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Cyclisme sur route

Tour des Flandres 2022 : Parcours et profil

Emilien Descampiaux

Publié le

Photo Icon Sport

CYCLISME SUR ROUTE 2022 – Ce dimanche 3 avril 2022, les coureurs auront rendez-vous avec le deuxième Monument de la saison, le Tour des Flandres. Le 106ème Ronde van Vlaanderen empruntera un itinéraire presque semblable aux deux dernières éditions. Bien sûr, les coureurs graviront les célèbres monts du Paterberg, Oude-Kwaremont, Koppenberg et Taaienberg. L’Achterberg fera son retour sur le tracé pour combler les absences du Katteberg et de l’Eikenberg.

L’histoire du Tour des Flandres

Le Tour des Flandres a été créé en 1913 à partir d’une idée de Leon van den Haute, co-fondateur du journal sportif SportWereld, aujourd’hui faisant partie du Het Nieuwsblad. Le cyclisme flamand était alors en crise et le Ronde a apporté un nouveau souffle. La première édition a été longue de 330 kilomètres autour de Gand avec la victoire du coureur belge de 25 ans Paul Deman, sur un vélodrome en bois entouré d’un étang à Mariakerke. Pendant la Première Guerre mondiale, la future classique a connu quelques interruptions; mais elle a bénéficié d’une hausse de sa popularité avec une foule immense lors du départ à Gand. Dans les années 30, la course a attiré encore plus de monde tout au long du parcours (plus de 500 000 spectateurs), provoquant des problèmes de sécurité.

Au fur et à mesure des années, l’événement a attiré de plus en plus de coureurs étrangers, notamment avec la premier succès d’un non-Belge en 1923 de Heiri Suter. Durant la seconde guerre mondiale, le Tour des Flandres, en accord avec le commandement allemand, a continué à se dérouler. En 1947, avec la création du le Challenge Desgrange-Colombo, une sorte de Coupe du monde avant l’heure, le Tour des Flandres est devenu une classique internationale.

L’affluence de spectateurs n’a jamais diminué malgré l’arrivée déplacée à Gentbrugge, avec notamment l’avènement de grands champions belges tel que Rik van Looy et Eddy Merckx. Néanmoins, dans les années 1970, le Tour des Flandres est à la recherche d’une nouvelle identité avec des routes et des monts traditionnels asphaltés. Alors, l’organisation a décidé d’augmenter le nombre de monts et a trouvé des nouvelles routes de campagne dans les Ardennes flamandes, afin de garder son ADN. Avec l’arrivée à Meerbeke, le Mur de Grammont et le controversé Koppenberg se sont inscrits dans la légende. Malheureusement, certaines controverses sont venues entâcher la course comme l’affaire Roger De Vlaeminck. Ce dernier aurait a offert 300 000 francs à Freddy Maertens pour l’emmener à la victoire alors que Maertens allait être disqualifié pour dopage.

Ensuite, les années 80 ont été marquées par la bataille entre les Néerlandais et les Belges. L’édition 1985 entra dans l’Histoire du cyclisme avec le succès d’Eric Vanderaerden. Le coureur belge de 23 ans avait cassé sa roue avant le Koppenberg avant de revenir sur les leaders : Hennie Kuiper, Greg LeMond et son coéquipier Phil Anderson. Vanderaerden a attaqué dans le Mur de Grammont et s’est imposé en solitaire 20 kilomètres plus loin sous une violente tempête. 24 coureurs ont fini cette édition. En 1987, Claude Criquielion est devenu le premier vainqueur belge francophone sur une édition marquée par les malheurs de Jasper Skibby, heurté par la voiture d’un commissaire.

Ensuite, dans les années 90, Johan Museeuw a marqué cette décennie. Le Lion des Flandres a battu au sprint Frans Maassen en 1993 avant d’être battu pour 7 mm lors de l’édition suivante par Gianni Bugno. Museeuw remporta deux autres édition en 1995 et en 1998. Malheureusement pour les Belges, les Italiens sont devenus leurs principaux rivaux.





La Tour des Flandres a continué d’écrire sa légende après le passage au 21e siècle avec les sacres notamment de Fabian Cancellara et de Tom Boonen. En 2011, le Tour des Flandres est repris par Flanders Classics.

Les Français se sont imposés seulement à trois reprises sur le Ronde van Vlaanderen avec : Louison Bobet (1955), Jean Forestier (1956) et Jacky Durand (1992) au terme d’une incroyable échappée. Du côté de Bernard Hinault, il a montré un désamour pour cette course : « Ce n’est plus du cyclisme, mais du cirque, une barbarie ! … Aussi longtemps que le Koppenberg figurera au parcours du Ronde, vous ne me verrez pas prendre le départ de cette épreuve. »

Le parcours du Tour des Flandres

D’abord, les coureurs partiront d’Anvers depuis la Grote Markt. À partir de cette année, il y aura une alternance sur une période de six ans entre Anvers (en 2022, 24 et 26) et Bruges (en 2023, 25 et 27) pour organiser le départ du Ronde.

