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Triathlon

Vincent Luis : « Concrètement, 2019 est la meilleure année de ma vie »

Flo Ostermann

Publié le

AFP

Dans un long entretien accordé au quotidien L’Équipe, Vincent Luis, champion du monde à l’issue de la finale des WTS à Lausanne, est revenu sur son parcours, avec Tokyo en ligne de mire.

Un aboutissement. Voilà à quoi pourrait correspondre ce titre mondial acquis par Vincent Luis, le premier pour un Français depuis la création des WTS. Sur le toit du monde chez les juniors en 2008, le natif de Vesoul a depuis parcouru beaucoup de chemin jusqu’à ce sacre en élite, récompensant une régularité à toute épreuve ces dernières années : « J’ai fait 3ème (du Championnat du monde) en 2015, 2ème en 2018, c’était bien, mais au final, il n’y a qu’un mec qui a les liserés à vie et c’est le gars qui est champion du monde. Je dis toujours que le deuxième est le premier qui perd. »

Une remise en question salvatrice

Car pour en arriver à cet état d’esprit de guerrier, le Français a dû se (re)prendre en main. Au sommet chez les juniors en 2008, Vincent Luis a ensuite pris une grosse claque, la faute à une hygiène de vie qui ne collait pas avec celle d’un triathlète de (très) haut niveau : « Après mon titre de champion du monde juniors en 2008, j’ai touché un peu de primes et loué une maison avec un pote alors que je vivais jusque-là dans le garage de la présidente de mon club, à Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne). C’était vraiment le bordel, on faisait des soirées tout le temps. Les performances ne suivaient plus. »

Un rythme de vie qui aura eu pour conséquence une vraie désillusion lors des Mondiaux espoirs en 2009, avec une 17ème place à l’arrivée, alors qu’il arrivait dans la peau d’un prétendant au titre. Un déclic : « Je me fais éclater alors que j’étais arrivé en pleine confiance. Et là, le trésorier de la Fédération Française de Triathlon vient nous voir, Aurélien Raphaël (son coéquipier chez les jeunes) et moi-même, et dit « Les gars si vous êtes nuls, c’est qu’il y a un truc que vous ne faites pas bien » […] Ce jour-là, je me suis promis de me prendre en main et que plus jamais un mec ne me dirait que je suis nul. »

Vincent Luis vainqueur à Yokohama – ITU Media

De la persévérance à revendre

Après avoir pris conscience des exigences du haut niveau, Vincent Luis allait travailler, beaucoup travailler, pour gravir les échelons. Son premier podium en WTS en 2014 (2ème à Hambourg), sa première victoire sur le circuit mondial un an plus tard, toujours à Hambourg, avant de connaître une nouvelle déception à Rio en 2016, lors des Jeux Olympiques. Troisième mondial en 2015, le Tricolore s’avançait en outsider pour le podium, voire mieux. Il terminera finalement 7ème, loin de son objectif initial. Fatigué mentalement mais aussi physiquement, il reviendra plus fort en 2017.

J’ai retrouvé progressivement la motivation. J’ai passé l’hiver 2016-2017 en stage d’entraînement au Kenya. En 2009-2010, sans certaines primes de course, il m’arrivait d’avoir du mal à payer mon loyer. Quand tu es dans cette situation-là, tu ne l’oublies jamais. – Vincent Luis à L’Équipe

La suite, on la connaît. Membre d’un groupe d’entraînement très dense (avec Mario Mola et Jacob Birtwhistle, entre autres) en Arizona (USA) depuis juin 2018, le Vésulien a passé un nouveau cap. Vainqueur de la Super League en début d’année 2019 après avoir terminé vice-champion du monde en 2018, il est désormais le nouveau boss du triathlon mondial, à 30 ans. Et à un an des JO de Tokyo, le seul titre qui lui manque, cela ne pouvait pas mieux tomber.





Dicodusport

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