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TQO Lulea : Focus sur les trois futurs adversaires des Bleues

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TQO Lulea  Focus sur les trois futurs adversaires des Bleues
Photo AP

TQO Lulea 2021 – Ce jeudi, l’équipe de France féminine fait son entrée dans le TQO de Lulea. Opposées à la Corée du Sud, la Slovaquie et la Suède, les Bleues vont devoir effectuer un tournoi parfait pour rallier Pékin face à trois adversaires dangereux. Présentation des différentes forces en présence.

Corée du Sud (17e au ranking IIHF)

Pour leur entrée en lice, les filles de Grégory Tarlé feront face à l’adversaire le plus faible sur le papier. En effet, classée 17e au classement mondial, la Corée du Sud n’a absolument rien d’un épouvantail. Si elle a participé à la dernière édition des Jeux Olympiques, elle le doit seulement à son statut d’organisateur, les Olympiades s’étant déroulées à PyeongChang. Par rapport à l’équipe ayant vécu la compétition, elles ne sont plus qu’une poignée à être encore dans le groupe à Lulea. C’est notamment le cas de la capitaine, Park Jong-Ah. Dans l’ensemble, cette équipe détonne pour sa jeunesse exceptionnelle qui pourrait presque la faire passer pour une équipe de U21.

Alors qu’elle aura seulement 17 ans en février prochain, Inhye Jang est le parfait symbole de la cure de jouvence effectuée par la sélection. Durant la phase préliminaire par laquelle la Corée du Sud a dû passer pour obtenir sa place à Lulea, l’adolescente s’est montrée impériale. Elle aura successivement blanchi la Slovénie (3-0), puis l’Islande (10-0), avant de concéder son unique but de la compétition dans la défaite face à la Grande-Bretagne (0-1). Cela a permis a alors à sa sélection de coiffer au poteau les Slovènes et les Britanniques dans une égalité à trois pour déterminer la première place.

Toutefois, il faudra se méfier de cette équipe jeune et rapide. Si le manque d’expérience et de dimension physique risque de se payer cash face aux trois formations européennes, ces dernières devront se montrer prudentes pour éviter une mauvaise surprise. La Corée du Sud n’est pas une nation forte du hockey mondial, mais possède un niveau correct. La grande majorité des joueuses évolue dans le championnat local à l’image d’Eunji Lee ou de Selin Kim, décisives dans le tournoi de pré-qualification au TQO de Lulea. Il faudra donc se méfier d’une mauvaise surprise même si cela s’apparente à une formalité.

L’avis de Betty Jouanny :

Au vu de l’ordre des matchs, on peut dire que ça va être crescendo. Le premier face à la Corée va permettre de rentrer dans la compétition, et nous savons que nous allons avoir beaucoup le palet donc il va falloir exploiter cet avantage, et utiliser notre vitesse contre cette équipe. Il faudra également être sérieuses défensivement puisque l’on risque d’être moins sollicitées que face à la Slovaquie et le Suède.

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Slovaquie (15e au ranking IIHF)

Si la Corée du Sud devrait être une formalité, la deuxième rencontre sera une « préparation » idéale avant l’ultime rencontre face à la Suède. Toutefois, le moindre faux pas sera interdit face à un adversaire de qualité, et potentiellement très dangereux. Classée 15e au ranking IIHF, la Slovaquie n’est que deux places derrière la France. Tout sauf un hasard pour une équipe qui ressemble énormément à l’Équipe de France en terme d’identité de jeu. Physique et difficile à manœuvrer, cette sélection s’appuie essentiellement sur un noyau constitué de joueuses du club phare local, le SKP Bratislava. Ce dernier, qui a décroché la 3e place en EWHL la saison passée, fait partie du projet de la fédération pour le hockey féminin basé sur la formation. Ainsi, c’est une équipe très jeune qui se présente, mais qui peut également compter sur des éléments de haut niveau.

En effet, pour entourer un groupe prometteur mais peu expérimenté, le sélectionneur Tomàs Segin va pouvoir s’appuyer sur des joueuses évoluant dans les meilleurs championnats du monde. C’est le cas de Lenka Curmova et Romana Kosecka, qui évoluent toutes deux en NWHL, l’équivalent de la NHL. En Europe, on retrouve également Nicole Lucak Cupkova en Russie (UFA), ou encore Rebeka Sadecka et Lucia Zamorska qui évoluent en Suède (Hammarby). De plus, cette équipe sera véritablement en mission après les événements tragiques ayant émaillé le pays récemment. Il y a quelques joueurs, un joueur (Boris Sadecky, insuffisance cardiaque) et un dirigeant (Dusan Pasek, suicide) des Bratislava Capitals ont succombé. Les filles auront donc à cœur de faire de leur mieux.