Ensuite, ce sera une longue partie plate d’environ cent kilomètres en traversant des villes telles que Kruibeke, Sint-Niklaas, Hamme, Dendermonde et Zottegem. La bataille pour former l’échappée matinale se déroulera lors de ces premiers kilomètres sur des routes larges. Les premiers tronçons pavés arriveront après plus de quatre-vingt kilomètres avec la Lippenhovestraat (1300 m) et le Paddestraat (1500 m). Au lieu du Katteberg, le peloton ira directement vers le Vieux-Kwaremont. Cette longue colline à travers les champs retrouvera la foule et l’odeur de bière.

En l’espace de 15 kilomètres, les coureurs auront à gravir via des routes de campagne étroits et sinueuses : le Kortekeer (1000 m à 6,4 %), l’Achterberg (1500 m à 4,4 %) et le Wolvenberg (645 m à 7,9 %) et devront rouler rouler sur les pavés du Holleweg (1500 m), du Karel Martelstraat (2400 m) et du Jagerij (800 m). Des prétendants seront sans doute victime de crevaisons et auront besoin du soutien de leurs équipiers pour ne pas gaspiller d’énergie. Bien sûr, ces secteurs seront moins terribles que les pavés de l’Enfer du Nord, mais attention en cas de chute.

Puis, les difficultés vont continuer à s’accumuler avec le Molenberg (460 m à 7 %), le Marlboroughstraat (2000 m à 3 % à Brakel, le village du double vainqueur du Ronde, Peter Van Petegem), le Berendries (940 m à 7 %) et le Valkenberg (540 m à 8,1 %). Au sommet du Valkenberg, il reste encore 88 kilomètres pour rejoindre l’arrivée. Cette partie permettra de faire une sélection au sein du peloton et dans l’échappée matinale avant le final.

Après le second ravitaillement, il va falloir se coltiner le Berg Ten Houte (1100 m à 6%) et le Kanarieberg (1000 m à 7,7 %). Cette portion de course sera moins difficile sur une trentaine de kilomètres. Le calme avant la tempête ! Les choses sérieuses vont en effet débuter par la suite avec une deuxième fois l’Oude-Kwaremont, le terrible Paterberg (360 m à 12,9 % avec son angle droit au pied) et le pentu Koppenberg (600 m à 11,6 % avec une pente maximale de 22%). Au sein de ces dernières montées, des bouchons pourront avoir lieu au sein d’un peloton fatigué. Le placement sera primordial pour les favoris. De plus, les routes sinueuses entre ces monts provoqueront une grande nervosité au sein du peloton.

Par la suite, le secteur pavé du Mariaborrestraat (2400 mètres), le Steenbeekdries (700 m à 5,3 %) et le Taaienberg (530 m à 6,6 % avec un passage à 18 % puis un faux-plat) se présenteront sous les roues des coureurs avec beaucoup de possibilités de mouvement. Le Taaienberg est lié à Tom Boonen puisque l’ancien champion du monde aimait y poser les premières fondations d’un futur succès. En 2020, Julian Alaphilippe avait porté la première offensive sérieuse d’un favori.

Après avoir traversé Renaix, ce sera le Kruisberg (2500 m à 5 %), autrefois totalement pavé, ce mont est en partie asphalté depuis 1963. Une dizaine de kilomètres plus tard avec une section descendante et plate, ce sera le dernier passage sur l’Oude Kwaremont et le Paterberg, un mont très dur en ligne droite au milieu des champs. Sur le Paterberg, Cancellara distança Sagan en 2013 et Sagan déposa Vanmarcke en 2016 pour inscrire leur nom au Ronde. Cette double ascension sera importante pour faire la différence entre les favoris. Au sommet, il restera moins de 14 kilomètres à parcourir jusqu’à Audenarde. Il ne faut pas sous-estimer le Vieux-Kwaremont puisque Bettiol s’y échappa en 2019 et Wout Van Aert perdit le contact avec Asgreen et van der Poel l’an dernier.

Enfin, l’arrivée sera jugée sur la Minderbroedersstraat entre 16h et 16h50 après des derniers kilomètres sur des routes larges, sans abri naturel, avec un faux plat montant après la flamme rouge. Audenarde accueillera l’arrivée du Tour des Flandres jusqu’en 2028. Cette ville déboursera 400.000 euros par an pour les deux prochaines années, puis 450.000 euros à partir de 2024.

Depuis 2004, une course féminine, le Tour des Flandres féminin, est organisée chaque année le même jour que les hommes, mais sur une distance plus courte, avec le même final.

La carte du parcours du Tour des Flandres 2022

La carte du parcours du Tour des Flandres 2022 – Via Flanders Classics

Le profil du Tour des Flandres 2022

Le profil du Tour des Flandres 2022

Le profil du Tour des Flandres 2022 – Via PCS


Palmarès

2021 : Kasper Asgreen

2020 : Mathieu van der Poel

2019 : Alberto Bettiol

2018 : Niki Terpstra

2017 : Philippe Gilbert

2016 : Peter Sagan

2015 : Alexander Kristoff

2014 : Fabian Cancellara

2013 : Fabian Cancellara

2012 : Tom Boonen

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