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Victor Le Grand : « Si on n’aime pas le tennis, on peut lire 40-A »

Jordane Mougenot-Pelletier

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Victor Le Grand : "Si on n'aime pas le tennis, on peut lire 40-A"
Photo Couverture du premier numéro de 40-A

TENNIS – On a rencontré Victor Le Grand, rédacteur en chef de 40-A, le nouveau magazine annuel de So Press consacré au tennis. Il nous raconte la genèse du magazine, ce qu’il veut dire du monde du tennis. Et surtout, pourquoi il aime Mark Philippoussis. 

40-A : le nouveau pari So Press

So Press s’est lancé un nouveau pari. Dans un univers médiatique toujours plus dominé par le numérique, le groupe de presse de Franck Annese a donc décidé d’éditer un nouveau magazine papier. 40-A, consacré au tennis, sortira tous les ans à la veille de Roland-Garros. Une envie qui ne date pas d’hier nous dit Victor Le Grand : « En 2017, j’avais sorti Têtes de Série qui avait été édité par So Press. C’était un bouquin qui traitait de tennis par des listes d’anecdotes et d’histoires folles et décalées. Peut-être que finalement, ça part de là. Mais la décision remonte à 2019 ».

Le groupe So Press n’est de toute façon pas un nouveau venu dans le monde du tennis. Il édite depuis 3 ans le magazine officiel de Roland-Garros, que l’on trouve pendant les deux semaines de compétition Porte d’Auteuil.

Et pan !

En 2019, tout est calé. Grâce à un très célèbre équipementier américain, la rédaction parvient même à décrocher une interview d’une heure et demi avec Nick Keyrgios et compte bien en faire sa une. « Pour nous, c’était quelque chose d’assez inespéré, nous avoue Victor le Grand. On n’était personne dans le milieu du tennis et on décroche un joueur aussi important que Kyrgios ! Et pour 1h30 d’entretien, ce qui est énorme parce que les joueurs de tennis parlent souvent très peu ». Tout est calé, 40-A doit rencontrer l’Australien à Indian Wells.

Et pan ! Un cas de Covid confirmé dans la vallée de Coachella, le tournoi est annulé, et adieu Nick. « Kyrgios était une opportunité assez dingue pour nous. Au-delà de son statut, c’est ce qu’il représentait qui nous intéressait. Sa personnalité, ce que l’on pouvait raconter de lui, tout cadrait avec l’esprit de 40-A. Malheureusement pour nous quand on l’a relancé en 2020 il a refusé. ».

Raconter des histoires

Tant pis pour Kyrgios, le magazine a de la matière par ailleurs. D’abord destiné à être tête de série numéro 2, c’est bien Stefanos Tsitsipas qui sera tête d’affiche. Et le timing est incroyable. « On le rencontre en février 2020 au tournoi de Marseille, raconte Victor Le Grand. Il est porté par son titre au Masters de Londres. Mais il a gagné une dimension supérieure depuis qu’il a gagné à Monte-Carlo et fait une demie de Grand Chelem en Australie. Il est devenu l’un des principaux rivaux pour Nadal à Roland-Garros. Pour le magazine c’est finalement une bonne opération de l’avoir en une. ».

Là encore, c’est davantage pour ce que représente Stefanos Tsitsipas que pour son tennis qu’il intéresse 40-A. « On parle assez peu de tennis, ce n’est pas ce qui nous intéresse immédiatement. Comme dans Pédale ! Tampon ou So Foot, on veut raconter des histoires. Le tennis n’est pas un prétexte parce qu’il reste au centre du magazine, mais on explore tout ce qu’il génère. ». Et le tennis génère une infinité de personnalités, d’émotions, de coups, et d’histoires à raconter.

« Si on n’aime pas le tennis, on peut lire 40-A »

Parmi les plus marquantes de ce premier numéro, il y a bien sûr Marcelo Rios, le joueur le plus détesté de l’histoire du tennis. Autre surprise, Torben Ulrich, joueur danois des années 1970. Une étrangeté hippie qui refusait de jouer le matin parce qu’il fréquentait, par exemple, le soir des clubs de jazz de Saint-Germain des Prés. Aussi un modèle de longévité puisque le monsieur continue de taper la balle à 92 printemps. Victor Le Grand : « Si on n’aime pas le tennis, on peut lire 40-A pour cette raison qu’on y lit des histoires qui peuvent intéresser tout le monde. On n’est ni dans l’analyse du jeu ni dans la communication ultra-verrouillée des joueurs ».

À la rédaction en chef de 40-A, il y a donc Victor Le Grand. Journaliste à Society et So Foot, et il a une histoire particulière avec le tennis. « J’y ai joué 10 ans mais je le suis d’assez loin. Je préfère regarder un match de foot à la télé si j’ai le choix. Le tennis pour moi c’est surtout Roland-Garros et quelques matchs à côté. Je n’avais pas vu de match entre Roland l’an dernier et la finale Nadal-Tsitsipas à Barcelone par exemple. ». Cela doit donner une forme de recul que l’on sent bien dans 40-A. Le magazine n’a pas le nez collé dans le guidon des résultats à la petite semaine. Et un peu de hauteur de vue, ça fait du bien !

Questions/Réponses avec Victor Le Grand

Wilson ou Babolat ?

Wilson ! Pour le grand W très élégant au milieu du tamis. Et parce que c’est la raquette de Sampras et Federer.

Terre battue ou ciment ?

Terre battue, tant pis si ça fait classique. Ce n’est pas une surface sur laquelle j’ai tellement joué, mais c’est une surface différente. Et c’est celle de Roland-Garros.

Mark Philippoussis ou Alberto Berasategui ?

Philippoussis, parce que je conserve une tendresse pour ces joueurs au plan de jeu limité. On n’en voit plus tellement, ils sont très complets. Philippoussis avait une filière de jeu : service-vollée. En dehors de ça, c’était compliqué.

Tweener ou amortie rétro ?

Amortie rétro parce que c’est très compliqué et très beau. Le tweener tout le monde le fait aujourd’hui. C’est toujours spectaculaire mais plus original.

Jean-Paul Loth ou Arnaud Clément ?

Jean-Paul Loth ! Parce que c’est une voix de notre enfance et qu’on garde de la tendresse pour lui. Je l’ai entendu récemment, les analyses ne sont plus aussi précises qu’avant mais on s’en fout. C’est comme Guy Roux, on les aimera toujours !


Journaliste/rédacteur depuis mai 2018 - Dans mon sang coule à la fois le feu des penne à l'arrabiata et la glace du Grand Colombier. Amoureux des belles lettres et des Talking Heads, je supporte un club olympique. Intéressé par les relations qu'entretient le sport avec la société, je m'intéresse autant à Marc Cécillon qu'à Pep Guardiola, à Tonya Harding qu'à Philipp Roth. Enfant des 90's, on ne me fera pas croire qu'il y a eu plus beau à voir depuis Zinédine Zidane, Marco Pantani et Pete Sampras. La béchamel est une invention du diable, la Super Ligue aussi.

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