Yannick Borel : « Rester concentré pour les Championnats du monde »
Quelques jours après des championnats d’Europe réussis, nous avons rencontré Yannick Borel, épéiste français de 29 ans.
Yannick, quels sentiments dominent après ces championnats d’Europe ?
Je ne peux pas cacher que je suis satisfait de mes performances aux championnats d’Europe. Je suis très content de ce nouveau titre en individuel, mais cette médaille par équipes était aussi très importante car nous n’avions pas réussi à la décrocher l’an dernier. Très content donc, mais je reste concentré car il y a un dernier rendez-vous qui m’attend cette saison.
En individuel, tu conserves ton titre pour la troisième fois, comment as-tu construis ce succès ?
J’ai essayé de faire abstraction que ça pouvait être mon troisième titre d’affilée. J’ai vraiment voulu me concentrer sur la compétition et sur le titre qui était à gagner. J’ai essayé de travailler sur ma concentration tout le long de la journée, pour rester dans ma compétition et gérer les moments difficiles. Je pars toujours du principe que rien n’est gagné à l’avance et c’est ce qui m’a permis de rester concentré jusqu’à la dernière touche décisive en finale.
Tu gagnes la finale à la touche décisive, à quoi penses-tu à 14-14 ?
C’est bien avant 14 partout que je pense dans cette finale, car je suis mené de deux touches et je n’ai pas la solution pour renverser la tendance. La minute avec mon entraîneur, Stéphane Leroy, m’a vraiment aidée, je lui ai proposé un plan pour la suite et il a approuvé mon idée de son œil extérieur, donc ça me conforte dans mon idée. Au retour de la pause, j’encaisse encore la touche mais je me dis que c’est une erreur de ma part et pas mon plan qui est défaillant. J’insiste dans mon idée et je reviens à 10 partout. Ensuite, trois touches doubles qui nous conduisent à 13 partout. Il met ensuite la 14ème et je suis dos au mur mais je décide de rester sur la stratégie que j’avais choisi et cela a payé, car je marque les deux dernières touches pour conserver mon titre.
En équipes, vous faites une belle journée avant de perdre en finale. Qu’est-ce qui vous manque pour attraper l’or ?
Il nous manque de la fraîcheur physique. Nous avons enchainé la Coupe du monde à Cali fin mai, puis ensuite les championnats de France individuel et par équipes pour finir avec les Europe. Donc je pense que ce manque de fraîcheur nous a fait manquer de lucidité dans cette finale et sur certains relais, on laisse échapper quelques touches qui ne pardonnent pas. En étant plus frais physiquement, cela aurait été un autre match. Nous avions une équipe avec deux nouveaux par rapport à l’équipe championne du monde, donc cela reste un résultat satisfaisant. Ce qui est bien, c’est que pour les championnats du monde, le programme est plus léger avant, donc nous aurons plus de fraîcheur physique.
Objectif mondiaux, comment vas-tu te préparer ?
Je vais garder ma routine d’entraînement habituelle. Séance de kiné avant l’entraînement car j’ai une blessure au poignet, et je le vois même parfois après la séance quand c’est nécessaire. J’essaye aussi de faire de la cryothérapie dès que mon corps en a besoin. A l’approche des championnats du monde, tout est fait pour qu’on soit conditionné pour être performant. Aujourd’hui, j’ai une équipe avec quatre coachs à l’INSEP, un préparateur mental et un préparateur physique qui m’aident à bien mener ma barque.
Avec quels résultats en individuel et en équipes rentrerais-tu satisfait de Chine ?
Je ne veux pas me cacher, je suis plutôt en confiance et ça peut paraître un peu prétentieux de dire cela, mais j’aimerais rentrer avec deux médailles, une en individuel et une par équipes. L’objectif à chaque début de compétition est d’abord la demi-finale, ensuite je me conditionne pour aller chercher le titre. Il me reste encore un mois pour bien me préparer et on verra bien ce jour-là.
Les JO, c’est dans 2 ans. Est-ce que tu y penses souvent ? Est-ce possible que ce soit tes derniers JO ?
Je n’y pense pas encore souvent, mais les Jeux Olympiques m’animent au quotidien et ils me font rêver, évidemment. C’est un événement aussi beau que prestigieux, mais c’est un peu trop tôt pour y penser vraiment car j’ai d’autres objectifs avant ,et je dois rester concentré là-dessus.
Non, ce ne sera pas mes derniers JO, depuis que je sais qu’il y aura les Jeux à Paris en 2024, c’est mon objectif à long terme.


