UTMB 2025 : L’Ultra-Trail du Mont-Blanc est-il toujours le plus grand au monde ?
ULTRA-TRAIL DU MONT-BLANC 2025 – A l’heure où l’épreuve alpestre continue de faire rêver la plupart des traileurs, elle est dans le même temps de plus en plus remise en cause. De quoi s’interroger sur son statut de plus grand ultra-trail du monde ?
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Chamonix s’apprête à vivre de nouvelles émotions en cette dernière semaine d’août. Pour sa 22ème édition, l’Ultra-Trail du Mont-Blanc, véritable Mecque de la discipline, va une nouvelle fois accueillir bon nombre de coureurs Elite réputés et un nombre d’amateurs impressionnant qui vont se répartir sur les différentes courses au programme de la semaine. Parmi elles, le Main Event de l’événement, de la saison pouvons-nous dire, s’ouvrira vendredi à 18 heures, lâchant près de 2400 traileurs affamés et excités à l’idée d’en découdre.
Le Mont-Blanc : le rêve d’une vie
Dans l’imaginaire collectif, l’UTMB tient clairement une place à part. Le monde du trail retient son souffle à l’approche des courses, suiveurs comme participants, qu’ils soient élites ou amateurs. Un rêve absolu pour ton fan de la discipline que d’y participer et surtout de terminer les 170 km et 10000m de dénivelé positif proposé par le parcours. Le prestige et le succès ne se démentent pas année après année, bien au contraire. La masse de coureurs augmente toujours plus, faisant tourner un business bien huilé.
Évidemment, le cadre offert par les Alpes et le Mont-Blanc en particulier, ainsi que l’idée d’en faire le tour en passant par trois pays – France, Suisse et Italie – constituent encore aujourd’hui un graal pour beaucoup de coureurs aux rêves de liberté et de grands paysages naturels. Ce qui fait de l’UTMB un événement d’envergure internationale avec des chiffres impressionnants à la clé. Rien que pour la course reine, on note environ 12000 candidatures, en outre déjà issues d’une première sélection drastique avec le système des points qualificatifs, pour seulement 2300 places environ. Le succès populaire ne se dément pas et l’événement reste toujours le point d’orgue de la saison, côté élites également, avec une startlist toujours qualitative. Et aussi celui d’un circuit mondial parfaitement rôdé, mais qui commence à faire débat.

Risque de monopole et concurrence accrue
En effet, la stratégie commerciale très agressive de l’entreprise UTMB Group pose question. Elle a procédé depuis quelques années à des rachats en masse de courses réputées à des fins de satellites pour l’épreuve mère. À titre d’exemple, sont passés sous hégémonie UTMB le Lavaredo Ultra-Trail en Italie ou encore le Trail 100 Andorra dans la principauté. Cela dénote une certaine mainmise sur la discipline et un pouvoir financier important qui ne plait pas à tous les pratiquants, élites compris. En effet, elle implique un côté exigent pour les qualifications et les points à obtenir et surtout excessivement cher. Comptez à présent, hors course qualificative, un bon 2000 euros (logement compris) pour être sur la ligne de départ. Un non-sens pour une discipline qui se voudrait populaire et accessible à tous.
De plus, la concurrence tend à se réveiller avec des tentatives pour créer des circuits parallèles à l’exemple des World Trail Majors qui réunissent un grand nombre de trails réputés (Mont Fuji 100, Transgrancanaria, Madeira Island Ultra-Trail par exemple) ou des Golden Trail World Series spécialisés dans les formats courts. D’autres formats indépendants privilégiant la distance ont également le vent en poupe à l’image du Tor des Géants (330 km, 24000 D+) gagné par François D’Haene l’an passé.
Enfin, les athlètes Élite ont tendance à varier leur programme et ne pas tourner leur saison uniquement autour de l’UTMB. Dorénavant, on en trouve tout autant sur la Diagonale des Fous à la Réunion ou bien encore sur la Hardrock 100 aux États-Unis, deux autres monuments de la discipline. Les affaires autour d’une suspicion de monopole conjuguées aux valeurs éthiques et environnementales discutables, comme l’apparition de Dacia parmi les sponsors il y a quelques années, ont même poussé pas mal de grands noms tels Kilian Jornet ou Zach Miller à envisager un boycott pur et simple. Sans aller jusque-là, il ne faudrait pas qu’à force de tout vouloir contrôler, Catherine Poletti et son mari ne s’attirent les foudres des athlètes et d’une concurrence énervée et qui s’organise.




aufour
24 août 2025 à 22h42
quelle époque toujours le fric!courons plus libre, sans engagement mais courons c si bon 🦵