pas du tout une discipline de masse comme le cross-country olympique ou le cyclisme sur route par exemple.

Justement, toujours en rapport avec La Chaîne L’Équipe, tu es consultant pour les épreuves de VTT Cross-country olympique et Descente. Que t’apporte ce rôle ?

Déjà, je suis un ultra-amoureux de mon sport, du VTT en général. Le partager à la télévision, ça a toujours été un petit peu un rêve de gosse. Je suis un geek des résultats et j’ai aussi une bonne mémoire. La télévision, c’est vraiment un domaine qui m’intéresse. Je m’éclate vraiment à commenter, que ce soit les Coupes du monde ou les Mondiaux. Et puis quand les Français gagnent, c’est le feu !

*XCE : Cross-country Eliminator

Dicodusport


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