Qu’apporterait une Ligue 1 à 18 clubs ?
LIGUE 1 – Avec la catastrophe Mediapro et la baisse de la compétitivité au sein du championnat, certaines personnalités du football français souhaitent passer la Ligue 1 de 20 clubs à 18. Un débat qui divise mais qui pourrait voir le jour dès 2022.
18 clubs en Ligue 1 dès la saison 2022-2023 ? La rumeur prend, en tout cas, de plus en plus d’ampleur. Selon Le Parisien, le débat serait revenu sur la table lors d’un conseil d’administration de la Ligue de Football Professionnel (LFP). C’est un projet qu’avait déjà soutenu Vincent Labrune, actuel président de la LFP, en novembre dernier. Après le cataclysme financier qu’a causé Mediapro chez les clubs français, l’objectif est donc de redresser la barre. Le but de ce championnat réduit serait, sur le principe, d’accroître la part des droits télés et de faire de la Ligue 1 un championnat plus compétitif.
Mais cette réforme condamnera donc deux clubs français à quitter l’élite sans avoir la moindre certitude que ce modèle conviendrait vraiment. Si pour certains, ce projet est la solution miracle, pour d’autres, il ne montre aucune garantie et pourrait n’avoir que très peu d’impact.
Ligue 1 : la LFP réfléchit à un championnat à 18 clubs dès 2022
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Potentiellement une hausse conséquente de la compétitivité
Tout d’abord, enlever deux équipes à la Ligue 1 devrait accroître la compétitivité, et ce, pour plusieurs raisons. Actuellement, il est reproché à de nombreux club d’assurer le maintien puis de bâcler leur fin de saison. Pour cause, cette saison, les clubs situés entre la 8ème et la 15ème place n’ont plus rien à jouer en cette fin de championnat. Par exemple, Montpellier (8ème) est bien trop distancé pour espérer une qualification en Europa League alors que Strasbourg (15ème), a déjà quasiment assuré son maintien. Éjecter deux équipes de l’élite permettrait donc de réduire ce « ventre mou » et d’intensifier la course au maintien ou à l’Europe. Cette hausse de l’incertitude va donc de pair avec une hausse de la qualité. Puisque pour se maintenir ou pour assurer une place en Europe, les clubs vont devoir hausser leur niveau de jeu et non plus attendre patiemment dans le ventre mou.
De plus avec cette réforme, les effectifs pourraient compter sur des joueurs plus « huppés ». Avec deux clubs de moins dans l’élite, la concurrence serait moins forte pour recruter des joueurs et il serait donc possible de voir les effectifs se bonifier avec le temps. Enfin, moins d’équipes, c’est aussi synonyme de moins de matchs, et donc de moins d’écarts de points. Cela accentuerait donc l’incertitude et le suspense tout au long de la saison, y compris la course au titre.
Pas de certitude concernant la hausse des revenus
Mais c’est surtout économiquement que la LFP souhaite trouver son compte. Seulement, cet aspect de la réforme est beaucoup plus flou et ne présente aucune certitude. La logique voudrait qu’avec deux clubs de moins, la part des revenus des droits télés soit plus élevée pour les clubs, mais ce n’est pas certain. Tout simplement, car il n’est absolument pas garanti qu’avec des équipes en moins, et donc des matchs en moins, les diffuseurs achèteraient les droits plus chers ou à un prix similaire. C’est pourtant l’objectif de Vincent Labrune & co qui misent sur la potentielle hausse de l’incertitude et de l’enjeu. Pour eux, cette hausse du suspense et de la qualité va susciter plus d’intérêt de la part des fans de foot, un motif suffisant pour demander plus d’argent aux diffuseurs potentiels.
D’un autre coté, il est vrai qu’en éjectant deux équipes, le nombre de matchs va baisser, certes, mais ce ne sont pas principalement de « gros chocs » de la Ligue 1 qui vont disparaître. Mais, ces rencontres en moins sont aussi des revenus en moins. Par exemple, pour le PSG, Marseille ou Lyon, ce sont entre 500 000 et 2 millions d’euros qui rentrent dans les caisses à chaque rencontre (hors Covid-19). Si pour les clubs les plus modestes, ces revenus sont évidemment bien inférieurs, cela reste de l’argent en moins dans les caisses.
Enfin, pour certains, la descente en division inférieure peut aussi être bénéfique. Pour eux, il vaudrait mieux vivre en Ligue 2, avec un budget inférieur, que de mourir en Ligue 1 en croulant sous les dettes, à l’instar de Bordeaux ou Saint-Étienne. La Ligue 1 va-t-elle faire sa révolution ? Affaire à suivre.


