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Endurance

WEC : Nouveautés, enjeux et calendrier de la saison 2023

Antoine Ancien

Publié le

WEC Nouveautés, enjeux et calendrier de la saison 2023
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WEC 2023 – Avant le début du prologue qui se dispute ce week-end sur le Sebring International Raceway, et alors que la première manche se tiendra sur ce même tracé dans une semaine, il est l’heure d’évoquer les enjeux de la campagne 2023 du championnat du monde d’endurance (WEC).

À coup sûr, c’est la saison que tous les fans d’endurance attendent. Celle du renouveau d’une discipline dont les dernières années ont été longues, ennuyantes et il faut l’admettre, pénibles. Les catégories constituant le LMP2 et les GTE nous ont certes globalement tenus en haleine lors des dernières campagnes du WEC. Mais cela n’a pas suffi à atténuer notre frustration de ne voir aucune bataille dans la catégorie reine dédiée aux Hypercars (ex-LMP1), Toyota confirmant sa domination et son emprise dans un championnat à sens unique et sans véritable concurrence depuis les départs successifs d’Audi et de Porsche en 2016 et 2017.

Le retour des plus grandes marques au plus haut échelon du monde de l’endurance, et notamment aux 24 Heures du Mans en juin prochain, sera scruté de près. Et ce dès les 1000 Miles de Sebring, premier meeting du WEC le week-end prochain, qui ouvre une nouvelle ère. Celle de tous les possibles, là où fleurissent déjà les enjeux d’une saison pas comme les autres.

HYPERCAR : Toyota, favori incontestable du championnat ?

Depuis 2018, Toyota n’a pas failli pour s’adjuger les titres pilotes et constructeurs des différentes campagnes du WEC. Pas même aux 24 Heures du Mans, là où les hommes du directeur technique Pascal Vasselon ont souvent été malheureux et là où la malédiction ne cessait de frapper la marque japonaise dans l’histoire qu’elle entretient avec cette course. Malgré tout ce qui a été dit, malgré les critiques auxquelles Toyota a dû faire face après chaque victoire obtenue sans grande difficulté, la faute à une concurrence rudimentaire. Le constructeur a maintenu à bout de bras une catégorie LMP1 en train de mourir et a donné du temps aux dirigeants de l’ACO et de la FIA pour réfléchir à un nouveau règlement attirant de nombreux constructeurs.

Bien entendu, Toyota, qui entame sa onzième saison en WEC, se porte comme l’un des favoris légitimes pour remporter le championnat. Tout sera désormais plus difficile, mais la firme possède l’avantage de l’expérience par rapport à ses concurrents. En 2023, la GR010 Hybrid sera quelque peu différente de l’exercice 2022, quelques modifications ayant été apportées à l’auto pour que celle-ci soit mieux adaptée à la course. « Au cours des deux dernières saisons, nous avons parfois eu du mal à régler le refroidissement des freins : il fallait beaucoup de temps pour vider ou ouvrir le conduit de refroidissement. Ici, nous sommes passés à une disposition différente du conduit de refroidissement, ce qui nous permet d’ajouter ou de retirer l’obturation très facilement », explique Pascal Vasselon à Motorsport.

D’autres réglages à propos de la fiabilité ont aussi été apportés. Concernant le line-up, celui-ci reste le même. Ainsi, Mike Conway, Kamui Kobayashi et José Maria Lopez formeront toujours le trio de la Toyota #7 quand Sébastien Buemi, Brendon Hartley et Ryo Hirakawa constitueront l’équipage de la #8.





Peugeot entame sa première saison à plein temps

En décidant de revenir en endurance, discipline à laquelle il a tourné le dos avant la création du WEC en 2012, le constructeur Peugeot s’est donné les moyens de ses ambitions afin de devenir un acteur majeur du championnat. Arrivé à Monza en juillet dernier, le Lion a rencontré de nombreux problèmes de fiabilité qui ne lui a pas permis de décrocher un seul podium. Mais des progrès sont apparus à chaque course. Espérons que l’hiver a été bénéfique pour la troupe d’Olivier Jansonnie, directeur sportif de Peugeot, afin que la marque française puisse faire jeu égal d’entrée avec la concurrence.

Récemment, dans une interview donnée à Motorsport, le pilote français Loïc Duval, titulaire sur la 9X8 #94 déclarait : « Sebring va être un test difficile parce qu’on n’a pas de circuit aussi exigeant en Europe, donc on n’a pas pu effectuer de tests dans ce genre de conditions avec une piste aussi bosselée, ce sera donc un peu une inconnue pour nous. Mais ensuite, nous reviendrons à des pistes plus standards qui devraient nous convenir. Les progrès et le travail qui ont été faits par les gars ont été assez énormes pendant l’hiver. Je pense que nous avons atteint un point qui est assez acceptable en termes de fiabilité. Désormais, nous allons voir où nous en sommes lors des premières courses. ».

Pour l’accompagner sur la #94, le Français pourra compter sur la présence de Gustavo Menezes et Nico Müller. La #93 sera confiée aux mains de Paul Di Resta, Mikkel Jensen et Jean-Éric Vergne.

