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Rugby à XV

Top 14 : À qui profite la fameuse période des doublons ?

Louis Bouchardon

Publié le

Top 14 À qui profite la fameuse période des doublons
Photo Icon Sport

TOP 14 2023-2024 – Qui dit Tournoi des Six Nations dit également période des doublons. C’est un fait, certes inéquitable, pourtant bien ancré dans les mœurs du Top 14. Contrairement au football où les championnats sont à l’arrêt durant les fenêtres internationales, le Top 14, lui, continue de vivre dans l’ombre des tournois des Six Nations A et B. Une période charnière et particulière à gérer pour les clubs. 

Forcément, certaines équipes sont plus atteintes que d’autres. Et le débat revient chaque année sur cette fameuse période de doublons qui fausse l’équité du championnat. Alors à qui profite cet intervalle international ? Tour d’horizon avec en fin d’article la liste complète des joueurs de Top 14 sélectionnés. 

Les clubs les plus impactés 

Le Stade Toulousain est le plus grand pourvoyeur d’internationaux. Mais les Hauts-Garonnais semblent prêts pour affronter cette période. Longtemps en difficulté sans ses meilleurs joueurs, Toulouse a réussi à installer une rotation tout le long de la saison pour que l’effectif complet soit concerné. Une fois sur le devant de la scène, les seconds couteaux sont déjà bien aiguisés. Le groupe toulousain est désormais armé et suffisamment organisé pour limiter la casse. La victoire acquise ce dimanche au Racing 92 en est la preuve. Reste à confirmer sans Antoine Dupont après le match de Bayonne. 

C’est plus délicat pour l’UBB qui découvre ce phénomène. La ligne arrière est décimée et six titulaires en puissance rejoignent Marcoussis. Sans sa charnière ni ses facteurs X, Bordeaux-Bègles doit se réinventer et changer son style de jeu. Malgré le retour cette semaine de Nicolas Depoortère, la gestion des doublons s’avère être un nouveau problème pour les Girondins, rarement aussi concernés par une liste des Bleus. La défaite à domicile contre le Stade Français ce samedi est venue rappeler cette dure réalité. Attention danger. 

Le Stade Rochelais est également dans un cas similaire. La densité du pack (sa marque de fabrique) est amoindrie. Sans les puissants Atonio, Alldritt ou encore Wardi et Boudehent, la force de frappe est différente. Mais l’effectif est plus complet et La Rochelle peut tout de même s’appuyer sur des joueurs talentueux pour tenir la baraque à flot. L’émergence de jeunes joueurs et le recrutement malin permettront au Stade Rochelais de lisser la période sans trop en souffrir. 

Comme l’UBB, le Racing 92 est orphelin de sa charnière ainsi que de son capitaine. Les Franciliens progressent désormais avec une épine dans le pied. Le moment pour lancer le jeune Martin Méliande dans le grand bain à l’ouverture. L’équipe s’appuie grandement sur les performances de Nolann Le Garrec, sur toutes les feuilles de match cette saison. Mais ce dernier n’a pas été suffisamment suppléé. Ainsi, James Hall et Clovis Le Bail doivent pallier son absence sans avoir d’automatismes avec leurs partenaires. Face au Stade Toulousain, ce manque de repère a fortement handicapé l’animation offensive du Racing. Le réservoir est suffisant pour tenir le choc, mais sans sa charnière, le Racing 92, encore leader, risque de perdre son avance au classement.





Les équipes moyennement touchées

Le LOU Rugby vit une saison compliquée. Fort heureusement, le club ne perd pas énormément d’éléments durant la période des doublons (5). Les leaders lyonnais ne sont pas sélectionnés (Couilloud, Berdeu) et peuvent s’investir pleinement avec leur club. Sans les frères Taofifenua ni le dynamiteur Davit Niniashvili, le LOU perd des joueurs importants, mais pas suffisamment pour perturber le système de jeu. Il pourrait même profiter de cette période pour sortir des bas-fonds du classement. 

Toulon, Perpignan et Montpellier ont peu de joueurs sélectionnés pour les Tournois, mais perdent des cadres. Sur la Rade, Toulon doit faire sans son capitaine Charles Ollivon, sans Esteban Abadie, si précieux depuis son arrivée, ni le demi de mêlée écossais, Ben White. Baptiste Serin étant blessé, le poste de numéro 9 est donc promis au numéro 3, Vasil Lobzhanidze.

