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Zlatan Ibrahimovic : Retour sur une carrière hors norme

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Zlatan Ibrahimovic Retour sur une carrière hors norme
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FOOTBALL – En marge de la dernière journée de Serie A, le Suédois Zlatan Ibrahimovic a annoncé sa retraite à 41 ans. Le fantasque Milanais met ainsi terme à 24 ans de carrière professionnelle. Retour sur son parcours.

Nous ne reverrons plus la grande carcasse élancée de Zlatan Ibrahimovic sur les pelouses de football. Les buts improbables aux quatre coins du monde, les punchlines lors de ces discours ou conférences de presse. Tout ça, c’est terminé. En annonçant sa retraite, non sans émotion, chose rare pour lui, sur la pelouse de San Siro dimanche soir en clôture de la saison de Serie A, c’est une page du football des années 2000 et 2010 qui se tourne. Champion quasiment dans tous les clubs où il est passé, Zlatan Ibrahimovic a marqué sa génération. Attaquant physique, grand, mais agile, bien aidé par sa ceinture noire de taekwondo, il a semé la terreur dans bon nombre de défenses en Europe et dans le monde.

Révélé à l’Ajax, confirmation en Italie

Il débute le football en Suède à Malmö. Il passe pro en 1999 et reste dans son pays pendant deux ans. En effet, il signe en 2001, à 19 ans, à l’Ajax Amsterdam, club formateur reconnu. C’est aux Pays-Bas qu’il commencera à se faire un nom, notamment sous les ordres de Ronald Koeman. Il glane son premier titre de champion en 2002 et découvre la Ligue des Champions la même année. Il marque rapidement son 1er but sur la grande scène européenne contre l’Olympique Lyonnais, club qu’il aimera martyriser à l’avenir. L’Ajax devient vite trop petit pour lui et les gros clubs européens veulent l’attirer. C’est en 2004 qu’il rejoint la Juventus de Turin et le Calcio.

Il profite de la blessure de David Trézéguet pour s’installer durablement à la pointe de l’attaque bianconeri. Outre son instinct de buteur, il devient également passeur dans le Piémont. En 2006, il entre en conflit avec sa direction pour quitter le club lorsque ce dernier est relégué en Série B, à cause des matchs truqués. Il s’en va alors en Lombardie, à l’Inter de Milan, avec Patrick Vieira qui le suit dans ce transfert. Le géant suédois continue d’empiler les buts et les passes à Milan et remporte 3 Scudetto consécutifs. Il devient même le joueur le mieux payé de la planète. Il quitte finalement l’Italie comme un roi en 2009, pour aller en Catalogne.

Un séjour espagnol mitigé

Il rejoint ainsi le FC Barcelone dans le cadre d’un très gros transfert, incluant notamment Samuel Eto’o. Il arrive dans une équipe performante et championne d’Europe en titre. Il remportera ainsi directement la SuperCoupe d’Espagne et la SuperCoupe d’Europe juste après son arrivée, puis la Coupe du monde des clubs. Il se montre aussi lors de son premier Clasico avec le but victorieux. En Ligue des Champions, le sort lui réserve d’être éliminé par ses anciens coéquipiers en demi-finales, l’Inter sera d’ailleurs sacré contre le Bayern Munich juste après. Mais la fin de saison est loin d’être idyllique et Zlatan est poussé dehors par le coach, Pep Guardiola, et les jeunes Bojan ou Pedro, sans même parler des blessures. Il gagne tout de même le titre de champion, une nouvelle fois, mais l’aventure espagnole laisse des regrets, avec tout de même 16 buts en championnat.

Retour en Italie puis arrivée fracassante au PSG

Il retourne en Lombardie, mais chez le rival des Interistes : le Milan AC. Il intègre une attaque prestigieuse qui a de quoi faire trembler l’Europe. En effet, Robinho, Pato et Ronaldinho jouent aussi sous le maillot rossoneri. Là encore, il continue d’apporter à l’attaque milanaise, que ce soit en termes de passes ou de buts, et il remporte encore un titre. Mais la série de trophées prend fin en 2012, puisque la Juventus reprend le Scudetto. Et Zlatan, toujours décisif, quitte encore le club pour un nouveau projet.





