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Football

Wayne Rooney : une certaine idée du football

Jordane Mougenot-Pelletier

Publié le

Wayne Rooney - Une certaine idée du football
Photo UEFA

C’est officiel depuis ce week-end et c’est dans les tuyaux depuis un moment. Wayne Rooney, entraîneur-joueur de Derby County jusqu’alors, arrête sa carrière de joueur et devient le manager du club au bélier.

Espèce en voie de disparition

Il est difficile au lecteur qui a assisté, impressionné, aux records de précocité d’un joueur à la fin de carrière de celui-ci. Il faudra pourtant se faire une raison : Wayne Rooney ne sera plus un joueur de football. Ce n’est pas tant le joueur précoce que toute l’Angleterre du Nord s’arrachait qui va manquer. C’est, bien au-delà, ce que Rooney signifiait et qui semble appelé à disparaitre.

N’était sa précocité, Wayne Rooney incarne d’abord l’espèce en voie de disparition du joueur normal. Rooney n’a pas la vitesse de Mbappé, la technique de Messi ou le physique de CR7. Avec son mètre 74  et son physique de boxeur, Rooney semble s’être échappé d’un continuum espace-temps différent. Sur le terrain, on ne peut cependant pas dire qu’il dégageait cette normalité. Sa puissance physique, techniquement et charismatique en faisait un incontournable. Wayne Rooney fait partie de la rare engeance de ceux dont on se dit, un frisson dans le dos, quand ils reçoivent le ballon que n’importe quoi peut advenir.

Rooney blinders

En même temps, Wayne Rooney fait partie de cette rare caste de joueurs qui connaissent leurs limites et savent que rien n’est possible sans les autres. Peut-être est-ce là l’héritage d’une enfance liverpuldienne et d’un milieu ouvrier. Sans jouer la carte démago du working-class player une fois millionnaire, Rooney ne s’est jamais pris pour ce qu’il n’était pas. Même une fois établi à Manchester United et capitaine, il n’a pas oublié de se mettre au service du collectif.

Assumant l’héritage de l’attaquant à l’ancienne, Wayne Rooney savait sortir le bleu de chauffe et prendre ses responsabilités. Au fond, c’est tout ce que le public pouvait demander. Le peuple du Nord dans lequel Rooney a grandi se satisfait de ces joueurs courage. Son physique de taureau boxeur et son caractère teigneux auraient pu aussi bien trouver sa place dans un épisode de Peaky Blinders que dans une mine du Devon.

Captain Rooney

Jamais Wayne Rooney n’a cédé aux facilités modernes. Sauf quand il s’est fait replanter des cheveux. Surtout, et peut-être seulement, quand il a joué la carte du départ avec Sir Alex Ferguson pour que le club revalorise son contrat en 2010. Les éléments de langage étaient de sortie et bien vite rentrés une fois l’accord trouvé. De quoi racheter un énième SUV Bentley.





Sur le terrain non plus Wayne Rooney ne cédait pas à la facilité. D’ailleurs, quel y était son poste ? Avant-centre ? Sur la feuille de match de Canal Plus Sport c’est comme ça qu’il était aligné. Mais sur le rectangle vert il en était tout autrement tant Rooney naviguait. De babord à tribord, de la poupe à la proue. Les basses tâches d’écopage ne l’effrayaient pas et ni les cartons ni les ballons récupérés ne manquent à ses statistiques. De mousse à matelot, de quartier-maitre à capitaine, Wayne Rooney a tenu le bateau mancunien pendant 13 ans. Le temps d’y devenir une légende.

Une pige à Everton, un passage obligé en MLS et un poste hybride à Derby plus tard, Wayne Rooney raccroche les crampons. Il est aujourd’hui manager du club blanc au bélier et aura pour objectif de lui faire retrouver l’élite anglaise. Derby aura quant à lui l’objectif de garder Wayne Rooney sur le banc. On ne laisse pas s’échapper une légende.

JMPPMJ

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