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Tournoi des 6 Nations

Tournoi des 6 Nations 2021 : qui est le favori ?

Alexandre Jeffroy

Publié le

Tournoi des 6 Nations 2021 - Qui est le favori
Photo AFP

TOURNOI DES 6 NATIONS – Trois mois après l’issue du Tournoi 2020, le Tournoi des 6 Nations 2021 débute ce week-end. Malgré les incertitudes et les rencontres qui se joueront à huis clos, l’attente demeure forte autour de cette nouvelle édition. Plusieurs nations ont leur chance, même si certaines se dégagent forcément plus que les autres. Voyons qui est le favori pour succéder au XV de la Rose.

Le XV de la Rose peut-il se succéder à lui-même ?

En 2020, les vice-champions du monde ont réalisé une année remarquable, sur le plan comptable. En effet, ces derniers restent sur un Tournoi des 6 Nations remporté et un titre en Coupe d’Automne des Nations. Le XV de la Rose totalise un bilan de huit succès en neuf rencontres. Au niveau du jeu produit, les Anglais sont toujours aussi efficaces. Pour Clive Woodward, le sélectionneur champion du monde en 2003, le XV de la Rose part favori. « L’Angleterre est toujours l’équipe la plus solide et la plus cohérente d’Europe », a-t-il dit au Daily Mail.

En effet, les Anglais possèdent un jeu très pragmatique, basé sur l’occupation et la défense. Néanmoins, ce jeu, que l’on pourrait qualifier de « restrictif », est souvent critiqué. Les critiques proviennent aussi des deux rencontres face au XV de France en 2020. Il y a un an, l’Angleterre s’était inclinée à Paris. Il y a trois mois, elle a failli subir une humiliation face à l’équipe bis de la France, dans son jardin de Twickenham. Cependant, l’Angleterre possède un avantage de taille cet hiver : recevoir la France, à Twickenham.

Concernant l’effectif anglais, sa valeur n’est plus à prouver. C’est l’un des plus beaux du monde, avec plusieurs joueurs qui font partie des meilleurs au monde à leur poste. Devant, on pense aux frères Vunipola ou à Maro Itoje. Derrière, il y a l’inévitable Owen Farrell ou encore l’ailier Jonny May. Son réservoir est aussi l’un des tout meilleurs. En effet, certains postes sont doublés, voire triplés. On pense, par exemple, à la troisième ligne. L’absence de Sam Underhill pourra être palliée par Jack Willis ou Ben Earl. Eddie Jones peut même se passer du meilleur joueur européen en 2020, Sam Simmonds. On sera tout de même curieux de voir comment vont revenir les joueurs des Saracens (Farrell, Itoje, Vunipola), qui n’ont quasiment pas joué récemment. En effet, l’équipe londonienne joue en deuxième division anglaise et n’a joué que très peu de matchs dernièrement.


Le XV de France, une excellente dynamique malgré un calendrier compliqué

Après dix ans de marasme, qui aurait pu croire que le XV de France retrouverait d’aussi belles couleurs en l’espace d’une seule saison ? Le nouveau staff, mené par Fabien Galthié, a sorti la France d’une situation chaotique. En effet, l’année 2020 a été exceptionnelle pour les Français. Déjà, il y a eu un tournoi avec quatre victoires, notamment face à l’Angleterre, à l’Irlande ou au Pays de Galles. À l’automne, les Français se sont hissés en finale de Coupe d’Automne. Les Bleus ont bâti leur succès sur une bonne défense, un jeu d’occupation maitrisé et un jeu offensif déroutant pour les adversaires. Néanmoins, contrairement aux Anglais, les Français n’ont pas encore gagné de titres. Les Bleus auront donc une grosse pression, eux qui n’ont plus gagné de tournoi depuis 2010.

Aujourd’hui, la France jouit d’un des meilleurs effectifs du monde. Certains des joueurs sont même considérés comme les meilleurs du monde à leur poste. Au Midi Olympique, Robbie Deans, ancien sélectionneur de l’Australie, parlait en ces termes d’Antoine Dupont, de Grégory Alldritt, de Cyril Baille ou encore de Virimi Vakatawa. De plus, le réservoir français est assez impressionnant. Le meilleur exemple ? Cette énorme performance des jeunes bleus à Twickenham en décembre dernier. On pense aussi aux titres de champions du monde U20, en 2018 et en 2019. Au niveau du calendrier, les Bleus devront aller défier les Irlandais et les Anglais sur leurs terres.






Le XV du Trèfle version 2018 ou 2020 ?