Sur le papier, l’Équipe de France semble malgré tout avoir les armes pour mettre en difficulté les Slovaques. Les Bleues disposent d’un effectif clairement plus expérimenté, mais également plus fourni en termes de talent. Début 2020, ces denrières s’étaient imposées lors de la dernière rencontre entre les deux équipes, mais il ne faut pas non plus oublier que la précédente en 2019 s’était soldée par une défaite. Ce sera donc un véritable défi, et un passage obligé pour Grégory Tarlé et ses joueuses afin d’affirmer leurs ambitions.

L’avis de Betty Jouanny :

Les rencontres face à la Slovaquie sont toujours serrées. C’est une équipe agressive et très physique. Elles vont vouloir nous faire tomber puisque nous sommes favorites contre elles sur le papier. Leur point faible est leur jeunesse, et il faudra les déstabiliser avec notre jeu offensif pour leur faire commettre des erreurs. C’est une équipe à qui on ne doit laisser aucun espoir et aucune confiance.

Suède (9e au ranking IIHF)

C’est clairement le gros morceau de ce TQO. Les hommes avaient fait face à un énorme défi en jouant leur qualification face à la Lettonie en terrain hostile il y a deux mois. Pour les Bleues, la situation est plus ou moins la même face à la Suède, à Lulea. Les deux premières rencontres sont abordables, et cette dernière rencontre devrait être une sorte de finale. Une finale dans laquelle la France partira avec un statut évident de challenger face au gros morceau de cette poule. La Suède fait partie de ces pays pour qui le hockey sur glace est une véritable institution. Le fait de voir cette sélection devoir disputer un TQO est une anomalie.

Toutefois, cela s’explique par le passage chaotique de Leif Boork sur le banc de la sélection entre 2014 et 2018. Les conflits entre le coach et les joueuses ont été nombreux, entraînant le retrait de certaines cadres de la sélection. Cela s’est traduit ensuite en termes de résultats puisque la Suède a été l’ombre d’elle-même durant les dernières grandes échéances. Lors des Jeux Olympiques 2018, la Damkronorma a terminé à une inacceptable 7e place, avec seule la faible Corée derrière elle, avant le séisme des Mondiaux 2019. A l’issue de la compétition, la Suède a perdu sa place dans le groupe Élite, tombant au sein de la Division 1A. Une véritable hérésie pour une nation de ce calibre.

Ainsi, la fédération a lancé une véritable reconstruction, en misant avant tout sur la formation, et un vivier local fourni. Cela se ressent immédiatement dans la liste puisque sur les 23 joueuses sélectionnées, elles sont vingt-et-une à évoluer au sein de la relevée SDHL, à l’exception d’Emma Söderberg (USA) et Emma Nordin (Chine). Considéré comme le meilleur championnat européen, ce dernier permet aux joueuses d’être confrontées quotidiennement à des joutes de haut niveau. Malgré tout, il faut également souligner la jeunesse d’ensemble de cet effectif puisque seulement six joueuses ont plus de 23 ans ! En termes d’expérience, cela est léger, mais le talent devrait compenser.

En tout cas, cette Suède va aborder le tournoi en confiance. Depuis la reprise des rencontres après le Covid, la sélection scandinave s’est rassurée. En fin d’année 2020, elle avait ainsi eu l’occasion de battre la Norvège et le Danemark avant d’enchaîner trois succès en quatre matchs face à la France. Si la dernière victoire acquise ce dimanche face aux Bleues (8-0) a dû donner de la confiance aux filles d’Ulf Lundberg, il est toujours bon de rappeler que les Tricolores étaient parvenues à les terrasser fin août à une reprise. Alors, pourquoi pas une deuxième fois ?

L’avis de Betty Jouanny :

La Suède est la favorite, et nous sommes les outsiders. Cela nous va très bien. Elles ont de très grosse individualité et sont très opportunistes. La moindre erreur se paye cash, on l’a vu cet été notamment. Mais elles n’ont jamais eu besoin de jouer de qualification olympique auparavant. C’est nouveau pour elles, et elles auront la pression de la gagne. La majorité de leurs joueuses n’ont pas disputé de compétition officielle mondiale en senior. Il faudra faire le match parfait et on le sait.

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Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a été une transition naturelle. Suiveur assidu de basket et de hockey sur glace, je garde toujours un peu de place pour suivre le cyclisme, le football et le maximum de performances françaises.

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