Perpignan s’en sort bien en récupérant, normalement, Posolo Tuilagi : le grand gaillard a rejoint Marcoussis en début de semaine, mais a été libéré, avant d’être rappelé ce jeudi. L’USAP devra en revanche faire sans son arrière et buteur Tommaso Allan ni un autre Italien, Pietro Ceccarelli au poste de pilier. 

Enfin, Montpellier devra avancer dans sa quête du maintien sans le colosse Paul Willemse, un temps sur le carreau, mais finalement appelé avec les Bleus. L’ouvreur Paolo Garbisi sera quant à lui dans le Squad italien et le pilier Vano Karkadze est lui sélectionné avec la Géorgie. À noter que le jeune Lenni Nouchi a également intégré le groupe de 34 du XV de France, avant d’être libéré cette semaine.

Les clubs les moins concernés 

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. La formule est un peu réductrice, mais résume bien la situation. En effet, plusieurs équipes ne sont pas ou peu chamboulées par la situation de doublon. 

Le Stade Français perd tout de même son capitaine, Paul Gabrillagues, ainsi que le jeune Léo Barré, mais le reste de l’équipe n’est pas modifié dans les grandes largeurs, d’autant que Barré a été libéré. La Section Paloise pourrait faire sans Émilien Gailleton, meilleur marqueur du Top 14 la saison dernière. Le champion du monde U20 sera néanmoins présent ce week-end, étant libéré par le staff des Bleus. Bayonne sans Federico Mori, le centre italien et Castres sans son talonneur Gaëtan Barlot. Oyonnax voit son centre portugais Pedro Bettencourt partir avec sa sélection pour jouer le Rugby Europe Championship. 

Enfin, l’ASM Clermont ne perd aucun titulaire en puissance. Une hérésie il y a quelques années pour ce club longtemps principal pourvoyeur du XV de France. Ce constat nous rappelle que le monument auvergnat est en péril. 

Liste des joueurs sélectionnés par club, en comptant les joueurs libérés

Stade Toulousain – 11 sélectionnés : France (7) : Cyril Baille, Julien Marchand, Peato Mauvaka, Dorian Aldegheri, François Cros, Thomas Ramos et Matthis Lebel. Italie (1) : Ange Capuozzo. Écosse (1) : Blair Kinghorn. On ajoutera Antoine Dupont qui rejoindra l’équipe de France à 7 après le match contre Bayonne. France U20 (1) : Mathis Castro Ferreira.

UBB – 7 sélectionnés : France (6) : Maxime Lucu, Matthieu Jalibert, Yoram Moefana, Nicolas Depoortère, Louis Bielle-Biarrey et Damian Penaud. 

Stade Rochelais – 6 sélectionnés : France (5) : Uini Atonio, Reda Wardi, Jonathan Danty, Paul Boudehent et Grégory Alldritt. France U20 (1) : Hoani Bosmorin.

Racing 92 – 5 sélectionnés : France (5) : Gaël Fickou, Antoine Gibert, Nolann Le Garrec, Thomas Laclayat et Cameron Woki.

LOU Rugby – 5 sélectionnés : France (2) : Sébastien Taofifenua et Romain Taofifenua. Italie (2) : Martin Page-Relo et Monty Ioane. Géorgie (1) : Davit Niniashvili.

Stade Français – 5 sélectionnés : France (2) : Paul Gabrillagues et Léo Barré. Géorgie (1) : Giorgi Tsutskiridze. Espagne (1) : Garcia Alvaro. France U20 (1) : Noah Nene.

Montpellier – 4 sélectionnés : France (2) : Lenni Nouchi et Paul Willemse. Italie (1) : Paolo Garbisi. Géorgie (1) : Vano Karkadze.

RC Toulon – 3 sélectionnés : France (2) : Esteban Abadie et Charles Ollivon. Écosse (1) : Ben White.

Perpignan – 3 sélectionnés : France (1) : Posolo Tuilagi. Italie (2) : Tommaso Allan et Pietro Ceccarelli 

Pau – 2 sélectionnés : France (1) : Émilien Gailleton. France U20 (1) : Axel Desperes

Bayonne – 2 sélectionnés : Italie (1) : Fédérico Mori.  Portugal (1) : Hugo Camacho 

Clermont – 2 sélectionnés : Géorgie (1) : Davit Khuroshvili. France U20 (1) : Robin Couly 

Oyonnax – 2 sélectionnés : Portugal (1) : Pedro Bettencourt. Espagne (1) : Ignacio Pineiro.

Castres – 1 sélectionné : France (1) : Gaëtan Barlot.

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