Depuis deux ans, le XV de Trèfle affiche une baisse de niveau. En 2018, l’année avait été faste avec un Grand Chelem et une belle victoire face aux All Blacks. Depuis, les Irlandais semblent moins performants. En Coupe du monde, les coéquipiers de Jonathan Sexton ont été très décevants face aux All Blacks en quarts de finale, sans parler de leur défaite face au Japon en poule. En 2020, les Irlandais affichent un bon bilan avec six victoires en neuf matchs. Ils ont su maîtriser des équipes comme le Pays de Galles ou l’Écosse, mais n’ont pu inquiéter les Français ou les Anglais. Andy Farrell, le sélectionneur du XV du Trèfle, semble néanmoins très optimiste. « On n’est pas loin du tout de la France et de l’Angleterre », a-t-il évoqué lors d’une conférence de presse, la semaine passée.

Au niveau de l’effectif, les Irlandais peinent à remplacer les cadres vieillissants. Difficile de trouver des successeurs à des joueurs comme Jonathan Sexton (35 ans), Rory Best (37 ans, retraité) ou Cian Healy (33 ans). Les Irlandais paraissent aussi moins dominateurs devant. Dans leur jeu extrêmement pragmatique, avoir des avants dominateurs est indispensable. Néanmoins, une chose est sûre, les Irlandais ont le calendrier le plus favorable des équipes engagées. En effet, ils recevront le XV de France et le XV de la Rose à Dublin. L’année dernière, le XV du Trèfle n’a perdu aucune rencontre dans son antre.


XV du Chardon : les étoiles vont-elles enfin s’aligner ?

Depuis plusieurs années, l’Écosse est sur une pente ascendante. Les hommes de Gregor Townsend paraissent de plus en plus solides. Le XV du Chardon a clairement intégré des joueurs de classe mondiale à son effectif. On peut évoquer Finn Russell à l’ouverture, mais aussi Jonny Gray ou Rory Sutherland dans le pack. L’Écosse semble avoir une équipe-type capable de renverser n’importe quelle nation. Le problème ? Le réservoir est le talon d’Achille de l’Écosse. L’accumulation des blessures met souvent fin aux ambitions des Ecossais lors du Tournoi des 6 Nations.

En 2020, après une Coupe du monde catastrophique, les joueurs de Greg Townsend ont su relever la tête. Arrivés quatrièmes du tournoi, les Ecossais ont battu la France à Murrayfield et ont longtemps accroché le XV de la Rose. Mais la plus belle performance fut cette victoire au Pays de Galles, qui leur échappait depuis 2002. Ils ont également fini quatrièmes de la Coupe d’Automne, après une petite finale face à l’Irlande qui aura laissé des regrets. Après ce match, le capitaine Stuart Hogg prédisait un bel avenir pour son équipe. « Je sens qu’on est sur la bonne voie pour faire quelque chose d’exceptionnel. » En 2020, le bilan a été correct avec cinq victoires en neuf matchs. Cette année, pour l’emporter, le XV du Chardon devra au moins réussir un exploit à Paris ou à Londres.


Une crise à venir pour le XV du Poireau ?

En 2020, le Pays de Galles a été la quatrième nation à s’afficher avec un nouveau staff, en plus de la France, de l’Irlande et de l’Italie. Mais Wayne Pivac, le nouveau sélectionneur, a vécu une année particulièrement désastreuse. En effet, le Pays de Galles n’a remporté que trois matchs, en dix rencontres.  De plus, sur leurs trois victoires, il y en a deux contre l’Italie et une face à la Géorgie. Mais surtout, il y a eu des défaites historiques lors des réceptions de la France et de l’Ecosse. Que c’est difficile de remplacer Warren Gatland et Shaun Edwards !

Concernant l’effectif, on constate une baisse de niveau de la part des joueurs qui étaient au top il y a deux ans. De plus, il y a eu également beaucoup de blessés. On pense à des joueurs comme Gareth Anscombe, Josh Navidi ou encore Liam Williams, qui ont été incontournables lors du Grand Chelem en 2019. La charnière Gareth Davies Dan Biggar semble aussi arriver au bout d’un cycle. En bref, un peu comme l’Irlande, le Pays de Galles peine à renouveler son effectif. Difficile de le voir favori donc. Le calendrier pourrait, à la limite, être favorable aux Gallois, avec la réception des Anglais et des Irlandais. Ils devront tout de même aller à Paris.


Verdict : l’Angleterre part avec un léger avantage

Bien évidemment, difficile d’évoquer l’Italie lorsque l’on parle de favori. En effet, les Transalpins n’ont plus gagné dans le Tournoi depuis 2015. Le Pays de Galles est sur une dynamique beaucoup trop mauvaise pour faire figure de candidat au titre. L’Ecosse et l’Irlande font de beaux outsiders. Si on doit trouver un favori, le choix parait extrêmement délicat entre deux nations. Ce statut se joue clairement entre l’Angleterre et la France, qui possèdent les meilleurs effectifs et les meilleures dynamiques. Néanmoins, l’Angleterre partirait avec un léger avantage puisqu’elle recevra le XV de France, à Twickenham. 

Alexandre Jeffroy

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Avatar

    Pierre

    4 février 2021 à 12h44

    Et l’Italie ? LOL

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