Effractions digitales #1 : l’ère de la gestion de carrière numérique 1/2


Le succès du web 2.0, apparu à l’aube du XXIe siècle, a permis au sport de développer un phénomène tout aussi récent que passionnant : le sport 2.0.
Au travers d’exemples précis, nous allons voir comment les effractions digitales ont modifié le comportement de tous les acteurs du sport et comment est envisagée cette transformation.

 

26 avril 2018, alors que l’Olympique de Marseille affronte le Red Bull Salzbourg en demi-finale aller d’Europa League, Thomas Meunier, latéral droit du PSG, like sur Twitter une photo représentant les tifos du club phocéen durant l’avant-match. La suite ? Une querelle durant laquelle Meunier va devoir justifier son attachement au club de la capitale, ce simple « coup de pouce » ne remettant, selon lui, en aucun cas son amour et son implication au Paris Saint-Germain. Face à lui, le Collectif Ultra Paris (CUP) dénonce le non-respect des traditions du PSG et de la rivalité entre les deux clubs, exacerbée cette saison par le parcours européen des Marseillais. Ajoutons à cela une concurrence imposée, et imposante, de Daniel Alves sur le côté droit cette année, et Meunier songerait sérieusement à quitter un club qu’il aime plus que tout.

Au-delà du débat de qui a tort ou raison dans cette histoire, la symptomatique est la suivante : d’un simple « like », d’une simple pression du doigt, Thomas Meunier a réussi à se mettre à dos une importante partie de ses supporters, lui, le joueur tant apprécié pour ses qualités sur et en dehors du terrain autant que pour sa communication loin d’être superficielle.

Le phénomène n’est pas nouveau, encore moins au Paris Saint-Germain. En février 2016, Serge Aurier dérape et insulte violemment ses coéquipiers et son entraineur (Laurent Blanc) sur le réseau social Périscope, menant sa carrière à Paris vers le précipice.
L’an passé, en mars, Hatem Ben Arfa tente de sauver sa place au PSG en postant sur son compte Instagram une vidéo aussi drôle que maladroite. Il en postera une autre en juillet 2017 et passera la saison au placard.

Les exemples sont innombrables : que l’on parle du « Se queda. » de Gerard Piqué sur Twitter cet été concernant le départ de Neymar ; aux likes de Benzema sur les photos retouchées par Booba sur Instagram ; à la provocation de Lance Armstrong en novembre 2012 lorsqu’il s’affiche avec ses maillots jaunes du Tour ; aux insultes récurrentes de Pierre Ménès sur Twitter, la liste des acteurs du sport ne maîtrisant pas leur communication sur les réseaux sociaux semble s’allonger sans cesse, quelle que soit l’âge, quelle que soit la raison et la motivation.

 

Comment y remédier ?

Si cette méthode de communication encore nouvelle ne semble pas être maîtrisée de tous, c’est avant tout parce que les sportifs, anciens sportifs ou personnages médiatiques ne sont pas formés pour. Nous sommes encore dans la phase d’apprentissage, celle où l’acteur sportif est naïvement laissé sur son téléphone, tel un certain président des États-Unis prenant régulièrement de court tout son staff.

La sensibilisation et l’éducation des jeunes sportifs sur les réseaux sociaux se met peu à peu en place mais il se pourrait qu’elle ne soit pas suffisante. Aujourd’hui les acteurs du sport sont dépassés par le nombre affluent de réseaux sociaux et de moyens de communication numérique existants. Si la formation ne suffit pas, d’autres solutions existent, nous y reviendrons.

Auquel cas, les dérapages se poursuivront et donneront du grain à moudre aux journalistes et rédacteurs, eux-mêmes se faisant une joie de relayer des informations pouvant mettre à mal une carrière, ce qu’on appelle depuis peu la jurisprudence Denis Balbir.

Pour voir la 2ème partie de cet article, cliquez ici

Benjamin Douarre

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