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TQO Hockey sur glace : face à la Lettonie, les Bleus vont devoir forcer leur destin

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Photo ANDRE RINGUETTE / HHOF-IIHF IMAGES

Les deux premières marches ont été gravies avec succès, mais c’est désormais la plus haute qui se présente devant l’Équipe de France. Ce dimanche (16h), cette dernière va disputer une véritable finale face à la Lettonie devant un public hostile pour essayer de décrocher sa qualification aux Jeux Olympiques de Pékin 2022.

C’était le scénario qui était attendu, et il s’est bien produit. Si les Bleus ont parfois échoué à des moments inattendus ou inopportuns, ils ont été au rendez-vous à Riga. En battant successivement la Hongrie puis l’Italie, ils ont effectué les deux tiers du chemin menant à Pékin. Toutefois, cela était plutôt logique face à des adversaires inférieurs. Ce dimanche, c’est le costume d’outsider qu’ils vont devoir enfiler.

Un exploit à réaliser pour rallier Pékin

En effet, la tâche ne sera pas aisée face à une Lettonie qui réalise un tournoi solide jusque-là. Vainqueur sans trembler de l’Italie (6-0) pour sa première rencontre, l’hôte de ce TQO a ensuite fait le boulot face à la Hongrie (9-0), en passant un terrible 8-0 dans la dernière période à son malheureux adversaire. Avec quinze buts inscrits et aucun concédé en 120 minutes, l’équipe lettone assume son statut de favori devant un public déchaîné en affichant une grosse sérénité dans l’ensemble.

L’espoir est malgré tout permis puisque cette équipe reste humaine et a montré une certaine friabilité face à la Hongrie dans le deuxième tiers-temps. Alors menée seulement 1-0, grâce à une vingtaine d’arrêts de Zoltan Hetényi, la sélection d’Europe de l’Est aurait pu inverser le scénario de cette partie en faisant preuve de plus de réalisme. Si solide et rodée, la défense lettone a en effet montré un visage peu rassurant en perdant plusieurs palets faciles en zone défensive, donnant des occasions énormes à son adversaire. Si ce dernier n’a pas réussi à les convertir, le potentiel offensif français est bien supérieur. Profiter des quelques munitions qui peuvent être offertes sera l’une des clés de l’exploit.

Une solidarité défensive à maintenir absolument

Mais avant de se concentrer sur cette Lettonie dont la solidité défensive n’est plus à prouver et qui peut compter sur une multitude d’options offensives, la base d’un succès passera avant tout par une prestation collective la plus propre possible. Sur ses deux premières victoires, l’Équipe de France n’a pas réussi à garder le même degré de concentration et d’intensité dans les 60 minutes des rencontres. Face à la Hongrie, les Français se sont laissés mener 2-0 malgré leur maîtrise dans leur jeu à cause d’erreurs individuelles impardonnables à ce niveau-là. Le lendemain contre l’Italie, c’est le dernier tiers qui a laissé à désirer en raison d’une baisse d’intensité claire dans les intentions de jeu (1 seul tir durant cette période!).

Cependant, cela a été compensé par un effort défensif bien réel et solidaire. En conférence de presse à Riga, le sélectionneur Philippe Bozon s’est satisfait avant toute chose de cet aspect du jeu qui sera une donnée indispensable dans la construction d’une victoire.

« C’est clair que si on veut gagner le dernier match contre la Lettonie, il va falloir être solides défensivement. Les gars ont montré beaucoup de sacrifice, ont bloqué beaucoup de lancers. Tout le monde est impliqué dans le jeu défensif, peu importe les cinq joueurs qui sont sur la glace. On a été solides devant notre gardien pendant un long moment. On a un peu souffert à la fin parce qu’on était en infériorité numérique mais on a bien protégé devant le but, et il y a eu un gros arrêt de notre gardien dans la dernière minute. »

Le poste de gardien de but en seule interrogation

Si en terme d’associations de joueurs sur les différentes lignes défensives et offensives, la continuité devrait être privilégiée, seul le poste de gardien de but constituera une véritable interrogation. En effet, Florian Hardy et Henri-Corentin Buysse se partagent le poste depuis la préparation, et aucun titulaire clair n’a donc été défini. Après le succès face à l’Italie, Philippe Bozon a donc laissé logiquement planer un doute qui ne sera dissipé qu’à la sortie de la feuille de match avant le coup d’envoi.

