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Tour de France : Alaphilippe, Bardet, Barguil, le bilan des Français

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Avec trois victoires d’étapes, deux maillots distinctifs et un coureur dans le top 10 du général, le bilan des Français sur ce Tour 2018 reste globalement positif, même si certains ont plutôt déçu.

👍 Au top

C’est LE grand bonhomme côté français. Pour son deuxième Tour de France, Julian Alaphilippe a éclaboussé de son talent une course parfois bien monotone. S’il n’a pas forcément été brillant sur des arrivées pour puncheurs à Quimper et à Mûr-de-Bretagne, c’est en haute montagne que le natif de Saint-Amand-Montrond a fait lever les foules. Vainqueur au Grand-Bornand dans les Alpes et à Bagnères-de-Luchon dans les Pyrénées, il termine également meilleur grimpeur, avec un maillot à pois qui lui va si bien. Une tunique qu’il n’a pas quittée depuis son premier succès, lors de la 10ème étape. Une statistique donne encore plus de relief à sa performance XXL : il est le premier coureur à passer en tête de quatre cols hors catégorie sur une même Grande Boucle, avec le plateau des Glières, la Montée de Bisanne, ainsi que les cols de la Madeleine et du Tourmalet. En bref, Alaphilippe, c’est fou !

Autre Français au top, Pierre Latour, bras droit de Romain Bardet dès que le pente s’est élevée. Infatigable guerrier durant ces trois semaines, il n’était pas loin de l’emporter à Mûr-de-Bretagne, en terminant deuxième derrière Dan Martin. Sa régularité en montagne, en étant très souvent à l’avant, lui a permis de décrocher le maillot blanc de meilleur jeune devant un autre Tricolore, Guillaume Martin. S’il pouvait craindre un retour du Colombien de la Sky, Egan Bernal, il a tenu bon jusqu’au bout, tout en étant un élément ô combien important pour Romain Bardet. Sa débauche d’énergie dans le Col de Val-Louron Azet lors de la 17ème étape en atteste. A 24 ans, le Drômois a tout pour devenir un leader sur un Grand Tour.

Pierre Latour dans le col de Val-Louron Azet – Nicolas Sabathier


🤔 On attendait mieux

Ce serait mentir que de dire que Romain Bardet a réussi son Tour de France. Sixième du classement général final après deux podiums en 2016 et 2017, le coureur de Brioude n’a jamais été en mesure de rivaliser avec les Sky et Tom Dumoulin, hormis dans l’Alpe d’Huez où il a montré le visage qu’on lui connaît bien. Mais avec plus d’une minute perdue sur le contre-la-montre par équipes, 30 secondes à Mûr-de-Bretagne sur incident mécanique et quelques secondes lâchées sur l’étape des pavés durant laquelle il aura crevé trois fois, le leader d’AG2R La Mondiale partait de trop loin pour venir inquiéter les cadors en montagne, sans oublier les abandons d’Axel Domont, Tony Gallopin et Alexis Vuillermoz, qui ont clairement fait défaut à la formation savoyarde.

Lâché dans le col du Portet, Romain Bardet a néanmoins réagi sur la dernière étape pyrénéenne vers Laruns, en attaquant de loin. En vain. S’il veut continuer à rêver d’une victoire finale sur la Grande Boucle, l’Auvergnat devra se poser les bonnes questions car pour rivaliser avec les Sky, il lui faudra bien plus que son talent et son tempérament offensif pour revêtir le maillot jaune sur les Champs-Élysées.

On attendait mieux d’Arnaud Démare également, et c’est aussi le bilan que doit faire le coureur picard. En difficulté lors des sprints massifs avec tous les cadors, le double champion de France visait la victoire dès la première semaine. Si son train a eu du mal à se mettre en place dans un premier temps, le Beauvaisien n’avait pas réussi à garder les roues de ses coéquipiers lors de l’arrivée à Amiens. Héroïque dans les Pyrénées pour rentrer dans les délais alors que la grande majorité des sprinteurs avait mis pied à terre dans les Alpes, il a été récompensé à Pau en dominant Christophe Laporte et Alexander Kristoff. Un joli moyen de répondre à André Greipel, qui doutait des données GPS du Français la veille dans le col du Portet. Une victoire qui aura eu le mérite d’atténuer la frustration d’une première semaine décevante.

Malgré Christophe Laporte, Arnaud Démare a sauvé son Tour à Pau – AFP


👎 Les flops

On ne peut pas en vouloir à Warren Barguil de ne pas avoir fait aussi bien qu’en 2017, où il avait illuminé le Tour de France de son panache. La mission était très compliquée, mais il faut être honnête, le Breton a déçu cette année. A la lutte avec Julian Alaphilippe dans les Alpes pour le maillot à pois. Wawa a ensuite déchanté dans les Pyrénées, où il est apparu beaucoup trop juste physiquement. Parfois à contre-temps, il a dépensé beaucoup d’énergie pour prendre les bonnes échappées, et a souvent bossé plus que les autres dans les ascensions. Résultat, aucune victoire d’étape dans l’escarcelle, et une 17ème place au classement général comme seul lot de consolation. Si ses coéquipiers n’ont pas ménagé leurs efforts, le retour du grimpeur tricolore en France au sein de la formation bretonne n’est pas un franc succès pour le moment.

Enfin, déception du côté des formations françaises. Elles étaient cinq au départ (AG2R La Mondiale, Groupama-FDJ, Cofidis, Fortuneo-Samsic et Direct Energie). Si les Terre et Ciel d’AG2R repartent avec le maillot blanc de Pierre Latour et le top 10 de Romain Bardet, la formation de Marc Madiot peut avoir le sourire avec la victoire d’Arnaud Démare à Pau. C’est d’ailleurs le seul succès d’un coureur issu d’une équipe tricolore. Pour le reste, c’est assez triste. Les Direct Energie ont souvent été aux avant-postes, la plupart du temps avec plusieurs coureurs en tête. Une stratégie qui n’a pas porté ses fruits et parfois difficilement compréhensible. On se souviendra de Lilian Calmejane qui fausse compagnie au groupe de tête à plus de 100km de l’arrivée, lors de la 15ème étape vers Carcassonne.

Lilian Calmejane pas en réussite cette année – AFP

Cofidis a bien failli faire mouche avec Christophe Laporte, mais la formation nordiste doit de nouveau se contenter d’accessits et n’a plus gagné sur les routes du Tour de France depuis 2008, avec un certain Sylvain Chavanel. Enfin, concernant Fortuneo-Samsic, pas de miracle malgré des coureurs qui ont mis du cœur à l’ouvrage du début jusqu’à la fin.

Flo Ostermann


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