Micheline Ostermeyer, athlète et virtuose
Micheline Ostermeyer est une ancienne athlète française ayant décroché deux médailles olympiques et sept médailles d’or en France dans sept disciplines différentes. C’est également une pianiste renommée.
« Douce, paisible, effacée, à l’opposé de toutes celles qui jouent les stars après avoir gagné un titre ou deux ». (André Halphen printemps 2003)
Micheline Ostermeyer est née le 23 décembre 1922 à Rang-du-Fliers dans le Pas-De-Calais et est décédée le 17 octobre 2001 à Blois-Guillaume.
La petite nièce du célèbre écrivain Victor Hugo a découvert sa première passion, le piano en Tunisie lors de l’occupation. Elle y a préparé son entrée au Conservatoire de Paris grâce à l’aide de Lazare-Lévy. Elle a aussi découvert, mais cette fois-ci grâce à l’aide de son père, le sport avec, dans un premier temps, le basket-ball et puis dans un second temps sa deuxième passion, l’athlétisme.
En parallèle de cette carrière de pianiste, Micheline Ostermeyer pratique toujours le sport
Dans un temps d’après-guerre où le sport féminin n’était qu’à son aube, la jeune virtuose a su se construire un palmarès impressionnant et complet. Trois médailles olympiques (dont deux d’or), deux médailles aux championnats d’Europe, treize titres de championnes de France dans sept disciplines différentes (60 et 80 m haies, 4 x 100 m, saut en hauteur, lancer de poids, lancer de disque et pentathlon) durant lesquelles elle bat un total de dix-neuf record national (un au 80 m haies et au saut en hauteur, dix au lancer de poids, quatre au lancer de disque et trois au pentathlon).
Dès la fin de la guerre, elle se mit donc à préparer les jeux de Londres où elle a bénéficié de trois chambres, une où elle logeait avec son piano pour préparer le concours du Conservatoire et deux autres laissés vides, car personnes n’aurait pu y dormir la jeune pianiste s’entraînant en dehors du sport cinq à huit heures par jours sur son piano.
En 1948, la réussite fut totale. En effet, elle gagna d’une part deux médailles d’or (lancer de poids et lancer de disque) ainsi qu’une médaille de bronze au saut en hauteur. D’une autre part, elle remporta le premier prix du Conservatoire de Paris.
En 1950 elle participe aux Championnats d’Europe à Bruxelles, elle renoncera cependant à l’épreuve de pentathlon à cause d’une blessure au genou. Elle remporta cependant malgré ce handicap la médaille de bronze au 80 mètres haies et au lancer de poids.
La retraite de Micheline Ostermeyer
Elle arrêta la compétition sportive en 1951 après seulement neuf sélections en équipe de France A pour se consacrer exclusivement à la musique dans une carrière de concertiste qu’elle exercera avec talent jusqu’à la fin de ses jours.
Elle est immortalisée dans le geste du lancer du disque grâce à une statue en bronze de Jacques Gestalder érigée à l’INSEP. En 2004 le Trophée Micheline Ostermeyer est créé, ce trophée est attribué chaque année par l’association « Les amis de l’INSEP » à un sportif de haut niveau qui, comme Micheline Ostermeyer l’a fait, s’inscrit dans une double réussite. Le trophée est une petite réplique de la statue de bronze érigée en bordure du stade d’athlétisme Gilbert-Omnès de l’INSEP.
Elle fut également sacrée Chevalière de la Légion d’honneur en 1992 grâce à l’intervention de Nelson Paillou.
Micheline Ostermeyer est donc une sportive importante, ayant marqué les esprits par la réussite d’une double carrière en tant que sportive de haut niveau et pianiste renommé, mais également car c’est l’une des premières femmes à remporter l’or.


