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Rugby à XV

Top 14 – Racing 92 vs Stade Français : un barrage entre voisins

Alexandre Jeffroy

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Top 14 - Racing 92 vs Stade Français : un barrage entre voisins
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TOP 14 – BARRAGES – Vendredi soir, pour le premier match de phases finales de Top 14 depuis deux ans, le Racing 92 reçoit le Stade Français (20h45). Entre les deux voisins, le derby s’annonce bouillant, d’autant plus qu’il s’agit d’un match couperet. Pour ce barrage, un homme se trouve au centre de l’attention…

Depuis plusieurs années, le derby francilien est devenu un match bien à part. Pour les joueurs, dirigeants ou supporters des deux équipes, les deux confrontations annuelles sont toujours très attendues. Chacun y va de sa petite déclaration pour pimenter chaque derby. Mais cette fois, il y aura une troisième confrontation. Un vrai cadeau pour tous les acteurs du derby ?

Un derby attendu

Bien évidemment, la majorité des spectateurs se frottent les mains de voir un tel affrontement en barrage. C’est la même chose pour les joueurs des deux équipes. « C’est un peu l’adversaire qu’on espérait, affirmait Boris Palu, deuxième ligne du Racing 92. On se retrouve en barrage, c’est parfait. » Du côté des Altoséquanais, on est donc plutôt heureux d’accueillir le voisin parisien. Même son de cloche pour des Parisiens qui sont contents de franchir le périphérique à l’occasion d’un match de phases finales. « Pourquoi aller en province quand on peut jouer à côté ? »  se questionnait le centre parisien Jonathan Danty.

Le derby est donc très attendu mais il ne faut pas oublier que c’est une rencontre de phases finales. « C’est un derby, mais les compteurs sont remis à zéro, affirmait Laurent Travers, le coach racingman. C’est un quart de finale et celui qui perd est en vacances ». En effet, comme l’évoque l’entraîneur des Ciel et Blanc, les joueurs devront d’abord penser à l’objectif des demi-finales. Le gagnant affrontera d’ailleurs le Stade Rochelais. Il ne faudra pas rajouter une pression supplémentaire en ne pensant qu’à la notion de derby.

Cette saison, les derbies ont débouché sur un statu quo. En effet, en octobre, le Racing s’était imposé sur la pelouse de Jean Bouin, dans les tous derniers instants (25-27). Au match retour, c’est le Stade Français qui est allé gagner à Nanterre (29-35), début mai. Ce match sera l’occasion de mettre enfin un point final aux confrontations de la saison 2020-2021. Mais ce n’est pas tout, un homme est aussi au centre de l’attention, pour les deux équipes.

Fickou, pression ou revanche ?

Au mois de mars, Gaël Fickou, alors joueur du Stade Français, était annoncé partant pour le Racing 92. En principe, il aurait dû arriver chez les Ciel et Blanc lors de la saison suivante. Seulement, en plein mois d’avril, on a appris que le centre international allait arriver plus tôt que prévu au Racing. Il a donc quitté le Stade Français directement, notamment, à l’aide d’une règle votée par la Ligue Nationale de Rugby, de manière temporaire. Celle-ci autorise des clubs à aller chercher un joker médical jusqu’à la fin du mois d’avril. À ce moment-là, le Racing 92 avait notamment perdu, sur blessure, son centre et capitaine Henry Chavancy, jusqu’à la fin de la saison.

Ce passage chez le voisin, en pleine saison, a eu du mal à passer du côté des Stadistes. Certains, comme le président du Stade Français, Hans-Peter Wild, le lui ont reproché dans les médias. « Ce qu’a dit le docteur Wild m’a déplu car il était d’accord (pour que Fickou parte du Stade Français) », avait expliqué l’ex-Toulousain. Peut-être que le centre parisien aura envie de faire taire les différentes critiques. Mais peut-être aura-t-il aussi la pression de jouer face à ses anciens coéquipiers qui n’ont peut-être pas digéré ce départ en pleine saison pour rejoindre le rival.

En tout cas, pour sa part, le principal intéressé a donné son impression au micro de Canal + lorsqu’il a appris l’affiche de ce barrage. « Ils sont remontés très fort pour aller jusqu’à la 6ème place. Bravo à eux. Ce sera un gros match pour lequel nous allons nous préparer. » Il est clair que cette déclaration ne permet pas vraiment de décrypter les sentiments du natif de La Seyne-sur-Mer.