Malgré de grosses demandes, selon son autobiographie de 2018, pour rester au Milan, le buteur suédois rejoint la capitale de la France et la Ligue 1. Il devient le fer de lance du PSG version QSI. Et il va rouler sur le championnat. Et tenter de remporter, enfin, la Ligue des Champions. D’ailleurs, il devient le premier joueur à inscrire un but pour six clubs différents dans la grande compétition européenne. Sa première saison est très aboutie sur les bords de Seine avec 30 buts, avec des titres de champion, de meilleur buteur et meilleur joueur. Il affole les statistiques du PSG avec plus de 40 buts marqués sur une saison, toutes compétitions confondues.

Il dépasse Pauleta en haut du classement des buteurs de l’histoire du PSG (dépassé depuis par Edinson Cavani et Kylian Mbappé) avec 156 buts. S’il termine sa carrière française en 2016, il aura quand même marqué la L1 de son empreinte, sur et en dehors des terrains, avec plusieurs sorties médiatiques restées dans les mémoires. Le plus gros regret restera encore une fois la Ligue des Champions, qui semble se refuser à lui, et son manque de réussite dans les matchs à élimination directe.

Une aventure difficile outre-Manche avant de décoller pour Los Angeles

Il quitte donc Paris et rejoint Manchester United, en difficulté depuis quelques années. Il ne restera sûrement pas dans les annales mancuniens, puisqu’une blessure le prive de la fin de saison 2017 après une rupture des ligaments croisés. Il aura inscrit 28 buts tout de même et aura son nom au palmarès de la Ligue Europa, même s’il ne joue pas la finale. Il revient de blessure, mais quittera finalement les Red Devils en mars 2018.

Zlatan quitte l’Europe pour rejoindre le Los Angles Galaxy, en MLS. La réussite de son passage est avant tout marketing et financière. Son maillot est le plus vendu de la Ligue et les stades adverses sont plein à craquer pour ses matchs, preuve de sa notoriété et de son aura partout où il passe. Malgré de beaux buts et un apport à l’attaque angeline, il ne remporte aucun trophée au pays de l’Oncle Sam, perdant même un derby lors des séries éliminatoires.

Retour et fin au Milan

En 2020, il revient poser, définitivement, ses valises en Lombardie chez les Rossoneri. Il va notamment aider le club à remporter le titre en 2022, qu’il n’avait plus remporté depuis son départ. Sa dernière saison est plus délicate, car il se fait opérer du genou et va rater la première partie de la saison 2022-2023. Il revient en 2023 et devient le buteur le plus âgé en Serie A, mais doit renoncer à la suite de sa riche carrière à cause de blessures. Le 4 juin 2023, il prend officiellement sa retraite.

Histoire contrastée en équipe nationale

Alors qu’il aurait pu jouer avec la Bosnie, qui lui ferme les portes de la sélection, il va représenter la Suède pendant sa carrière. Fer de lance de l’attaque bleu et jaune, particulièrement avec Henrik Larsson, il marquera beaucoup de buts, mais la Kronos n’a pas spécialement brillé sur la scène internationale, avec un quart de finale de l’Euro et deux 8èmes de finale de Coupe du monde pour meilleurs résultats. Zlatan demeure tout de même le meilleur buteur de la sélection, avec 62 buts en 122 sélections, preuve de l’empreinte qu’il a laissée.

Ses meilleures punchlines

Si sur le terrain, Zlatan Ibrahimovic était redoutable et précis, il était également acerbe en dehors, n’ayant pas la langue dans sa poche. Il savait être clivant et cela faisait partie du personnage. En France, on reprenait même l’expression  « se faire Zlataner » issue des Guignols de l’info, nouvelle preuve de son impact.

Ce que John Carew fait avec un ballon, je le fais avec une orange.

Je ne connais pas bien la Ligue 1. Mais la Ligue 1 sait qui je suis.

Les supporters du PSG en demandent beaucoup. C’est étrange au regard de ce qu’ils avaient par le passé. Parce qu’avant, ils n’avaient rien.

Cela fait quinze ans que je joue au foot et je n’ai jamais vu un arbitre aussi nul dans ce pays de merde. Ce pays ne mérite pas le PSG.

J’ai placé la Suède sur la carte du football mondial. Je l’ai fait aussi pour la France. J’en suis ravi.

Le Covid a eu le courage de me défier. Mauvaise idée.

Siffez, sifflez ! C’est le plus grand moment de votre année en me regardant.

Cette dernière phrase, il l’a prononcée hier soir à San Siro, pour répondre aux sifflets des supporters du Hellas Vérone, présents au stade. Une ultime sortie à l’image du personnage.

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