Tour de France : Alaphilippe, Gilbert, lacrymo, ce qu’il faut retenir de la 16ème étape
Victoire de Julian Alaphilippe devant Gorka Izaguirre et Adam Yates. Voici ce qu’il faut retenir de cette seizième étape.
Alaphilippe, c’est fou : Et de deux pour Alaphilippe ! Parti dans le groupe des 47 coureurs à l’avant, il a couru à la perfection jusqu’à la victoire à Bagnères-de-Luchon. Intelligent, plein de panache, il a été lucide lorsqu’Adam Yates a attaqué dans le Portillon, en lâchant Mollema, Soler et Gesink, excusez du peu. Dans la descente, Adam Yates est sous pression et chute à 7 km de l’arrivée, profitant à Julian Alaphilippe, l’un des meilleurs descendeurs du monde. Après son succès au Grand-Bornand, le natif de Saint-Amand-Montrond marque de son empreinte son deuxième Tour de France.
Cerise sur le gâteau, le vainqueur de la Flèche Wallonne cette saison consolide son maillot à pois. En marquant 30 nouveaux points, il porte son total à 122 points, soit 49 unités de plus que Warren Barguil, en difficulté aujourd’hui.
La frayeur Gilbert : On n’a eu très peur pour Philippe Gilbert. Le champion du monde 2012 s’est extirpé du groupe de tête dans l’ascension du col de Portet-d’Aspet. C’est dans la descente de ce même col, tristement célèbre depuis la chute mortelle de Fabio Casartelli en 1995, que le Belge est arrivé trop vite dans un virage, à 58 km de l’arrivée. Résultat, le quadruple vainqueur de l’Amstel Gold Race a bloqué les freins, mais n’a pu éviter la chute en contre-bas, en passant par dessus le parapet. Quelques secondes d’attente, et le coureur de la Quick-Step remontait finalement indemne de cette incroyable embardée. D’un signe du pouce, il rassurait finalement tout son monde avant de reprendre la route. Ces coureurs sont décidément à part.
Après les fumigènes, la lacrymo : On ne s’attendait pas vraiment à cela. A 190 km de l’arrivée, le peloton a vu floue. Alors que certains coureurs tentent de partir à l’avant de la course, la route est bloquée par des ballots de paille en marge d’une manifestation d’agriculteurs. Les forces de l’ordre sont alors sur place pour débloquer la situation et des gaz lacrymogènes sont utilisés. Résultat, la moitié du peloton s’arrête, n’y voyant plus rien avec des difficultés respiratoires. La course sera neutralisée une quinzaine de minutes avant qu’elle ne reprenne. Après une montée de l’Alpe d’Huez marquée par certains agissements de spectateurs, les fumigènes et l’ambiance autour de l’équipe Sky, ce Tour n’est vraiment pas comme les autres.
Les favoris en mode avion : Hormis une escarmouche de Jakob Fuglsang et Ilnur Zakarin dans le col du Portillon, les leaders sont restés au chaud aujourd’hui. Fuglsang et Zakarin, menacés par Latour présent à l’avant de la course, n’ont pas réussi à surprendre les Sky, qui ont géré les débats. Demain, une étape de 65 km, avec trois ascensions. Feu d’artifice ou feu de… paille ?