Une ligne de trois-quarts terrifiante

Au-delà du cas Fickou et du folklore du derby, les deux équipes qui sont s’affronter ont de sacrés arguments. Cependant, le Racing 92 est clairement favori. Tout d’abord, le club des Hauts-de-Seine a fini 3ème de la saison régulière, ce qui lui donne le privilège de recevoir. « On est quand même content de recevoir en barrage », déclarait Boris Palu. De plus, le Racing a fait partie des meilleures équipes de la saison, avec un très beau bilan. Laurent Travers, entraîneur du Racing 92, a défendu ce bilan après le match du week-end dernier. « On a fini troisièmes, avec trois équipes à 17 victoires. »

Ensuite, le Racing est dans une très bonne passe. Avec la victoire contre Brive, samedi dernier, le Racing a enchainé quatre succès consécutifs. La dernière défaite remonte à début mai et c’était face au Stade Français. Il faut dire que, depuis l’arrivée de Fickou, le Racing a un argument de plus à exposer, alors que ceux-ci étaient déjà bien nombreux. En effet, le Racing possède, très certainement, la ligne de trois-quarts la plus terrifiante de France. Au centre, c’est tout bonnement la paire titulaire de l’équipe de France qui est en place avec Gaël Fickou et Virimi Vakatawa.

Aux ailes, il y un international, à savoir Teddy Thomas, et un joueur qui a déjà été appelé dans le groupe de l’équipe de France, c’est-à-dire le jeune Donovan Taofifenua. A l’arrière, c’est la star australienne Kurtley Beale qui fait le bonheur des Ciel et Blanc. Enfin, le maestro se nomme Finn Russell, international écossais et joueur des Lions Britanniques et Irlandais. Devant, c’est un mélange de jeunesse et d’expérience. Des joueurs comme Antonie Classeen, Bernard le Roux ou Eddy Ben Arous sont là pour encadrer les Teddy Baubigny, Hassane Kolingar ou autres Ibrahim Diallo.

Une dynamique très positive

Si le Racing 92 a une belle série de victoires, celle du Stade Français est encore plus impressionnante. À la fin du mois de mars, les Parisiens étaient dos au mur après une défaite face à Clermont (27-34). Il leur fallait remporter leurs six derniers matchs, ce qui ressemblait à un pari fou. Mais ils y sont parvenus et se trouvent dans une dynamique très positive. Avant ce barrage, les Parisiens savent à quoi s’attendre, comme on peut le voir avec la déclaration de l’entraîneur Gonzalo Quesada après le match contre Bayonne. « Il faudra relever le curseur de notre jeu de 25 ou 30 niveaux pour arriver à celui du Racing. »

Contrairement au Racing, le Stade Français qui a fini 6ème, possède le désavantage de se déplacer, même si c’est chez le voisin. Ensuite, si le Racing a de beaux arguments sur le papier, le Stade Français n’est pas en reste non plus. En effet, le club parisien peut compter sur un pack solide. Le capitaine et pilier gauche Paul Alo-Emile est un très gros client en mêlée fermée. La troisième ligne, où figurent notamment Pablo Matera et Sekou Macalou est très mobile en défense comme en attaque.

Derrière, Joris Segonds fait une grosse saison et il peut compter sur une paire de centres explosive composée du Fidjien Waisea Nayacelavu et de Jonathan Danty. Ce dernier est d’ailleurs incertain, tout comme Yoann Maestri et Antoine Burban. Gonzalo Quesada va d’ailleurs avoir quelques maux de tête, puisqu’il doit mettre au moins 16 joueurs issus de la formation française (JIFF) pour que le Stade Français ne soit pas pénalisé. Avec les nombreuses blessures, cela risque de compliquer la tâche. Néanmoins, le Stade Français avance confiant avant ce barrage. Il sera reçu par un Racing, lui aussi en grande confiance. Vendredi soir, ce « derby couperet » risque de faire des étincelles.

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Journaliste/Rédacteur depuis octobre 2020 - Bolt qui foudroie le record du monde du 100 mètres, les derniers essais de Dominici, les premières charges dévastatrices de Bastarocket... de beaux souvenirs pour une grande passion, celle du sport. L’histoire du sport aussi. Comprendre le rôle qu’il a eu, celui qu’il a et celui qu’il aura dans notre société. Le sport au passé, au présent, au futur. Le sport tous les jours, matin, midi et soir. A défaut d’être un grand sportif, je suis et je raconte l’actualité et l’histoire des championnes et des champions qui savent se dépasser pour accomplir des merveilles.

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