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Enquête

Effractions digitales #3 : la transformation de la performance sportive

Tom Compayrot

Publié le

effractions digitales

Le succès du web 2.0, apparu à l’aube du XXIe siècle, a permis au sport de développer un phénomène tout aussi récent que passionnant : le sport 2.0. Au travers d’exemples précis, nous allons voir comment les effractions digitales ont modifié le comportement de tous les acteurs du sport et comment est envisagée cette transformation.

Si le terme « effraction » est utilisé principalement pour caractériser un cambriolage ou un vol, il peut très bien se faire sa place dans l’univers du sport 2.0. Pour comprendre ce qu’ont à faire les effractions digitales dans le sport, il faut revenir à la définition-même du terme effraction : « Action de briser avec violence une clôture pour pénétrer quelque part sans en avoir l’autorisation ». Dans le domaine du sport, une effraction peut s’illustrer dans tout ce qui touche à la performance sportive. Car pour améliorer ses performances, un sportif, qu’il soit amateur ou professionnel, doit appliquer un suivi très précis sur ses capacités physiques. Et ce suivi passe très souvent par le digital, car il s’effectue par le biais d’appareils, d’applications ou de sites web. Que ce suivi soit purement sportif (relevé chronométrique de chaque course pour un athlète par exemple) ou médical (rythme cardiaque, calories brûlées…), dans tous les cas le numérique s’insère dans notre intimité et crée ainsi des effractions digitales. Deux cas d’effractions digitales dans la performance sportive se démarquent ainsi :

  • Le sportif professionnel : le sportif professionnel est un cas à part puisqu’il doit avoir un suivi très détaillé. Dans le but d’une performance sportive qui est obligatoire, le professionnel laisse donc le numérique entrer dans son intimité. Il abandonne son corps au digital, qui peut sonder, chercher, vérifier, analyser toutes les informations nécessaires. Dans le cas d’un athlète par exemple, son entraînement est planifié et contrôlé par des outils digitaux afin d’optimiser la performance et réduire le risque. Il subit aussi un suivi médical très poussé, par le biais de capteurs et d’outils connectés. Et cette effraction du digital dans le corps humain peut poser un réel problème éthique. Car sous prétexte que le numérique apporte une valeur ajoutée au sportif, ce dernier doit-il le laisser entrer dans son intimité physique ? Doit-il laisser ces outils récupérer toutes ses données personnelles, sans savoir ce qu’elles deviennent après ? Car derrière le terme « numérique », ce sont bien des multinationales qui se cachent et collectent toutes les données récoltées auprès du sportif afin de les stocker pour alimenter un marché de la « data » déjà très développé. Des entreprises qui privilégient bien sûr le profit au dépend de l’éthique. Le cas du sportif professionnel est ainsi très complexe, car ce dernier a tendance à être omnibulé par l’amélioration de sa performance, sans pour autant s’inquiéter des effractions digitales qu’il subit et des conséquences qui peuvent en découler.
effractions digitales

Les sportifs sont de plus en plus connectés pendant leur performance sportive, et cela conduit à des effractions digitales non sans conséquences

  • Le sportif amateur : le cas du sportif amateur est bien différent car il n’a pas de performance sportive obligatoire, sauf bien sûr s’il poursuit un objectif personnel. Mais même dans ce cas, il ne subit pas les pressions du monde professionnel qui nécessitent des grosses performances et rapidement. Ils n’ont donc pas de suivi au gramme ou au centilitre près, comme peut l’avoir un sportif pro. Pourtant, de plus en plus de sportifs amateurs tombent aussi dans le digital pour aider au sport. C’est notamment le cas des « joggeurs » qui utilisent quasiment tous un outil numérique pour les accompagner pendant leur course. Que ce soit une montre connectée ou même leur smartphone, les joggeurs sont de plus en plus connectés. Et eux aussi sont les cibles d’effractions digitales. Au même titre que les professionnels, les applications qu’ils utilisent collectent des données personnelles, qu’elles soient sportives ou médicales. Et le même problème éthique se pose que pour les professionnels.

 

En résumé, en plus des réseaux sociaux, le sportif peut subir des effractions digitales dans la transformation de sa performance sportive par le numérique. Une chose qui ne doit pas être laissée de côté, et dont le sportif devra se méfier.

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