Porsche de retour après six ans d’absence

Six ans plus tard, le constructeur emblématique allemand revient dans la discipline reine des sports-prototypes. Et ce n’est pas pour y faire de la figuration. Lors de son précédent retour en 2014, le prototype LMP1 avait dominé le championnat en 2015, 2016 et 2017 pour autant de victoires aux 24 Heures du Mans.

Pour son retour en Hypercar, la firme de Stuttgart a développé une LMDh. La Porsche 963 conçoit un moteur V8 bi-turbo et s’appuie sur un châssis développé par Multimatic. Soutenue par l’équipe Penske, la 963 sera également utilisée par des écuries clientes. C’est le cas de Jota et de Proton Competition. Pour des retards de livraison, ces deux Porsche clientes n’arriveront qu’en cours de saison pour se battre aux côtés des officielles, au nombre de deux. Pour Jota, l’écurie pourra compter sur un de ses sponsors de taille, en la personne de Tom Brady. Le légendaire quarterback de football américain, qui vient de mettre fin à sa carrière, s’associe donc à Jota. Un coup de pub pour le team, mais aussi pour le WEC.

Côté hommes forts, on retrouvera notamment le triple vainqueur des 24 Heures du Mans, André Lotterer, mais également des pilotes ayant fait les belles heures de la marque en GTE Pro tels que Kévin Estre, Michael Christensen ou encore Frédéric Makowiecki. Le principal objectif de Porsche sera cette année de décrocher une 20ème victoire au Mans, et d’entrer encore plus dans la légende de l’endurance.

Ferrari veut s’imposer en endurance

Bien que le programme GT de Ferrari ait été couronné de succès en WEC depuis 2012, jamais la marque au cheval cabré n’était revenue en catégorie reine depuis 50 ans. Soit une éternité.

Désireux de diversifier ses engagements, Ferrari s’apprête à démarrer un nouveau cycle en engageant la 499P, le prototype LMH conçu dans les ateliers de Maranello pour y affronter la concurrence. À la différence de Porsche qui a déjà disputé les 24 Heures de Daytona (IMSA), les 1000 Miles de Sebring seront la première course de la marque italienne. Comme la plupart de ses concurrents, Ferrari développe un système hybride sur l’essieu avant de sa voiture. Concernant le moteur, il s’agit d’un V6 Bi-turbo. Les anciens pilotes GT de la marque, James Calado, Alessandro Pier Guidi, Antonio Fuoco (entre autres) seront accompagnés par la recrue Antonio Giovinazzi, ancien pilote de F1 chez Alfa Romeo.

Cadillac arrive de l’IMSA

Pour Cadillac, l’endurance est un terrain connu. Le constructeur américain, appartenant au groupe General Motors, est habitué à se battre aux avant-postes en IMSA (championnat d’endurance nord-américain) depuis 2017. Avec sa DPi-V.R, Cadillac a coiffé la couronne en 2017, 2018 et 2021. Cette saison, le constructeur a décidé de poursuivre son engagement en IMSA tout en engageant une auto à plein temps en WEC. La seule Cadillac V-LMDH, munie d’un moteur V8 Bi-Turbo à châssis Dallara, sera confiée à Earl Bamber, Alex Lynn et Richard Westbrook. Mais au Mans, où Cadillac a déjà sévi au débuts des années 2000 pour des résultats peu convaincants, l’équipe dirigée par Laura Wontrop Klauser alignera bien trois prototypes, rapatriant les deux autos d’outre-Atlantique.

Glickenhaus toujours de la partie

Après des débuts convaincants en 2021 et fort d’un podium dans la Sarthe en juin 2022, la Scuderia Glickenhaus rempile pour une nouvelle saison. Cette fois, renouveler sa belle performance au Mans face aux cadors de la catégorie serait exceptionnel. Le constructeur privé américain engagera une auto en WEC, avec Romain Dumas, Olivier Pla et Ryan Briscoe en tant que pilotes titulaires. Une deuxième auto sera au départ des 24 Heures du Mans.

Vanwall avec Jacques Villeneuve

L’autre écurie privée du plateau, la dernière, n’est autre que Floyd Vanwall Racing Team (ex Bykolles) qui aligne sa Vanwall Vandervell 680. L’équipe autrichienne fait revivre le nom de l’ancienne écurie de Formule 1, championne du monde des constructeurs en 1958. Et on parle bien de Jacques Villeneuve, champion du monde de F1 en 1997, pour mener à bien le grand défi qui se présente devant lui. À 51 ans, le retour en endurance du Canadien paraît aussi incroyable que surprenant. On saura rapidement si le vétéran de l’Hypercar, accompagné de ses équipiers Tom Dillmann et Esteban Guerrieri, est à la hauteur de l’évènement.


LMP2 : Qui pour succéder au Team Jota ?

