UFC : Faut-il mettre des limites au trashtalk ?
MMA – La semaine précédant l’UFC 296 a été le théâtre de nombreux dérapages verbaux en conférence de presse. Faut-il mettre des limites à la provocation ?
Le trashtalk est un art qui consiste à provoquer verbalement son adversaire avant le combat pour entrer dans sa tête. Vieille comme le monde, la maîtrise de cette pratique a rajouté du prestige aux carrières de Muhammad Ali et Conor McGregor, pour ne citer qu’eux. Forcément, surtout aujourd’hui à l’heure des réseaux sociaux, beaucoup de combattants s’emparent de cette technique pour faire parler d’eux. Et parmi ces derniers, comment ne pas parler de Colby Covington ? Combattant qui n’intéressait personne à ses débuts, Chaos va s’inventer un personnage de méchant pour relancer sa carrière en 2018. Et ça a marché. Ses provocations envers ses adversaires lui ont rapporté une rencontre avec son idole Donald Trump et plusieurs matchs de championnat.
Voulant rester dans son rôle de Heel, Covington va déraper lors de la conférence de presse d’avant UFC 296, qui a eu lieu mercredi dernier. Et il va attaquer le père de Leon Edwards, mort assassiné alors que Leon n’avait que 13 ans.
Je vais t’envoyer dans un lieu ou tu n’es jamais allé, les tréfonds du septième enfer. Au passage, tu pourras y saluer ton père.
Une déclaration qui a choqué l’assistance. Et provoqué la colère de Leon Edwards, qui a balancé une bouteille sur Colby Covington. Et même s’il a pu lui taper dessus pendant 25 minutes quelques jours plus tard, la colère n’était pas redescendue chez Edwards après le combat.
Ce combat était émouvant pour moi. Ce mec a utilisé la mort de mon père comme outil de divertissement. J’ai énormément pris sur moi pour me calmer et rester concentré sur le combat. Après la conférence de presse, j’ai pleuré de rage en coulisse. Tu ne peux pas utiliser la mort de mon père pour divertir, et c’est ce qu’il a fait. Encore aujourd’hui, l’assassinat de mon père me brise le coeur. Et lui dit qu’il devait brûler en enfer ?
Bien que ce dérapage soit choquant, il n’a pas été le seul lors de cette semaine. Un autre combattant a décidé lui aussi de franchir les limites pour promouvoir son combat.
L’attaque de Dricus Du Plessis sur l’enfance de Sean Strickland
Vendredi, l’UFC a organisé une deuxième conférence de presse pour promouvoir les évènements du début d’année prochaine. Étaient présents à l’événement, le champion du monde UFC des moyens, Sean Strickland, et son futur adversaire, Dricus Du Plessis. Les deux hommes s’affronteront le 21 janvier 2024, en main event du premier Pay-per-view numéroté de l’année, l’UFC 297. Et pour entrer dans la tête de son adversaire, Du Plessis va lui aussi s’attaquer à l’histoire personnelle du champion.
Tu pensais que ton père te battait ? Mais ton père n’est pas à mon niveau. Quand on sera dans cette cage, je vais te montrer ce que c’est que d’être battu. Tout tes souvenirs d’enfance vont remonter à la surface.
Une attaque basse, qui a fait dégoupiller Strickland. Après l’avoir copieusement insulté lors de la conférence de presse, le champion va littéralement se jeter sur son adversaire dans les gradins de l’UFC 296. Ils ont dû être séparés par la sécurité.
The full incident between Sean Strickland and Dricus Du Plessis at #UFC296 tonight.
Bring on #UFC297 in January! pic.twitter.com/HQt0Uj1jiv
— UFC (@ufc) December 17, 2023
Peut-on tout dire dans le cadre du trashtalk ?
Pour répondre à cette question, le Trashtalk a toujours existé et existera sans doute toujours. Et l’histoire montre qu’il peut aider à booster une carrière Néanmoins, on peut entrer dans la tête de son adversaire sans forcément l’attaquer sous la ceinture. Et Dana White semble lui aussi aller dans ce sens. Même s’il refuse de « dire aux combattants ce qu’ils doivent dire », le président de l’UFC s’est déclaré « embêté » par ces incidents, jugeant que les attaques envers les parents, les femmes et les enfants des adversaires sont « sales et sauvages ».
Néanmoins, et on l’a vu dans la nuit de samedi à dimanche, le trashtalk peut aussi se retourner sur son auteur. Reste à voir si les conséquences subies par Du Plessis et Covington vont inciter les autres à réfléchir avant de parler.


