Athlétisme Europe en salle 2023 : Le bilan de l’équipe de France
ATHLÉTISME CHAMPIONNATS D’EUROPE EN SALLE 2023 – Quel bilan pour l’équipe de France après les championnats d’Europe en salle 2023 d’Istanbul ? Du bien et du moins bien. Avec un manque de cadres mais une jeune génération qui émerge.
Un manque de leaders
L’équipe de France est repartie d’Istanbul avec un total de six médailles. C’est aussi bien que la Grande-Bretagne et l’Italie. C’est mieux que l’Allemagne. Seuls les Pays-Bas et la Pologne font mieux avec 7 médailles. Mais la France ne termine que neuvième au classement des médailles. Parce qu’elle ne ramène qu’une médaille d’or. Et c’est un peu le mal récurrent de ces Bleus. Qui manquent encore d’athlètes capable de jouer l’or. À Istanbul, il a fallu que Kevin Mayer soit à la hauteur pour conquérir un titre européen. Les Bleus n’avaient, pour rappel, pas été en mesure de ramener une médaille d’or des championnats d’Europe de Munich, l’été dernier. Une compétition qu’avait abandonné le spécialiste des épreuves combinnées.
Et parmi les autres médaillés, il n’y a guère que Benjamin Robert qui a pu jouer l’or jusqu’au bout. Le spécialiste du 800 m, a été coiffé sur le fil pour trois millièmes. Trois millièmes qui auraient pu faire remonter la France à la 5e place au classement des médailles. Mais derrière, le relais 4×400 en argent, Agnès Raharolahy en bronze sur le 800 m, Azeddine Habz également en bronze sur le 1 500 m, comme Just Kwaou-Mathey sur le 60 m haies, n’ont jamais vraiment pu lutter face aux meilleurs de leur discipline. Il est vrai que Keely Hodgkinson, Jakob Ingebrigtsen ou Jason Joseph ont le profil pour aller matcher avec les meilleurs mondiaux dans leur discipline. Hodgkinson et Ingebrigtsen ayant déjà été médaillés au plus haut niveau mondial.
C’est ce qui manque actuellement à cette équipe de France, sauvée du 0 par Kevin Mayer, que ce soit aux JO de Tokyo ou aux championnats du monde à Eugene. On peut évidemment déplorer l’absence à Istanbul d’un Wilhem Belocian, champion d’Europe sortant du 60 m haies. D’un Renaud Lavillenie, toujours compétitif en grand championnat. Ou d’une Rénelle Lamote, peut-être capable de contester Keely Hodgkinson sur 800 m. Et au vu de la course suicidaire de Karsten Warholm sur 400 m, est ce qu’un Wilfried Happio n’aurait pas pu décrocher l’or ?
Mais de la densité
Maintenant, si l’équipe de France manque de leaders, il est possible que, d’ici peu de temps, une nouvelle génération prenne le lead. Car si on prend le classement de la placing table, qui prend en compte tous les finalistes, avec 8 pts pour le vainqueur, 7 pour le deuxième etc, la France remonte à la 5e place. Devant des nations comme l’Espagne, et toute proche de l’Allemagne. Et bon nombre de personnes s’accordent à dire que cette placing table a au moins autant d’importance que le classement des médailles. Car elle reflète la capacité d’un pays à placer en masse ses représentants en finale. Et donc la santé globale de l’athlétisme dans le pays. Un classement écrasé par l’Italie, dont on a vu les représentants quasiment à chaque finale ! Un impressionnante équipe d’Italie qui surfe sur ses cinq médailles d’or aux JO de Tokyo.
Placing Table
1. Italie 🇮🇹 84
2. Grande-Bretagne 🇬🇧 72.50
3. Pays-Bas 🇳🇱 69
4. Allemagne 🇩🇪 61
5. France 🇫🇷 58
6. Pologne 🇵🇱 57.50
7. Belgique 🇧🇪 57
8. Espagne 🇪🇸 52
9. Norvège 🇳🇴 45
10. Portugal 🇵🇹 41
11. Suisse 🇨🇭 37
12. République-Tchèque 🇨🇿 37https://t.co/4ytppOLKzk— MR.CARTER (@NelsonCarterJr) March 6, 2023
Et des jeunes qui montent en puissance
Au-delà de cette cinquième place, ce qui est intéressant, c’est le jeune âge de celles et ceux qui sont en finale. On pense évidemment à Just Kwaou-Mathey. 3ème et qui s’offre déjà sa deuxième médaille à seulement 23 ans. Mais aussi la jeunesse de Victor Coroller et Téo Andant. Qui ont couru dans le relais 4×400 m français argenté.
Ethan Cormont, Laëticia Bapté et Margot Chevrier terminent pour la première fois de leur carrière finalistes (Top 8), tous cinquièmes de leur épreuve. Le premier cité est né en 2000. Bapté et Chevrier sont nées en 1999. Et confirment petit à petit leurs progrès, passant de bons au niveau français à compétitifs sur la scène européenne. Et pour un Ethan Cormont et une Margot Chevrier, cela veut dire peser sur les débats au niveau mondial.
On n’oublie pas un Sasha Zhoya absent, né en 2002. Une Léonie Cambours, née en 2000. Qui n’aurait pas fait tâche au pentathlon sans sa blessure, qui l’a contrainte à l’abandon. On peut penser que tous les noms cités sont encore en pleine phase de progrès et seront encore meilleurs dans les années à venir. Mais le souci, c’est que les JO de Paris arrivent dans moins de 18 mois et que nos Français ne seront à leur apogée qu’à l’olympiade suivante. Et c’est dommage.



