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Tour de France 2025 : Martinez, Alaphilippe, Vauquelin, Jeannière, les Français à suivre

Emilien Descampiaux

Publié le

Tour de France 2025 Martinez, Alaphilippe, Vauquelin, Jeannière, les Français à suivre
Photo Icon Sport

En 2025, on fêtera les 40 ans du dernier succès français au classement général sur le Tour de France. Cette année, malheureusement, Bernard Hinault n’aura pas de successeur. Néanmoins, le clan tricolore aura la motivation de briller devant son public sur des terrains variés. Tour d’horizon.

Les grimpeurs : Martin-Guyonnet et Lenny Martinez en leaders

Quand on pense classement général, on pense immédiatement à Guillaume Martin-Guyonnet. Le Normand de la Groupama-FDJ a fini dixième du dernier Dauphiné et a déjà fini à deux reprises dans le Top 10 dans le classement général final de la Grande Boucle. Son objectif sera de faire aussi bien via sa régularité en montagne et sa capacité à aller dans le bon coup pour reprendre du temps. Bien sûr, il est clairement en dessous dans la hiérarchie par rapport à Pogačar, Vingegaard, Almeida, Roglic, et autres Rodriguez, Lipowitz, les frères Yates et Evenepoel. Mais, les incidents de course pourraient lui montrer favorables à cause des chutes, des maladies ou d’un « jour sans » pour viser une place entre 7e et 8e. Difficile de voir plus haut.

Ensuite, Lenny Martinez ne viendra pas, pour sa deuxième participation, avec des ambitions pour le général (normalement). Le grimpeur de poche de la Bahrain Victorious visera surtout un succès d’étape et peut-être le maillot à pois. L’ancien protégé de Marc Madiot a déjà fait le plein de confiance cette année avec des succès d’étape sur le Tour de Romandie, sur Paris-Nice et sur le Dauphiné. Son punch pourrait faire la différence sur certaines arrivées, comme lors de sa victoire sur la « Course au Soleil », mais Martinez devrait briller principalement dans les étapes de montagne. Pour le général, il devrait aider son leader Santiago Buitrago en montagne et on verra dans les années à venir d’un point de vue personnel. Son gros bémol pour le moment reste sa capacité à rester concentré dans cet objectif dans les étapes pièges.

La question mérite de se poser pour Kévin Vauquelin. Solide rouleur et très bon puncheur – deuxième des deux dernières éditions de La Flèche Wallonne, Vauquelin a pris de la caisse en montagne, comme l’atteste sa brillante deuxième place sur le classement général sur le dernier Tour de Suisse. Certes, il a été dominé par Almeida, mais le Normand n’a pas été ridicule quand la route s’est élevée. La première semaine lui correspondra à merveille et le chrono de Caen pourrait lui donner des ambitions à plus long terme. Sa limite sera la haute-montagne qui arrivera bien plus tard. Pour le bien de son équipe, à la recherche de sponsors, une victoire d’étape ferait du bien, mais un maillot jaune sur plusieurs jours serait un autre moyen de « montrer le maillot ». Chez Arkéa-B&B Hotels, Ewen Costiou peut également être une curiosité sur les étapes de moyenne montagne.

Puis, certains coureurs devraient malheureusement jouer les lieutenants en montagne comme Clément Berthet et Aurélien Paret-Peintre pour Felix Gall chez Decathlon AG2R La Mondiale, ainsi que Valentin Paret-Peintre pour Remco Evenepoel du côté de la Soudal Quick-Step. Certes, ces coureurs pourraient se retrouver dans des échappées en montagne, mais sans doute pour servir d’appui ou de relais pour leur leader.

Les puncheurs : Julian Alaphilippe et Romain Grégoire en détonateurs

La première semaine sera un terrain idéal pour ce type de profil avec des arrivées et des finals variés en termes de difficultés. La concurrence sur ce type de terrain sera ardue avec Tadej Pogačar, Remco Evenepoel, Mattias Skjelmose, Thibau Nys et Mathieu van der Poel. Le public français a des raisons d’espérer voir un français s’imposer à Vire, à Boulogne-sur-Mer ou encore à Mûr-de-Bretagne, afin d’imiter Alexis Vuillermoz.

