Vers un crash monumental de DAZN et de la Ligue 1 ?
FOOTBALL – Les premiers chiffres semblent indiquer que DAZN n’aurait que 100 000 abonnés à ce jour. Une catastrophe en gestation pour la plateforme et la Ligue 1.
À peine plus de 100 000 abonnés après deux mois
C’était un secret de polichinelle, la probabilité de la viabilité financière de DAZN était vraiment utopiste. Mais les premiers chiffres qui tombent, semblent indiquer que le crash pourrait être plus dramatique et rapide que prévu, pour la plateforme britannique. Selon les informations diffusées par le journaliste Abdellah Boulma, sur la plateforme X (anciennement Twitter), DAZN dépasserait à peine les 100 000 abonnés.
Pour rappel, la Ligue de Football Professionnel (LFP) et son très controversé président, Vincent Labrune, tablaient sur 1,5 million d’abonnés, d’ici à 2026. Alors que DAZN, pour 400 millions d’euros par an, a l’exclusivité sur huit matchs par journée, le neuvième étant diffusé pour beIN SPORTS, qui paye 100 millions d’euros par an. 100 000 abonnés, pour comparaison, c’est quatre fois moins que Téléfoot, qui s’est pourtant retiré de la diffusion de la Ligue 1 après quelques mois. Mediapro ne payant que 100 millions d’euros, contre les 780 millions initialement prévus.
L’offre de Téléfoot était alors de 24.99 euros par mois. Alors que Prime Video a revendiqué jusqu’à 1.7 million d’abonnés au Pass Ligue 1 en décembre 2021, l’année du lancement du produit sur la plateforme. Une offre, à l’époque, à 14.99 €. Et même eux, après trois saisons de diffusion (huit matchs sur dix puis sept matchs sur neuf) ont fini par se retirer du jeu à la fin de la saison 2023-2024. Preuve aussi que même le sacro-saint 1.5 million d’abonnés peut ne pas suffire. La LFP n’a, semble-t-il, pas tiré les enseignements de ce chiffre.
DAZN ne rassemblerait qu’un peu plus de 100 000 abonnés sur l’ensemble de ses plateformes de diffusion.
Bien en deçà des attentes, et sans un investissement conséquent, potentiellement en provenance des Saoudiens, la plateforme risque de ne pas tenir financièrement plus de 2 ans…— Abdellah Boulma (@AbdellahBoulma) October 3, 2024
DAZN revoit son offre à la baisse et propose une période d’essai
La Ligue 1 a repris ses droits le 17 août dernier, alors que la 7e journée débute ce vendredi. Dimanche soir, près d’un cinquième du championnat sera bouclé, avec les premières tendances, tant en termes de lutte pour le titre, que pour la lutte pour l’Europe et la bagarre pour ne pas descendre en Ligue 2. Et pendant ce temps-là, DAZN a déjà revu son offre à la baisse. L’offre initiale prévoyait un abonnement annuel (y compris juin/juillet, deux mois sans Ligue 1) à 29.99 €/mois, tandis que le tarif mensuel était à 39.99 €/mois. La promotion (dont la durée a été prolongée) ramène l’abonnement annuel à 19.99 €/mois et l’abonnement mensuel avec les deux premiers mois au même tarif, avant que cela remonte à 39.99 €.
Si DAZN se dit heureux des retours, d’après l’article de L’Équipe, du 23 septembre dernier, la réalité des chiffres semble les avoir rattrapés. Eux-mêmes doivent le savoir, car RMC Sport nous révèle que DAZN propose désormais une période d’essai. Effective depuis le 30 septembre et jusqu’au 13 octobre prochain. Même avec cela, la publicité négative du lancement de l’offre semble avoir vacciné, jusqu’aux plus fervents suiveurs du ballon rond et du football français. Pourtant, la chasse au piratage n’a jamais été aussi intense. La plateforme Telegram, où certains utilisateurs diffusent gratuitement les matchs, ou les IPTV, illégales, mais beaucoup moins chères, sont dans le viseur de la LFP.

Les clubs pros en danger
Toutefois, DAZN n’a pas hésité à investir l’espace publicitaire. À renfort d’influenceurs pour promouvoir la chaîne. Valouzz et ses trois millions d’abonnés, a été la cible de critiques (très violentes) pour avoir fait la promotion de la plateforme. Le très bon Un Max de Foot, a également fait des partenariats. Et il ne faut pas se tromper de combat, à l’heure de la démonétisation massive sur Youtube, c’est souvent la seule source de revenus, pour les créateurs de contenus. Obligés de se contorsionner pour vivre. Même si certains s’en sortent bien mieux que d’autres. Mais cette campagne ne semble pas porter ses fruits. Et, à terme, c’est le football professionnel français qui est en danger.
Car, dans le budget de nombreux clubs, les droits télés comptent pour beaucoup. Et les revenus ont déjà sensiblement baissé entre 2023-2024 et cette année (de 662,6 millions d’euros à moins de 300 millions d’euros). À l’époque du fiasco Mediapro, SportUne estimait que « les recettes issues des droits TV représentaient 50 % à 75 % des revenus hors transferts enregistrés par la plupart des clubs de Ligue 1 lors de la saison 2018-2019 ». Et parmi les clubs les plus dépendants à l’époque, on retrouve l’AS Monaco (67.8 %), engagée cette année en Ligue des Champions, avec la manne financière qu’elle représente. Mais pour le club de la Principauté, quid d’une année sans Coupe d’Europe ? Et avec la perspective d’une Ligue 1 qui continuerait de perdre de la valeur télévisuelle ? Alors que leur dépendance est encore à 44 % en 2022-2023.
Hasard ou non, le club qui dépendait le plus des droits télé, Nîmes, a connu depuis une terrible dégringolade. À l’inverse, Brest et Lens, qui remontaient de Ligue 2 et de facto moins dépendants à ce moment-là, ont goûté tous deux aux joies de la Ligue des Champions et semble s’être installés dans le paysage de la Ligue 1. Même s’il convient d’être prudent avec les Brestois.
Ce que les droits TV ont rapporté aux clubs de la Ligue 1 en 2023/2024
Le Havre = 5,7 millions d’euros
Metz = 9 millions d’euros
Brest = 15,6 millions d’euros
Toulouse = 17,8 millions d’euros
Strasbourg = 17,9 millions d’euros
Clermont = 18,4 millions d’euros
Reims = 18,9 millions d’euros
Lens = 26,3 millions d’euros
Nantes = 30,9 millions d’euros
Nice = 31,1 millions d’euros
Lorient = 33 millions d’euros
Lille = 34,3 millions d’euros
Montpellier = 35,6 millions d’euros
Rennes = 46,5 millions d’euros
Monaco = 49,2 millions d’euros
Lyon = 85,3 millions d’euros
Marseille = 95,2 millions d’euros
Paris = 165,7 millions d’euros


