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Cyclisme sur route

Victoire d’étape et classement général : Isaac Del Toro rafle tout au Plateau de Solaison

Etienne Goursaud

Publié le

Victoire d'étape et classement général Isaac Del Toro rafle tout au Plateau de Solaison (1)
Photo via UAE Emirates XRG

TOUR AUVERGNE-RHÔNE-ALPES 2026 – Déjà vainqueur samedi, Isaac Del Toro (UAE Team Emirates XRG) récidive sur la 8e étape et renverse le classement général.

Dire qu’il ne sera qu’un simple coéquipier – sauf miracle – lors du prochain Tour de France. C’est important de le rappeler, car Isaac Del Toro, s’il avait carte blanche, serait un véritable prétendant au podium, voire davantage. Le Mexicain a réalisé un week-end absolument exceptionnel. Déjà victorieux samedi au Grand Colombier, il a remis ça ce dimanche sur les pentes du Plateau de Solaison.

Dans une étape marquée par l’abandon de Paul Seixas (Decathlon CMA CGM), il y a eu lui et les autres dans l’ascension finale. Tous ses adversaires ont terminé à plus d’une minute du coureur de 21 ans, qui remporte là sa troisième course par étapes WorldTour de l’année. Tadej Pogačar, tenant du titre et absent cette année, a certainement apprécié la démonstration de son coéquipier.

Un groupe de neuf coureurs se dégage dans le col du Pré

Il ne fallait pas louper l’échauffement dans cette ultime étape du Tour Auvergne-Rhône-Alpes. D’entrée de jeu, le col du Pré (7 km à 9,4 %) s’est invité au menu sous la forme d’un hors-d’œuvre indigeste. Lidl-Trek a imprimé un gros tempo dans cette ascension. La formation américaine a entamé un travail qui allait durer la majeure partie de la journée, sans pour autant empêcher les attaques.

Déjà en vue samedi, Laurens De Plus et Carlos Rodríguez (INEOS Grenadiers) sont repartis au charbon ce dimanche. Les deux coureurs ont été accompagnés de Georg Steinhauser (EF Education-EasyPost), Léo Bisiaux (Decathlon CMA CGM), Valentin Paret-Peintre (Soudal Quick-Step), lui aussi offensif la veille, puis d’Harold Tejada (XDS Astana), ainsi que du meilleur grimpeur Clément Braz Afonso (Groupama-FDJ). Un groupe rejoint ensuite par Kévin Vauquelin (INEOS Grenadiers) et Geoffrey Bouchard (TotalEnergies).

Au sommet du col du Pré, Clément Braz Afonso passe en tête et consolide encore son maillot de meilleur grimpeur. Il compte alors 50 points, soit 29 de plus qu’Isaac Del Toro. Un classement qu’il remportera finalement sans difficulté.



Paul Seixas contraint à l’abandon

On se posait la question de son état après sa chute lors de la 7e étape. Courageux pour rallier l’arrivée au Grand Colombier samedi, les blessures étaient finalement trop importantes pour Paul Seixas (Decathlon CMA CGM). Avant même la montée de Bisanne (11,5 km à 11 %), le grand favori de ce Tour Auvergne-Rhône-Alpes jette l’éponge. Prévu au départ du Tour de France, le Français de 19 ans connaît ainsi le premier véritable coup dur de sa jeune carrière, jusque-là presque parfaite. Place désormais aux soins, avec l’espoir que les conséquences de sa chute restent limitées. Aucune fracture n’avait été détectée samedi soir, une information confirmée ce dimanche.



Le groupe de tête a abordé le col des Aravis (7 km à 6,8 %) avec deux minutes d’avance sur le peloton. Une avance progressivement réduite sous l’impulsion d’une Lidl-Trek toujours très active. Emmené notamment par Carlos Verona, le peloton a poursuivi son travail de sape. Au sommet, les échappés ne comptaient plus que 30 secondes d’avance.

Isaac Del Toro écrase les pédales et la course

Si le feu d’artifice espéré entre les leaders n’a pas eu lieu en début d’étape, le Plateau de Solaison (11,5 km à 8,9 %) a parfaitement joué son rôle de juge de paix. Quelques semaines avant d’être empruntée pour la première fois par le Tour de France, cette ascension a offert un spectacle de très haut niveau et provoqué de nombreux bouleversements au classement général.

Premier enseignement de cette montée : UAE Team Emirates-XRG a voulu afficher sa puissance, même sans Tadej Pogačar. Dès les premières rampes, la formation émiratie a imposé un rythme infernal. Maillot jaune au départ, Luke Tuckwell (Red Bull-BORA-hansgrohe) a été décramponné à 9,5 kilomètres du sommet. Courageux, l’Australien a toutefois limité la casse et conserve une superbe deuxième place au classement général. Révélation de cette édition, il a fait preuve d’une remarquable résistance dans le final.

Pourtant, la course s’est décantée très tôt. Et c’est là qu’est apparu le deuxième enseignement majeur : Isaac Del Toro a tout d’un futur grand leader. Après le travail de ses équipiers, le Mexicain a porté une attaque tranchante à 8,8 kilomètres du but. Personne n’a été capable de suivre le vainqueur de l’UAE Tour et de Tirreno-Adriatico cette saison.

Trop tôt comme Juan Ayuso la veille ? Absolument pas. Deux kilomètres plus loin, le groupe des favoris accusait déjà 33 secondes de retard. Malgré l’énorme travail de Mattias Skjelmose (Lidl-Trek), le Danois ne pouvait rien faire face à un Isaac Del Toro tout simplement supérieur.

Juan Ayuso retrouve des couleurs

Dernier enseignement de cette journée : Juan Ayuso (Lidl-Trek) n’est pas si loin de son meilleur niveau. Après plusieurs mois compliqués, l’Espagnol a été le deuxième homme fort de cette ascension. Son accélération à cinq kilomètres du sommet a laissé ses compagnons sans réaction. En premier lieu Matteo Jorgenson (Team Visma | Lease a Bike), qui a complètement craqué dans le final.

Même s’il a finalement concédé une minute sur la ligne d’arrivée, le quatrième de la Vuelta 2022 peut repartir rassuré. Arrivé sur l’épreuve avec peu de repères, il a montré des signes très encourageants à quelques semaines du Tour de France. Il termine troisième du classement général final, sans parvenir toutefois à reprendre du temps à Luke Tuckwell, remarquable jusqu’au bout.

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