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Ligue 1

Transferts : Jeremy Agbonifo et Lens, symbole négatif de l’attrait de la France pour le marché scandinave

Maxime Cazenave

Publié le

Transferts : Jeremy Agbonifo et Lens, symbole négatif de l'attrait de la France pour le marché scandinave
Photo Icon Sport

TRANSFERTS – Recruté pour un montant total de 7,5 M€ par le RC Lens en Suède l’hiver dernier, Jeremy Agbonifo est déjà poussé vers la sortie par les Sang et Or. Un échec coûteux pour les Lensois, et qui montre que la filière scandinave peut apporter son lot de mauvaises surprises.

Qui connaît Jeremy Agbonifo dans l’Hexagone ? Excepté les supporters du Racing Club de Lens et les suiveurs acharnés de la Ligue 1, ou encore les amateurs de jeunes pépites dans les jeux vidéos type Football Manager, l’attaquant suédois n’a pas réussi à marquer les esprits depuis son arrivée dans le Nord à la fin du mois de janvier.

Jeremy Agbonifo, 19 matchs pros en Suède, acheté 7,5M€

Pourtant, les dirigeants Lensois n’avaient pas hésité à mettre la main à la poche pour débaucher le jeune ailier de 19 ans de son club de Häcken, en Suède. Afin d’attirer un garçon prometteur, mais qui en comptait que 19 matchs professionnels au compteur, ces derniers avaient posé 1 M€ pour le prêt du joueur, auquel était assortie une option d’achat obligatoire de 6,5 M€ en cas de maintien. Une condition largement atteinte, et qui a contraint le RCL de passer à la caisse cet été. Autant dire que le chèque a dû avoir du mal à passer.

La hype autour du joueur aura duré seulement quelques jours. Buteur sur son premier ballon dès ses débuts à Montpellier le 31 janvier dernier, il s’agit de son premier et dernier fait d’armes. En difficulté à chacune de ses sorties suivantes, il a dû se contenter de 301 minutes de jeu, réparties sur 7 matchs. Pire, il a carrément été envoyé avec la réserve en fin de saison. Et ce n’est pas l’arrivée de Pierre Sage qui l’a relancé. Durant la préparation, il n’a foulé la pelouse qu’une petite demi-heure face à Dunkerque, avant d’être à nouveau envoyé en équipe réserve.

Dans les colonnes de la Voix du Nord, le nouveau coach avait lancé un avertissement durant la préparation : « Il va falloir qu’il comprenne vraiment quel rôle il a à jouer et quelle opportunité il a à saisir dans ce projet là. Et je pense qu’aujourd’hui, ce n’est pas encore suffisamment clair pour lui. » Depuis, le joueur a été envoyé en réserve, et la Voix du Nord a confirmé ce lundi la volonté du club de s’en débarrasser au plus vite. En position de faiblesse, le RCL va sans doute regretter ce flop coûteux dans un contexte économique fragile.

La Scandinavie, un terrain de jeu privilégié pour les recruteurs

Les Sang et Or n’avaient pourtant pas hésité à miser gros sur un joueur au vécu infime. Le potentiel est là, mais le tarif aligné est exorbitant. Si les championnats scandinaves étaient déjà réputés par le passé pour être des viviers de qualité à prix abordables, l’évolution du marché a rendu ce dernier tendance. Au point de dérégler les valeurs réelles d’un joueur.





Alors que tous les clubs européens voient leurs revenus stagner ou régresser, en dehors de l’Eldorado que représente la Premier League, tout le monde cherche à faire des bonnes affaires. Résultat, les championnats danois, suédois et norvégiens sont devenus un terrain de jeu parfait pour tenter des coups. Si les meilleurs talents avaient auparavant l’habitude de quitter le pays rapidement, l’Eredivisie et la Bundesliga étaient la porte privilégiée. Mais aujourd’hui la donne a changé, et ses deux championnats n’ont plus l’exclusivité, comme l’expliquait l’agent danois Mikael Jakobsson sur Eurosport l’été dernier :

Les liens sont toujours très fort mais ce n’est plus exclusif comme ça pouvait être le cas avant. Maintenant, la L1 concurrence la Bundesliga ou l’Eredivisie. Les décideurs français ont compris qu’il y avait des joueurs à trouver là-bas. D’autant que le scouting est très facile au Danemark puisque le pays est petit, donc tu peux voir pleins de matches en un seul week-end. Et puis économiquement, les joueurs sont souvent accessibles.

Toute l’Europe à l’affût de la prochaine pépite nordique

Au-delà de la France, d’autres pays piochent désormais en Scandinavie. Il faut dire qu’avec les succès récents connus par Erling Haaland, Rasmus Hojlund ou encore Viktor Gyökeres, cela a donné des idées. Cet été, les Italiens de Parme (Oliver Sörensen) et de l’Udinese (Luca Kjerrumgaard), mais aussi Barcelone (Barghdji), et plusieurs clubs anglais de Championship ont pioché en SuperLiga en alignant les millions. Ainsi, les cadors locaux, Midtjylland, Nordsjaelland, Bröndby et le FC Copenhague sont devenus des spécialistes de la revente. Pour ce mercato, ce quatuor affiche ainsi une balance positive de plus de 68 M€ !

La valeur des joueurs a donc augmenté, et les meilleurs clubs danois ont prouvé leur capacité à vendre leurs talents les plus prometteurs, à peine sortis du cocon. En conséquence, un pari auparavant peu coûteux est devenu un réel risque. Lens a joué avec le cas Agbonifo, et a perdu. Comme le Stade Rennais l’avait fait l’an dernier en alignant 20M€ pour la triplette Grönbaek – Meister. Deux joueurs fantomatiques, qui ont depuis déjà quitté la Bretagne. Néanmoins, comme dans tout, il y a de quoi boire et manger. Que ce soit Sebastian Nanasi à Strasbourg, Rasmus Nicolaisen à Toulouse ou encore Ernest Nuamah à l’OL, la réussite peut être présente. Mais à quel prix ?

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