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TQO Lulea – Lore Baudrit : « Je pense être dans la meilleure forme physique de ma vie »

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TQO Lulea - Lore Baudrit  « Je pense être dans la meilleure forme physique de ma vie »
Photo Icon Sport

TQO LULEA 2021 – C’est à partir de 15h, ce jeudi après-midi, que l’Équipe de France féminine va faire son entrée dans le TQO de Lulea face à la Corée du Sud. Disponible de nouveau après avoir subi une intervention chirurgicale au poignet en avril dernier, Lore Baudrit aborde ce tournoi avec un appétit particulier. Avant de lancer les hostilités, l’expérimentée joueuse des Bleues s’est confiée sur le chemin parcouru pour revenir au top en vue de cette échéance, et les prochains adversaires moins connus que sont la Corée du Sud et la Slovaquie.

A la fin du mois d’avril, tu as été opérée au poignet, ce qui a entraîné plusieurs mois d’immobilisation puis de rééducation. Comment s’est passée cette période particulière ?

Ça s’est plutôt bien passé. J’ai eu un peu de malchance avec mon poignet vu que je ne m’attendais pas à une blessure de cette ampleur au départ. J’avais mal seulement sur des mouvements spécifiques. Mais finalement c’était un ligament qui était déchiré. J’ai alors eu l’opportunité de me faire opérer durant un stage. On était à Nantes en avril avec l’Équipe de France quand j’ai eu cette douleur au poignet.

Le staff m’a rapidement fait voir un spécialiste et en l’espace de deux jours, j’ai vu un chirurgien qui m’a fait le topo. Il m’a annoncé que ça allait prendre quatre à six mois. Avec la perspective du TQO en novembre, c’était maintenant ou jamais. Via ses contacts j’ai pu immédiatement effectuer un examen pour confirmer le diagnostic, et me faire opérer dans les deux jours. Je n’ai pas vraiment eu le temps de réaliser l’ampleur de la blessure. Tout de suite j’ai échangé avec notre entraîneur Grégory Tarley en lui demandant s’il y avait la possibilité de venir pour le stage afin d’effectuer du travail physique. Au final, j’ai fait les deux premiers stages centrés sur la préparation physique avec Jérôme Perez, puis sur la glace pour patiner avec l’accord du chirurgien.

En fait je n’ai jamais quitté l’équipe, j’ai pris part à tous les stages et ça m’a vraiment aidé mentalement. J’étais sur le banc pour les matchs face à la Suède (en août dernier) avec les coachs. Au début les deux mois d’immobilisation ont vraiment été longs mais après en enlevant l’atèle on se rend compte que la rééducation va l’être également. J’ai fait trois semaines au Centre Européen de Rééducation du Sportif à Capbreton, et ça a été un choix payant. J’avais vu avec mon club du Modo Hockey pour avoir leur autorisation puisque c’était début août, au moment où la saison démarrait. Je ne pouvais pas jouer mais ils auraient pu me forcer à revenir en Suède pour la rééducation. Mon coach m’a fait confiance, et cela m’a permis de franchir un gros cap au Centre.

Est-ce que cette blessure au poignet a modifié ton approche du jeu ?

Fin août, lors du stage avec l’Équipe de France, j’ai pu reprendre les shoots, les passes, et j’ai été réintégrée à la fin dans le jeu collectif sans contact. Ça a été un long chemin où j’ai eu des moments de doute. Quand je suis revenue sur la glace, ça a été compliqué au niveau du tir. J’ai perdu un peu de mobilité au niveau du poignet, du coup je n’ai plus la même amplitude dans le geste, donc ça a impliqué une réadaptation totale par rapport à au geste que j’avais avant. Il a fallu l’accepter, c’est une sorte de « nouveau départ ». C’est comme si j’avais réappris certains mouvements, surtout au niveau du lancé puisque c’est là que tu mets vraiment du poids sur la crosse.

Pour le reste je n’ai pas eu trop d’appréhension, ça fait partie de mon caractère, et j’ai toujours pu compter sur le soutien du staff. Je n’ai pas pu faire de stages normaux donc je me suis concentré sur d’autres aspects pendant que je ne pouvais pas faire le haut du corps. Aujourd’hui, je me sens en meilleure condition physique qu’avant.

Depuis le début de saison, tu as pris part aux 16 rencontres disputées par ton club de MoDo. Est-ce que tu as senti les sensations revenir au fil des rencontres ?

Comme je le disais, je pense être dans la meilleure forme physique de ma vie. Ça peut être étonnant dans un sens mais par exemple sur les stages où je ne pouvais pas prendre la crosse, je n’ai fait que du patinage. J’ai pu travailler sur ma technique de patinage des aspects que l’on a pas forcément le temps d’aborder habituellement. Cela m’a permis de m’améliorer.