Derrière la lutte au sommet qui se profile dans la catégorie Hypercar, il ne faudra pas délaisser le LMP2. Moins fourni que l’an dernier, on recense tout de même 11 autos engagées cette saison. Après le titre pilotes et équipes acquis par Jota et l’équipage de la #38 (Da Costa-Stevens-Gonzalez) en 2022, ces derniers ne pourront pas remette leur couronne en jeu. Les deux premiers cités, en compagnie de Yifei Ye, viennent d’être promus en Hypercar sur la Porsche cliente de Jota. Et même s’ils s’aligneront en LMP2 en début de saison en attendant la livraison de leur LMDh, les champions en titre vont ensuite laisser le champ libre à leur succession.

Jota comptera tout de même une auto, la #28 de Fittipaldi-Heinemeier Hansson-Rasmussen pour jouer les premiers rôles dans la catégorie. Mais la principale menace semble venir de WRT. Le team belge, champion en 2021, repart au combat pour reprendre son bien et possède toujours deux équipages de renommée mondiale dans ses rangs.

Alpine, reculer pour mieux sauter ?

La lutte pour le titre en LMP2 mettra également aux prises les autos de United Autosports et de Prema Racing. Mais il faudra aussi se méfier d’Alpine. Le constructeur français, après deux années à avoir foulé le bitume avec son ex-LMP1, a décidé de revenir en LMP2 avant d’arriver en Hypercar avec une LMDh en 2024. Et deux voitures se disputeront la gagne, avec la #35 de Caldwell-Negrao-Rojas et la #36 du trio français Canal-Milesi-Vaxiviere. Nul doute que remporter le titre cette année en LMP2 enverrait une alerte pour ses concurrents en 2024.


GTE AM : La dernière danse des GTE

Conséquence de l’arrivée des plus grandes marques en Hypercar, la catégorie GTE Pro a disparu. Et 2023 sera le chant du cygne pour les GTE, ces sportives ultra-compétitives qui laisseront ensuite la place à des voitures issues de la réglementation du GT3.

Alors, avant de tirer un trait au feutre indélébile sur plus d’une décennie d’histoire, les GTE auront bien le droit à une dernière danse cette année. Avec la seule catégorie de GT qui subsiste, le GTE Am.

Ben Keating et Corvette Racing, une alliance pleine d’espoir

En 2023, le Corvette Racing passe donc du GTE Pro au GTE Am. Pour sa dernière apparition en compétition, la C8.R n’a pas d’autre souhait que de ramener la coupe à la maison. Jouant de malchance ces dernières saisons, surtout au Mans où la victoire lui était promise en 2022, Corvette espère que ses vieux démons le laisseront tranquille. Pour se donner des chances de bien figurer, le constructeur américain a recruté le très réputé gentleman driver Ben Keating. Le pilote américain a fait les beaux jours de nombre d’équipes par le passé, et il est surtout le champion en titre de la catégorie. Un titre obtenu avec Marco Sorensen sur l’Aston Martin de TF Sport. Nicky Catsburg et Nicolas Varrone sont les deux autres pilotes de l’unique Corvette.

TF Sport remet son titre en jeu, Richard Mille s’engage avec une Ferrari

Difficile pourtant de croire au titre pour TF Sport. Le line-up de l’Aston Martin AMR est très peu expérimenté, avec Al Harthy-Dinan-Eastwood comme équipage.

4 Aston Martin, 4 Ferrari, 5 Porsche et donc 1 Corvette constitueront la grille de la catégorie. Chez Porsche, on retrouvera le trio féminin des Iron Dames avec Bovy-Frey-Gatting. Nouveau venu, Richard Mille passe du LMP2 au GTE Am et engage une Ferrari AF Corse. Elle sera pilotée par Lilou Wadoux et Alessio Rovera, ainsi que l’Argentin Luis Pérez Companc.


24 Heures du Mans : Une édition historique

Le samedi 10 juin à 16h, les amoureux d’endurance mais plus globalement de sport automobile, ont rendez-vous avec l’Histoire. Le centenaire des 24 Heures du Mans sera célébré de la plus belle des manières.  Avec un plateau attendu de 62 autos, il y aura du suspense en piste à tous les étages. 16 Hypercars seront au départ, avec pas moins de 4 Porsche et 3 Cadillac. Il y aura également 24 LMP2 et 21 GTE AM. Du grand spectacle. Sur la piste bien sûr, mais aussi en dehors, où de multiples animations sont prévues.

Le calendrier de la saison 2023

Le calendrier de cette saison voit apparaître une course supplémentaire, les 6 Heures de Portimão. Nous aurons donc le droit à 7 meetings en 2023, avant l’arrivée d’une épreuve supplémentaire au Qatar en 2024. À terme, le but du WEC est d’envisager le retour d’un calendrier à 8 (ou 9) épreuves, comme c’était le cas il y a quelques saisons.

Vendredi 17/03 : 1000 Miles de Sebring (États-Unis)

Samedi 16/04 : 6 Heures de Portimão (Portugal)

Samedi 29/04 : 6 Heures de Spa-Francorchamps (Belgique)

Samedi et dimanche 10 et 11/06 : 24 heures du Mans (France)

Dimanche 09/07 : 6 heures de Monza (Italie)

Dimanche 10/09 : 6 Heures de Fuji (Japon)

Samedi 04/11 : 8 Heures de Bahreïn (Bahreïn)

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