Le premier nom à venir dans ce profil est bien sûr Julian Alaphilippe. Le double champion du monde a rassuré ses fans après un printemps mitigé, montrant de belles choses sur le dernier Tour de Suisse, dans les ascensions typées pour son effort. Cinquième du général, il a clairement souffert sur le chrono final, mais l’objectif est ailleurs : il a enfin pu matcher avec le « presque » gratin du cyclisme mondial. Le seul bémol sera de partager le leadership avec le « fantomatique » Marc Hirschi. De plus, Alaphilippe pourrait aussi jouer sa carte sur les massifs intermédiaires, dans les échappées, pour conclure, soit en solitaire, soit en faisant parler sa pointe de vitesse.





Ensuite, Romain Grégoire s’est, lui aussi, illustré sur les terres helvétiques en remportant la première étape. Même si on aurait pu attendre mieux en termes de classement général au regard du profil des étapes du Tour de Suisse, Grégoire a enfin conclu en World Tour, plus d’un an après sa victoire d’étape au Tour du Pays Basque. Deuxième du dernier championnat de France, Grégoire aura encaissé sa déception pour enfin tenter de lever les bras sur la Grande Boucle. Il aura sans doute les mêmes plans que Julian Alaphilippe, c’est-à-dire les arrivées difficiles de la première semaine et les reliefs intermédiaires, par la suite. Dans son équipe, Valentin Madouas aura aussi sa carte à jouer. Mais, ses problèmes de placement devraient le contraindre à tenter sa chance en échappée en jouant sur son endurance. Le Breton peut à la fois surprendre ou passer complétement à côté.

Barré, Tronchon, Champoussin et Laurance : les autres cartes punchy

Louis Barré est une des grosses satisfactions de la saison chez Intermarché-Wanty. Il a terminé sixième de l’Amstel Gold Race et a été offensif et solide sur le dernier Dauphiné sur les étapes accidentées. Son équipe sera principalement articulée autour de son sprinteur Biniam Girmay et, donc, sera libre de ses mouvements sur les étapes vallonnées. Il reste plus qu’à canaliser son énergie pour viser de belles places sur les étapes « punchy » voire mieux.

Bastien Tronchon a de belles dispositions dans les bosses. L’absence de sprinteurs et de puncheurs attitrés du côté de Decathlon AG2R La Mondiale pourrait lui permettre d’avoir le champ libre sur les étapes accidentées. Pour rappel, le natif de Chambéry est entré dans deux tops 10 sur les sprints du Dauphiné, a remporté le Tro Bro Leon et a fini deuxième du Tour du Finistère, ainsi que cinquième du classement général du Tour Down Under, à 23 ans.

Enfin, un autre coureur semble passer sous les radars alors qu’il réalise une saison plus que solide avec des tops 10 sur les classements généraux sur des courses par étapes World Tour : Clément Champoussin. L’ancien membre de l’équipe Decathlon AG2R La Mondiale a trouvé la régularité dans les performances au sein d’une équipe kazakhstanaise en pleine bourre en 2025. Champoussin devrait également faire parler son punch en première semaine, mais sa capacité à grimper les cols pourrait aussi lui permettre de briller sur certaines étapes montagneuses dans le cas où Pogi en laisse un peu pour les autres. Enfin, Axel Laurance (INEOS Grenadiers), hyperactif sur les routes du championnat de France aux Herbiers, sera, lui aussi, à suivre sur les arrivées difficiles.

Les sprinteurs : De faibles chances de briller

Clairement, ce n’est pas là où la France brille le plus ses dernières années. En l’absence de Paul Magnier, les sprinteurs français devraient jouer les placettes sur les sprints. Arnaud Démare (Arkéa B&B Hotels) n’a clairement pas retrouvé la puissance qui lui a permis de décrocher deux succès d’étape. Bryan Coquard (Cofidis) n’a pas la vélocité pour concurrencer les Milan, Philipsen, Meeus et Merlier. Le Coq pourrait néanmoins jouer sa carte aussi sur des étapes peu un plus casse-pattes comme à Boulogne-sur-Mer. Solide sur la Copenhagen Sprint et sur la Brussels Classic, Alexis Renard aura un rôle de poisson-pilote pour Coquard alors qu’il pourrait avoir un meilleur statut dans la plaine. Ce rôle sera aussi destiné à Hugo Page chez Intermarché-Wanty pour Biniam Girmay.

Finalement, la grosse cote pourrait venir d’Émilien Jeannière. Le sprinteur de la TotalEnergies a accumulé les places d’honneur cette année, à la fois sur les sprints massifs, mais aussi sur des arrivées plus difficiles. Certes, les étapes de Vire et de Mûr-de-Bretagne semblent trop dur pour lui. Mais, il a clairement l’opportunité de se distinguer tout au long de la première semaine.

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