Tour d’Italie femmes 2025 : Marlen Reusser en favorite sur les routes italiennes ?
TOUR D’ITALIE FEMMES 2025 – Impressionnante depuis deux mois, Marlen Reusser semble avoir la pancarte de favorite sur le dos. Mais la Suissesse devra batailler face à une rude concurrence. Avec le duo de la FDJ-Suez, Juliette Labous et Évita Muzic, qui veut tirer son épingle du jeu.
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L’épouvantail Marlen Reusser
Avec Demi Vollering, c’est sans doute la coureuse la plus impressionnante depuis le début du printemps sur les courses à étapes. Deuxième du Tour d’Espagne et surtout lauréate du Tour de Suisse devant la Néerlandaise (à la pédale), Marlen Reusser (Movistar) s’affirme comme l’épouvantail de ce Tour d’Italie femmes 2025. Elle pourrait d’ailleurs déjà frapper un grand coup dès la première étape, un contre-la-montre de 13,6 km, dans les rues de Bergame. Où elle devrait prendre de l’avance sur toutes les autres concurrentes.

Le parcours de ce Giro, sans aucune étape avec enchaînement de cols, sera également taillé pour la Suissesse, qui pourrait être dans le rôle de défense. Ceci dit, lors du dernier Tour de Suisse, on a vu qu’elle pouvait être offensive, notamment en s’isolant en solitaire, lors de la dernière étape. Le seul point d’interrogation pourrait être son équipe, en cas de maillot de leader à défendre. On a vu, sur les routes suisses, que la Movistar était loin d’être impériale autour de sa leader. Mais elle peut compter sur Liane Lippert, auteure d’une très belle saison.
Elisa Longo Borghini dans la défense de son titre
Tenante du titre, alors qu’elle évoluait sous les couleurs de la Lidl-Trek, Elisa Longo Borghini (Team UAE-ADQ) avait su résister, pour 21 secondes, à Lotte Kopecky, une coureuse dont le profil peut ressembler à celui de Marlen Reusser. Tout juste sacrée championne d’Italie, elle abordera son Tour national avec le maillot tricolore. Néanmoins, l’expérimentée (33 ans) grimpeuse semble un peu moins en verve en 2025.

Malgré un début de saison réussi et une victoire finale sur l’UAE Tour, au mois de février. Considérablement dominée par Marlen Reusser, lors du Tour de Burgos (2ème à 1:51). Ses classiques flandriennes et ardennaises n’ont pas été aussi probantes qu’en 2024, malgré une 3ème place sur la Flèche Wallonne. Il faudra voir combien elle débourse sur le chrono. À Burgos, elle avait été solide, perdant moins d’une seconde au kilomètre. Il faudra sans doute rester dans ces eaux-là.
La FDJ-Suez avec Juliette Labous et Evita Muzic
Deux mois après le tout premier sacre de son histoire sur un Grand Tour et la victoire de Demi Vollering sur les routes du Tour d’Espagne, la FDJ-Suez ne sera pas favorite pour la victoire finale en Italie. Mais présentes deux très belles cartes. Juliette Labous, deuxième en 2023, premier podium d’une Française depuis Pauline Ferrand-Prévot en 2014, et Évita Muzic, 4ème du dernier Tour de France. Cette dernière est un peu plus en difficulté en 2025, après sa grande année 2024. Mais le talent ne s’est pas envolé.

À deux, les Françaises peuvent poser de gros problèmes à toutes les coureuses présentes sur les routes italiennes. Pourquoi pas en tentant de plus loin. Juliette Labous, avec sa capacité d’endurance, est capable de fournir un effort au long cours. Évita Muzic peut avoir le punch pour briller dans les pentes les plus sévères. Avec Léa Curinier, vice-championne de France sur route, et la jeune Célia Géry, le collectif de la FDJ-Suez est prometteur.
L’inconnue Lotte Kopecky
Deuxième l’an passé, Lotte Kopecky (Team SD Works-Protime) ne réalise pas forcément l’année 2025 qu’on attend d’elle, hormis sa victoire sur le Tour des Flandres. Notamment sur les courses à étapes. Seulement 11ème du Tour de Burgos, elle a subi en montagne, pour la seule course à étapes disputée cette année. Celle qui rêve de remporter le Tour de France ne semble pas afficher le même niveau qu’en 2023 et 2024, quand la route s’élève.
À moins d’un mois du début du Tour de France femmes, elle va devoir monter en puissance et se montrer sur les routes italiennes. La présence d’Anna van der Breggen, troisième de la dernière Vuelta et vainqueure d’étape sur les routes espagnoles, peut lui enlever de la pression. Avec un co-leadership qui peut laisser un peu plus de libertés. Surtout, la championne du monde sera sans doute moins observée qu’en 2024. Et aura moins le poids de la course sur ses épaules.
Les autres outsiders
Troisième du dernier Tour de France, Pauliena Rooijakkers (Fenix-Deceuninck) est moins en verve cette année. Mais sur l’étape de Lagunas de Neila, lors du dernier Tour d’Espagne, elle a pris la 4ème place à la pédale. Elle sera épaulée par Yara Kastelijn. Dans le flou total depuis le début de l’année 2025, avec énormément de pépins physiques, Gaia Realini (Lidl-Trek) a repris la compétition lors du Tour du Pays Basque (71ème). Mais n’a pas terminé le Tour de Suisse, et n’avait pas pris le départ du Tour de Burgos. Difficile d’envisager un rôle de favorite pour la jeune Ttalienne.
Même cas de figure pour sa compatriote Marta Cavalli, qui peine à se remettre de son terrible choc au dos, lors du Tour de France 2022. Au sommet, la 2ème du Giro 2022 est forcément une cliente. Même inconnue pour Cecilie Uttrup Ludwig, peu épargnée par la malchance depuis plus d’un an et qui est allée au tapis sur le Tour de Grande-Bretagne, alors qu’elle y jouait les premiers rôles (6ème du général final).


