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NBA : Brooklyn, nouvelle capitale du « small ball » ?

Tanguy Le Jeune

Publié le

NBA : Brooklyn, nouvelle capitale du "small ball" ?
Photo Sarah Stier / Getty Images / AFP

NBA – Cette saison, et surtout depuis le départ de Jarrett Allen, les Nets ont un effectif avec de nombreux joueurs mobiles et polyvalents. Hormis DeAndre Jordan dans la raquette, presque tous les joueurs des Brooklyn Nets sont faits pour le small ball. Décryptage et analyse du small ball en NBA et de son utilisation par les Nets. 

Le small ball, c’est quoi ?

Depuis quelques années désormais, on entend souvent parler de small ball dans les débats NBA. Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s’agit, voici une petite session de rattrapage avant d’entrer dans le vif du sujet. Rendu populaire par les Golden State Warriors ces dernières années, ce style de jeu a changé la Ligue. Le small ball, c’est principalement le fait de jouer avec des joueurs très mobiles et d’assez petite taille, même si cette dernière condition n’est pas obligatoire et une fin en soi. En effet, ce système de jeu privilégie le mouvement, le jeu extérieur, la multiplication des écrans, et surtout la polyvalence. Par ailleurs, il n’est pas seulement utilisé en attaque, mais a aussi son importance en défense.

Pour illustrer cela, prenons quelques exemples. Dans les équipes étiquetées « small ball », il n’y a pas réellement de Big Men, à l’image de Shaquille O’Neal ou de Rudy Gobert par exemple. En effet, le fait d’avoir de trop lourds et trop grands joueurs enlève de la mobilité à l’équipe. Et face à une autre équipe small ball qui multiplie le jeu extérieur et les systèmes à plusieurs écrans, ces joueurs se retrouvent souvent débordés, trop lents pour pouvoir défendre efficacement. Des pivots comme Jokic ou Embiid sont, quant à eux, plus à même de s’inscrire dans ces systèmes. Effectivement, ces deux joueurs possèdent un bon shoot qui leur permet de multiplier les attaques. L’atout principal du small ball, c’est donc la polyvalence : il faut pouvoir changer de marquage en cas d’écran et ainsi retrouver un pivot pour défendre sur un arrière par exemple.

Les Brooklyn Nets, nouveaux adeptes du small ball ?

Avec Harden, Irving, Harris et Durant dans leur 5 majeur, les Nets sont particulièrement polyvalents sur le terrain. En effet, Harden et Irving sont deux joueurs dangereux à l’extérieur qui peuvent shooter, crosser et driver en attaque. Ce profil leur permet de pouvoir créer des tirs n’importe où, n’importe quand et avec de la réussite. Durant, quant à lui, a un jeu si diversifié qu’il peut aussi défendre et attaquer face à n’importe quel joueur, que ce soit des pivots ou des meneurs. Harris entre, lui aussi, dans cette dynamique avec son excellent shoot extérieur notamment. Avec tous ces profils, les Nets possèdent une ribambelle de possibilités en attaque, sans pour autant favoriser le jeu au poste. Le nouveau Big 3 des Nets est tout aussi dangereux à 3 points qu’après un drive dans la raquette.

Le profil de DeAndre Jordan est, cependant, quelque peu différent. En effet, c’est un joueur très grand qui fait 120 kg et qui domine la raquette à son habitude. La mobilité qu’il possède est donc grandement réduite par rapport à Draymond Green des Warriors par exemple. Mais, ce n’est pas pour autant que le pivot des Nets ne possède pas une utilité dans ce système. En effet, c’est toujours un atout pour capter des rebonds mais aussi pour poser des écrans efficaces qui permettent aux autres de se démarquer, et de prendre des shoots ouverts. Alors même si son profil n’est pas étiqueté small ball, Jordan reste tout de même un atout considérable pour cette équipe. Ses 5 petits points de moyenne témoignent notamment d’une utilisation moins importante qu’à l’accoutumée. Il reste, cependant, très important dans le 5 majeur.

Les équipes dites small ball toujours titrées ?

Si l’on regarde bien sur les dernières saisons, toutes les équipes titrées ces dernières années s’inscrivent dans ce schéma. Que ce soient les Warriors, les Raptors ou les Lakers, chacune de ces équipes était en mesure d’aligner au moins 4 joueurs à l’aise à longue distance. Avoir des Big Men qui maîtrisent seulement la raquette est pénalisant, et les équipes qui en alignent deux se retrouvent grandement en difficulté. C’est aussi le problème rencontré par Utah ces dernières saisons, qui aligne un ailier fort trop faible à trois points pour pouvoir contenir les assauts répétés des équipes small ball.





Ce changement du jeu dans la Ligue a aussi modifié le regard des scouts sur les espoirs en NBA. Les franchises ne raffolent plus des pivots qui savent « juste » dunker et prendre des rebonds. Aujourd’hui, elles recherchent des pivots du style de Jokic par exemple. C’est aussi pourquoi Giannis Antetokounmpo travaille sur son shoot à 3 points depuis quelques saisons désormais. Quoi qu’il en soit, ce style de jeu est partout aujourd’hui. Les Warriors et leur adresse insolente à 3 points au temps des Splash Brothers a changé la Ligue. Ils ont rendu presque toutes les franchises dépendantes du shoot longue distance.

Tanguy Le Jeune
 

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