Tour de France 2024 : Ti amo entre la Grande Boucle et l’Italie
TOUR DE FRANCE 2024 – Pour la première fois de son histoire, le Tour s’élance d’Italie. Mais entre la Grande Boucle et l’Italie, c’est l’histoire d’amour.
Les Italiens à la conquête très tôt du Tour de France
Est-ce un symbole ? Mais 100 ans après la victoire d’Ottavio Bottechia, premier Italien à avoir remporté la Grande Boucle, le Tour de France va s’élancer pour la première fois d’Italie. Florence sera la terre d’accueil du Grand Départ 2024. La France et ASO s’offrent à l’Italie. Alors que les Italiens se sont lancés très tôt dans le 20e siècle sur la plus grande épreuve du monde. Bottechia, disparu dans d’étranges circonstances, à l’âge de 33 ans, a lancé très tôt, 21 ans après la création de l’épreuve, la grande conquête du Tour de France, par le cyclisme italiens. D’autres légendes vont rapidement suivre. Même si des coureurs comme Giuseppe Pancera, Learco Guerre, entre autres, se casseront les dents, dans les années 20 et début des années 30, sur la 2e marche du podium.
Avant la seconde guerre mondiale, le jeune Gino Bartali, 24 ans, s’adjuge son premier Tour de France. Reléguant son dauphin à 18:27. Le dernier Tour avant la guerre. Que se serait-il passé, si cette guerre n’était pas venue interrompre le cours de l’histoire. D’autant que, dix ans plus tard, il gagnera son second Tour. Encore aujourd’hui, c’est le gap le plus grand entre une première et une dernière victoire sur le Tour. Deux victoires, car dès l’année suivante, Fausto Coppi est venu contrarier les plans de son aîné et compatriote. Les archives rappelleront l’épopée des deux Italiens, ensembles, entre Cannes et Briançon. Gino remportera l’étape le jour de ses 35 ans, mais le lendemain, il crève et Fausto Coppi, avec l’accord de son directeur sportif, ne l’attendra pas, pour aller chercher sa victoire. Il récidivera en 1952. D’autres suivront, comme Gastone Nencini (1960), Felice Gimondi (1965), Marco Pantani (1998) et Vincenzo Nibali (2014).
Première en 1948
Gino Bartali a remporté second Tour de France en 1948. Cela tombe bien, l’année 1948 est aussi marquée par la première incursion du Tour de France en Italie. Et c’est à un lieu mythique du cyclisme, Sanremo, que la Grande Boucle a accordé la primeur. Quatorze villes étapes se sont succédées pour seize départs et quinze arrivées. La dernière étant Pinerolo, ville arrivée de la 17e étape et départ de la 18e étape du légendaire Tour de France 2011. Thomas Voeckler s’en souvient encore (lire plus bas)
Des pages du Tour de France qui se sont écrites en Italie
Surtout, l’Italie a parfois su bouleverser la Grande Boucle. Et un lieu en particulier a souvent forgé la légende du Tour de France : Sestrières. Haut lieu de légende quand, Claudio Chiappucci attaque de loin au départ de Saint-Gervais, pour tenter de renverser Miguel Indurain, solide leader du Tour 1992. Il franchira tous les cols en tête, fera même trembler l’Espagnol, en étant maillot jaune virtuel. Avant de lui résister dans la dernière montée, littéralement porté par les tifosis. S’il ne remporte pas la Grande Boucle et qu’il ne la remportera jamais, l’Italien est, avec l’ensemble de cette étape, rentré dans la légende.
Le 18 juillet 1992 Claudio Chiappucci signe un des plus grands exploits de sa carrière en remportant la 13ème étape entre Saint-Gervais et Sestrières après une échappée en solo de plus de 125 km, passant tous les cols en tête.
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— Miroir du Cyclisme (@Miroir2Cyclisme) November 22, 2020
Sestrières a été aussi le cœur de la prise ou de la confirmation du pouvoir de deux coureurs très controversés. En 1996, dans une étape raccourcie à cause du mauvais temps, sans l’Iseran et le Galibier, c’est Bjarne Riis qui prend le pouvoir et ne lâchera plus le maillot jaune. Avant d’avouer, des années plus tard, l’utilisation d’EPO. Sa victoire lui fut retirée, puis restituée. Alors que les sept succès de Lance Armstrong sont bien mis aux oubliettes. C’est en Italie qu’il frappa d’un coup de poing sur ta table. Après sa victoire sur le chrono de l’étape précédente, l’Américain s’est montré impitoyable en montagne, pour conforter son maillot jaune. Il ne lâchera jamais l’étreinte jusqu’à sa première retraite en 2005. Mais avouera lui aussi s’être dopé tout au long de ses années professionnelles.
Dans la moindre mesure, on se souvient de l’étape vers Pinerolo, sur le Tour de France 2011, marquée par la sortie de route spectaculaire du maillot jaune Thomas Voeckler. Miraculeusement sans conséquences, si ce n’est l’image insolite du maillot jaune dans une cour privée. Il perdra 30 secondes sur les autres favoris, avant de perdre le maillot deux jours plus tard. On se souvient de l’arrivée à Prato Nevoso en 2008, où Cadel Evans perdra le maillot jaune au profit de Frank Schleck. Mais aucun des deux ne sera le vainqueur final de ce Tour 2008, lui aussi marqué par l’EPO. Carlos Sastre dominera tout le monde, après son coup de force à l’Alpe d’Huez.


