Tour d’Italie 2023 : Mads Pedersen s’adjuge la 6ème étape
TOUR D’ITALIE 2023 – Mads Pedersen (Trek-Segafredo) a remporté au sprint la sixième étape autour de Naples (162 km). Il a réglé le peloton. Alessandro De Marchi (Jayco-AlUla) et Simon Clarke (Israel-Premier Tech), échappés depuis le départ, se sont fait reprendre à 200 m de la ligne d’arrivée, au terme d’un final épique.
Bagarre pour prendre l’échappée du jour
Si cette sixième étape du Tour d’Italie 2023 est avant tout dédiée aux sprinteurs, le profil escarpé, en début d’étape, a suscité quelques vocations. Et les candidats pour prendre l’échappée étaient plus nombreux que la veille. On a vu – entre autres – Stefan Küng (Groupama-FDJ) tenter sa chance dès les premiers hectomètres d’une course quelque peu retardée par des incidents, comme les problèmes mécaniques des Italiens Jonathan Milan (Bahrain-Victorious) et Gianni Moscon (Astana-Qazaqstan). Des équipes comme la Jayco-AlUla se montrent intéressées pour prendre la fugue.
Pendant qu’à l’arrière, une chute envoie à terre des coureurs comme Fernando Gaviria (Movistar) et Jonathan Milan, décidément malchanceux, ainsi que Jay Vine (UAE-Team Emirates). Mais après 20 kilomètres de bagarre, le bon coup se dégage enfin. Cinq hommes, Alexandre Delettre (Cofidis), Francesco Gavazzi (Eolo-Kometa), Simon Clarke (Israel-Premier Tech), Charlie Quaterman (Team-Corratec) et Alessandro De Marchi (Jayco-AlUla). Avec un autre Italien, Alessandro Verre (Arkea-Samsic), qui a tenté de rejoindre le groupe, mais qui a dû renoncer, après de nombreux kilomètres en chasse-patate.
Le peloton ne laisse pas filer
Mais le peloton n’abdique pas totalement et certains tentent de relancer l’allure. Finalement, peu avant le sprint intermédiaire, le peloton abdique définitivement et les hommes devant prennent du champ. Plus de 3 minutes. Puis 5 minutes au sommet du Valico Di Chiunzi, la principale difficulté de cette journée. Une difficulté qui fait mal à certains coureurs, malgré un rythme loin d’être effréné. Dont Mark Cavendish (Astana), 4e ce mercredi, mais qui a chuté sur la ligne d’arrivée. Le Britannique est attendu par son équipe, alors que les INEOS Grenadiers embrayent. Et continuent, une fois le sommet franchi. Ce qui n’est pas favorable aux échappés qui perdent du temps. Il n’y a plus que 3:20 à 104 kilomètres de l’arrivée.
Et si Ineos cherchait plutôt à tester Remco dans la descente plutôt que dans la montée ?
Un Remco en perte de confiance à rapport à hier ? Le pousser à la faute de manière vicieuse ? #LesRP #Giro106 https://t.co/4YwqLFRLO0
— La Thib (@ThibaudChmbr) May 11, 2023
Mais Clarke et De Marchi résistent
Dans la seconde difficulté, le Picco Sant’Angelo, l’échappée explose, car le peloton revient fort, à seulement 2:20. Alessandro De Marchi et Simon Clarke se débarrassent de leurs compagnons d’échappée. Mais à deux, alors qu’il reste encore 66 kilomètres de l’arrivée, difficile alors d’imaginer pour eux que cela puisse aller au bout. Les deux hommes font un beau numéro face à un peloton qui a choisi la prudence. À 45 kilomètres de l’arrivée, l’écart est encore de 2:40. Le peloton est surtout emmené par la Trek-Segafredo d’un Mads Pedersen qui tourne autour de la victoire sans, pour le moment, l’obtenir. L’ancien champion du monde sait que l’arrivée peut être pour lui et ne veut pas laisser l’opportunité passer. Mais il faut dire que les deux hommes devant opposent une belle résistance. L’écart ne bouge pas 2:30 à 32 kilomètres de l’arrivée.
Finalement, après la Team DSM, la Bahrain-Victorious cède à son tour et met un homme à rouler. Il y a alors 2:10 de retard à 26 kilomètres de l’arrivée. Idem pour Alpecin-Deceuninck et Movistar. Tout le monde craque et chaque sprinteur veut son sprint, avant une petite période sans os à ronger pour eux. Et l’écart n’est plus que de 1:20 à 16 kilomètres de l’arrivée. Alors que Primoz Roglic (Jumbo-Visma) est victime d’un pépin mécanique à un bien mauvais moment. Quelques kilomètres plus loin, Geraint Thomas est à son tour victime d’un souci.
Cruel pour Clarke et De Marchi
À 10 kilomètres de l’arrivée, l’écart est de 1 minute tout pile. En plein dans le fameux théorème de Robert Chapatte. Mais le duo ne perd absolument pas de temps et continue sa belle résistance. Il y a encore 46 secondes à 6 kilomètres de l’arrivée. Au fil du final, le bras de fer est en train de tourner à l’avantage de ce duo. Qui dispose de 18 secondes sous la flamme rouge. Mais c’est à ce moment-là de la course qu’Alessandro De Marchi, qui se sait moins rapide, décide d’arrêter de rouler. Et le duo temporise. Trop. Le peloton, lancé comme un frelon derrière, avale finalement le duo à 200 m de l’arrivée.
Fernando Gaviria lance son sprint de très loin. Mais Mads Pedersen le déborde. Le champion du monde 2019 résiste à tout le monde, y compris à un Jonathan Milan revenu très fort derrière. Le Danois devient le 104e coureur à remporter une étape sur les trois Grands Tours. Et confirme son excellent début de saison. L’Italien, deuxième, garde le cyclamen. Kaden Groves, qui n’a jamais fait rouler son équipe, n’a pas pu profiter de la fraîcheur de celle-ci. L’Australien n’est que 4e aujourd’hui. C’est Pascal Ackermann (UAE-Team Emirates) qui complète le podium.
🇩🇰 Victoire de Mads Pedersen à Naples sur la 6e étape !
Incroyable final, De Marchi et Clarke se sont trop regardés dans le dernier kilomètre ⚡️#Giro #LesRP pic.twitter.com/6AQCMkX2yX
— Eurosport France (@Eurosport_FR) May 11, 2023