J’ai raté les matchs amicaux et je suis revenue pour la première journée de championnat, ce qui n’était pas prévu au départ. Je me sentais tellement bien donc j’ai réécrit au chirurgien afin d’avoir son autorisation pour reprendre une semaine avant. Il était content des résultats des tests passés à Capbreton et du suivi du protocole donc il m’a autorisé à reprendre le jeu. Durant les premières rencontres, j’ai eu de l’appréhension, mais après quelques contacts on se rend compte que ça va même s’il y a parfois des petites douleurs. J’ai confiance en le reste de mes aptitudes donc ça s’est fait progressivement, aussi grâce au coach qui ne m’a jamais mis la pression.

Ce dimanche, tu as retrouvé le maillot bleu pour la première fois depuis plus d’un an et demi. Est-ce que cela a été un moment particulier malgré ta riche expérience en bleu et le résultat décevant ?

Il y a deux, trois semaines j’ai réalisé que je n’avais pas joué de match international depuis dix-huit mois, et je ne m’en étais pas rendu compte entre le Covid et la blessure. Finalement j’avais vraiment hâte, c’est toujours un plaisir. Le match ne s’est pas passé comme prévu mais individuellement, j’ai retrouvé ma ligne et ça a pas mal fonctionné. Avec Marion Allemoz et Lara Escudero on joue ensemble depuis longtemps. Les automatismes sont là, et avec Marion on a l’avantage de jouer ensemble à Modo donc ça aide pour les automatismes.

Le résultat fait mal, on s’est parlés en équipe, mais c’est un score qui est humiliant. 8-0 en hockey, c’est vraiment une raclée. Dans un match où on joue notre jeu, on en laisse jamais autant de chance à l’adversaire. On sait que la Suède va probablement nous dominer, mais si on parvient à leur laisser uniquement des shoots lointains, on peut avoir une chance. Là on est passées au travers en équipe mais ça nous permet d’apprendre de nos erreurs. Il vaut mieux que ça se produise maintenant.

Les choses ne se sont pas bien passées face à la Suède dimanche mais avant de s’offrir une sorte de finale dimanche prochain, il va falloir se défaire de la Corée du Sud et de la Slovaquie. Comment positionnes-tu ces deux adversaires dans la hiérarchie en comparaison à la France, et quelles seront les clés pour les renverser ?

La Corée du Sud a participé aux derniers Jeux Olympique mais en tant que pays hôte, avec plusieurs joueuses naturalisées qui ne sont plus présentes. Depuis, la fédération a lancé un programme concernant le hockey féminin. Ça reste une jeune équipe sur le papier mais on les a vu à l’entraînement, elles sont rapides. Après ça reste une équipe de Division 1B donc c’est un ou deux crans en-dessous de nous qui sommes en Division 1A, et prochainement en Élite je l’espère.

On est au-dessus sur tous les aspects, que ce soit technique, physique ou en vitesse, et on peut compter sur une meilleure gardienne. On a le statut de favori mais il faudra qu’on reste concentrées dans nos principes de jeu même si on se doit de les battre. Être favori veut tout dire et rien à la fois. Je pense que c’est une équipe dont il faudra se méfier, elles voudra jouer sa chance à fond.

La Slovaquie elle nous ressemble en tant qu’équipe. Elle joue de manière physique, avec beaucoup de solidarité et possède de très bonnes joueuses. Malgré tout, je pense quand même que c’est une équipe moins homogène, moins profonde que la notre. La dernière fois qu’on les avait joué en février 2020 en Norvège, on les avait battu au terme d’un match intense. Il ne faut pas tomber dans la frustration parce qu’on sait très bien qu’il y aura de l’impact physique.

Le risque est de commencer à surjouer et de se sortir du plan de jeu d’équipe mis en place. Dans le ranking on est devant elles, mais ça va être un gros match. Si on est dans nos standards de performance, il n’y a pas de raisons pour qu’on ne les batte pas. Après, on s’offre la finale contre la Suède, et là tout sera possible, mais il faudra absolument rester dans notre plan.


Journaliste/Rédacteur depuis 2012 - Bercé par l’amour des Girondins de Bordeaux, les échecs de Christophe Moreau sur le Tour de France sous l'ère Lance Armstrong et le fade-away létal de Dirk Nowitzki, ma passion dévorante pour le sport a toujours été un pan incontournable de ma vie. Transmettre ma passion à l’écrit a toujours été une vocation. Quand les autres sortaient les cartes Pokémon ou Yu-Gi-Oh dans la cour de l’école, je ripostais avec des cartes Panini ou des fiches Onze Mondial. La puissance de Jean-Claude Darcheville n’a pas d’égal.

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