Kevin Mayer : « Ne pas trop travailler le 1000 m, ça marche »
CH. D’EUROPE EN SALLE D’ATHLÉTISME 2023 – Kevin Mayer a remporté une troisième médaille d’or européenne en salle. Non sans mal.
Après une bonne deuxième journée, il était devant avant la dernière épreuve mais pouvait encore être battu sur le 1000 m. Malgré le chrono rapide de son concurrent norvégien Sander Skotheim, Kevin Mayer a tenu le rythme. Encouragé par son partenaire de l’équipe de France Makenson Gletty, derrière, qui lui criait de relancer au dernier 400 m.
Mais son dernier 1000 m remontait à son précédent titre en mars 2021. Interrogé sur un éventuel changement d’approche pour les prochaines compétitions, à savoir s’entraîner spécifiquement sur le demi-fond, il a répondu.
Dans le décathlon il existe 9 épreuves d’explosivité et 1 épreuve de résistance. J’ai choisi de délaisser l’épreuve de résistance pour être meilleur au sprint. Quand je suis meilleur au sprint, je suis bon sur 9 épreuves, ça fait 9 fois plus de points. Même si le stress est horrible avant, même si je n’ai aucun repère et que je suis moins fort au 1500 m et au 1000 m. Je fais ce choix de me mettre dans le mal dans la dernière épreuve pour avoir un meilleur potentiel au décathlon.
« Ne pas trop travailler le 1000 m, ça marche »
Le fait est que ça a été 7h d’attente horribles. Je ne savais pas ce que je valais, je ne savais pas ce que le Norvégien allait faire. Mais il s’avère que même sans préparation j’ai répondu présent et j’ai réussi à aller la chercher.
Je prouve encore une fois que de ne pas trop travailler le 1000 m, ça marche. Parce que même quand je rate mes premières épreuves, j’ai un certain tapis. Je me connais maintenant. J’ai tendance à être très effrayé durant l’attente mais très transcendé durant l’action. Et c’est ce qui compte dans le sport : c’est réussir à assumer ces états un peu dépressifs, ces états de stress dans l’attente parce qu’on n’est pas maître de ce qui va se passer dans le futur. Et quand ça arrive enfin dans le moment présent, réussir à agir sur ce qu’on peut faire. Et c’est ce que j’ai fait au 1000 m.
Sur son ressenti après son troisième titre européen :
Pour moi le facteur premier de ma participation à tous ces évènements c’est vraiment le plaisir. J’adore m’entrainer pour devenir plus fort et j’adore m’exprimer en compétition. C’est vraiment l’axe principal de ma motivation chaque jour pour aller sur la piste et en compétition. Mais j’avoue que dans un second plan le palmarès fait du bien ! Commencer à avoir autant de médailles d’or en championnat du monde en championnat d’Europe, d’autres aux Jeux olympiques, avoir un record du monde, ça génère en moi une certaine fierté. J’espère à travers mes performances et le plaisir que j’ai à les faire, montrer que les épreuves combinées c’est une école de la vie. Dans laquelle il y a énormément de plaisir, énormément de difficultés qui vous font vous découvrir en tant que sportif mais aussi en tant qu’humain. Et je pense devenir une meilleure personne.