« Ce sont deux gardiens qui ont évolué en Ligue Magnus cette année ce qui signifie qu’ils n’ont pas eu beaucoup de matchs, de références au niveau international, notamment Florian Hardy qui n’a pas pu être là au mois de mai à Ljubljana. L’idée était de partager le temps de jeu pour que l’on ait le maximum d’informations et gérer le physique de chacun. Je pense qu’il n’était pas sûr qu’un gardien puisse faire les trois matchs. Maintenant on va se poser tranquillement pour notre choix dans l’optique du dernier match. »

Henri-Corentin Buysse attendu titulaire

Malgré tout, une tendance claire s’est dessinée. Auteur d’une prestation correcte mais sans éclat face à la Hongrie, Florian Hardy a concédé trois buts, dont un évitable, sur les 33 lancers auxquels il a été confronté. De son côté, Henri-Corentin Buysse a lui effectué un blanchissage devant l’Italie en repoussant les 23 tentatives adverses, tout en apportant un surplus de sérénité à sa défense (74 % d’arrêts sans rebonds). Il a même couronné sa prestation très solide en signant un arrêt exceptionnel et crucial dans la dernière minute de la rencontre alors que son équipe souffrait en infériorité numérique.

En toute logique, c’est donc le dernier rempart des Gothiques d’Amiens qui devrait être privilégié. Mais rien n’est figé puisque Hardy dispose d’une expérience internationale plus conséquente qui pourrait jouer en sa faveur même si sur la forme du moment, le gardien du Anglet Hormadi est en retrait.

« Ça nous motive encore plus d’aller chercher la victoire sur leur sol »

Dans ce groupe France, de nombreux joueurs connaissent l’atmosphère particulière que revêt un match de cette importance. C’est notamment le cas d’un Sacha Treille en feu sur le tournoi (3 buts), et absolument déterminant par sa présence pesante sur le gardien adverse dans les phases de supériorité numérique. En zone presse après son doublé inscrit face à l’Italie, le trentenaire des Brûleurs de Loups a donc insisté sur le contexte particulier découlant de cette « finale ».

« On est dans un scénario différent des années précédentes. On sait qu’une victoire, même en prolongation, sera suffisante. Il faut aborder ce match comme si c’était le dernier, ça fait vingt ans que l’on n’a plus disputé les Jeux Olympiques donc on a tous une faim énorme. On va jouer devant une patinoire quasiment remplie. Ça nous motive encore plus d’aller chercher la victoire sur leur sol. Il va falloir répondre présent dès le début, limiter nos erreurs et tous jouer à 100 % notre meilleur hockey. »

L’Équipe de France est souvent passée au travers au long de la dernière décennie dans ce type de rencontres revêtant un enjeu énorme. Devant un public bouillant et hostile totalement dédié à l’adversaire, les Bleus vont devoir faire preuve d’un mental d’acier afin de faire preuve de concentration et de régularité de la première à la dernière minute. Aucune erreur ne sera autorisée face à un adversaire disposant d’un jeu collectif fluide, magnifié par des individualités de très haut niveau. Il faudra donc rester totalement focus durant 60 minutes pour aller chercher une victoire importante dans ce qui est sans aucun doute le match le plus important de cette équipe depuis de longues années. Le rêve olympique n’est jamais donné, et il faudra forcer son destin pour y accéder.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a toujours été une vocation. Quand les autres sortaient les cartes Pokémon ou Yu-Gi-Oh dans la cour de l’école, je ripostais avec des cartes Panini ou des fiches Onze Mondial. La puissance de Jean-Claude Darcheville n’a pas d’égal.

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