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Rugby à XV

Top 14 : Le Stade Français, un leader sans strass ni paillettes

Louis Bouchardon

Publié le

Top 14 Le Stade Français, un leader sans strass ni paillettes
Photo Icon Sport

TOP 14 2023/2024 – À sept journées de la fin de la phase régulière, le Stade Français Paris a pris seul la tête du championnat. Et sauf cataclysme, les Parisiens participeront à la bataille pour le titre lors des phases finales, au mois de juin prochain. Le nouveau staff arrivé cet été sur la capitale semble avoir trouvé la recette gagnante. Malgré un jeu parfois décrié, le Stade Français se montre diablement efficace. Bien loin de l’ère Guazzini du début des années 2000, le club brille de nouveau, sans strass ni paillettes. 

Samedi dernier, Paris est venu à bout, dans la douleur, du LOU Rugby (22-13) dans son stade Jean-Bouin. Et comme souvent, le Stade Français a longtemps été malmené. Comme souvent, le Stade Français a balbutié son rugby. Mais comme souvent, le Stade Français a su retourner une situation mal embarquée pour finalement s’imposer. Un scénario qui se répète cette saison. Sans dégager une parfaite maîtrise durant 80 minutes, le club de la capitale est capable d’avoir le dernier mot. Suffisant pour se hisser seul à la première place du Top 14 et envisager sérieusement les phases finales (10 points d’avance sur le 3e, Bordeaux et 14 sur Castres, 7e et premier non qualifié à l’heure où l’on écrit ces lignes). Retour sur les dessous de cette réussite. 

Un paquet d’avants dominateur

En regardant les matchs du Stade Français cette saison, on commence désormais à sentir le piège venir. Les adversaires des Parisiens tombent dans un faux rythme, concèdent peu d’occasions et prennent doucement l’espoir de victoire. C’est à ce moment précis que le piège se referme. Après avoir fatigué sa proie, le Stade Français accélère et se met en mode rouleau compresseur. Le 16e arrondissement de la capitale, réputé calme et inoffensif, devient tout d’un coup insidieux. 

Et ce guet-apens, le Stade Français le doit en grande partie à son paquet d’avant dominateur. Très complet et très dense, le huit de devant parisien concasse quiconque se met en travers de sa route. Grâce à une large profondeur de banc, les avants roses sont usants jusqu’à la dernière seconde. Forte en mêlée et précise en touche, la conquête parisienne est l’une des plus redoutables du championnat. Certainement l’effet Karim Ghezal, arrivé cet été sur le banc parisien, l’ancien deuxième ligne s’occupait au préalable du secteur de la touche du XV de France.

Une défense infranchissable

Le rideau défensif du Stade Français est totalement hermétique et le club parisien axe sa réussite sur cette défense de fer. À l’heure où l’on prône à tout-va un rugby de mouvement tourné vers l’offensif, c’est finalement encore l’équipe qui défend le mieux qui gagne. Et la meilleure défense du Top 14, c’est celle du Stade Français avec 322 points encaissés en 19 rencontres (soit une moyenne de 17 points par match). Un modèle mis en place par un Anglais, Paul Gustard, entraîneur de la défense au club de la capitale depuis 2022. 

Le Britannique, passé par le staff du XV de la Rose, (déjà en tant que coach de la défense) est un homme de l’ombre. Son travail porte ses fruits et de nombreuses équipes se cassent les dents sur ce système défensif parfaitement bien huilé. Troisième équipe à avoir gratté le plus de ballons au sol, 5e en termes de plaquage réussis, les statistiques défensives sont éloquentes. Affronter le Stade Français cette saison, c’est se confronter à un mur.





Des leaders qui montrent la voie

De nombreuses polémiques sont sorties de l’intimité du vestiaire parisien cette saison. Des soucis qui n’ont pas déteint sur le terrain, puisque les performances sont restées sur une lignée positive. Le linge sale ne se lave pas en public et les leaders ont su tenir la maison à flot. Et sur chaque ligne, un joueur dégage du leadership. Paul Alo-Emile, c’est l’assurance d’une mêlée qui ne recule pas. Paul Gabrillagues est un capitaine courage à la hauteur, tout comme ses lieutenants Romain Briatte et Sekou Macalou en 3e ligne, tous deux précieux et influents. 

Derrière, l’éternel Rory Kockott est tout aussi efficace que pénible, le jeune Léo Barré explose jusqu’à performer avec le XV de France et Jérémy Ward, le baromètre de la ligne de trois-quarts, ne déçoit jamais (7 essais inscrits). Dans le sillage de tous ses leaders, le Stade Français brille.

Un calendrier particulier

Sur les sept journées restantes, le Stade Français n’a plus que trois rencontres à jouer à domicile. Mais évoluer loin de ses bases ne ralentit pas pour autant la cadence des Parisiens cette saison, meilleure équipe à l’extérieur du championnat avec 20 points pris pour cinq victoires. 

Éliminé en Coupe d’Europe, le Stade Français se focalise désormais sur le Top 14. Moins de matchs à disputer, moins de fatigue et de blessures, mais à l’inverse moins de rythme. Les longues pauses sans matchs pourraient coûter cher aux Parisiens qui vont devoir garder tout un groupe concerné jusqu’au bout. Le chemin est encore long et il est, pour l’heure, difficile d’imaginer Paris sacré champion à … Marseille.

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