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Tony Yoka, pourquoi ça ne prend pas ?

Idriss Ahamada

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Tony Yoka, pourquoi ça ne prend pas ?
AFP

Bien qu’il réalise un parcours sans faute depuis ses débuts pro, Tony Yoka est loin de faire l’unanimité parmi les amateurs de boxe. Retour sur les raisons de ce désamour.

Depuis qu’il a choisi de passer professionnel, les critiques pleuvent sur Tony Yoka. Niveau de ses adversaires, communication, suspension… Beaucoup de choses font que le boxeur s’est retrouvé dans l’œil du cyclone. Certaines critiques sont fondées, d’autres le sont beaucoup moins. Petit condensé des discussions les plus récurrentes.

Yoka ne combat que des adversaires faibles

On ne compte plus les fois où j’ai entendu « Il a battu le vigile de Lidl », « Son adversaire est aussi gras que ma voisine » ou encore « Il a mis KO le videur du Macumba ». C’est sûr que les adversaires de Yoka n’étaient pas de classe mondiale. Mais la boxe c’est comme à la Caf : avant de voir le patron, on prend un ticket et on fait la queue ! Oui, Yoka a gagné un titre olympique, mais ça ne l’exempte pas de devoir faire ses preuves avant de pouvoir affronter un champion.

Et ça commence par affronter des adversaires mal classés, pour se forger un nom, un palmarès et une réputation. Tony Yoka est classé 42ème poids lourd mondial par le site Top Rec, et c’est normal après 7 combats. Avant de prétendre affronter les premiers, il doit monter plus haut pour pouvoir être pris au sérieux. Lui aussi champion olympique avant de passer pro, Anthony Joshua a dû attendre son 16ème combat pour avoir une chance mondiale au titre IBF, et le 19ème pour affronter l’ancienne terreur de la catégorie, Wladimir Klitschko.

Tout champion olympique qu’il est, Yoka n’est aujourd’hui pas en mesure de demander à affronter Deontay Wilder sans prendre le risque de faire rire son promoteur et la fédération dont Wilder est champion, la WBC. S’il continue sur cette voie, les bons viendront. Le prochain combat de Yoka, prévu en décembre face à l’Allemand Christian Hammer (17ème mondial) sera un vrai test pour lui. En l’état actuel des choses, les critiques sur les adversaires sont infondées. Tony Yoka ne fuit pas Wilder, Ruiz ou Joshua… Ce n’est tout simplement pas son tour. À lui de bien le saisir quand il arrivera !

Tony Yoka garde la rage de vaincre

Tony Yoka garde la rage de vaincre – AFP

Tony Yoka est arrogant

L’arrivée en pro de Yoka s’est faite en grande pompe. Tournée des médias, recrutement d’un coach réputé (Virgil Hunter) et Canal+ qui lance l’opération « La Conquête » pour annoncer la diffusion en direct de ses combats.  Tout ce ramdam à forcément fait naître une énorme attente et une grosse impatience. Forcément, cela lui a valu des sifflets dès son troisième combat, après une victoire par KO jugée un peu trop facile. Le choix de cette communication tapageuse n’était peut-être pas le bon pour le boxeur, qui n’a pas été protégé, et qui a dû grandir en tant que professionnel sous le feu des projecteurs. Contrairement à Anthony Joshua qui, sur choix de son promoteur Eddie Hearn, a fait des débuts discrets.

Mais même si cette communication rajoute de la pression au boxeur, elle permet surtout à Canal+ de faire parler de leur poulain, sur qui ils ont investi une grosse somme d’argent. Les combats de Yoka se sont souvent déroulés dans des salles pleines et ont fait de jolis scores d’audience à la télé. On peut dire ce qu’on veut sur sa supposée arrogance ou sur une précipitation à parler de conquête, cette communication a exactement l’effet escompté : Tony Yoka fait parler et vendre.

Le seul vrai faux pas qu’on peut imputer directement au boxeur, c’est sa suspension d’un an pour 3 contrôles anti-dopage ratés. Forcément, une forme de suspicion risque d’arriver si son niveau  monte et qu’il se met à battre autre chose que des « vigiles de Lidl ». Mais pour le coup, il ne peut s’en prendre qu’à lui-même et pas à la méconnaissance de certains.

Pour conclure, ce n’est pas dans les habitudes de la maison mais il faut que le public français gagne en patience. Tony Yoka a un potentiel évident, qui peut le mener très haut. Mais il ne faut pas brûler les étapes !

Idriss Ahamada

 

 


Passionné de sport depuis toujours, c’est tout naturellement qu’après avoir compris que je n’avais pas le niveau pour jouer à Manchester United, et pas la force nécessaire pour combattre à l’UFC que je me suis tourné vers le journalisme pour raconter les exploits et les histoires de ceux qui en sont capables. Le football, surtout quand il est joué en Angleterre, reste mon premier amour. Mais j’aime aussi veiller la nuit pour vous parler de KO et de victoires unanimes à l’UFC ou sur les rings de boxe. Mon côté fan de Wayne Rooney m’a également poussé à devenir polyvalent et à parler aussi de rugby (à XIII comme à XV) et occasionnellement de cyclisme. C’est donc logiquement que j’ai rejoint Dicodusport, pour pouvoir parler de l’actualité, sur tous les terrains.

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Chris
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Chris

Le vrai problème c’est ses danses à la Mohamed Ali durant ses premiers combats contre des faire-valoir… on n’attend pas de lui qu’il combatte Joshua dès ses débuts mais faut avoir l’attitude qui correspond à la situation !

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