Dopage : Comme Simona Halep, ces sportifs positifs qui se disent victimes d’une contamination
DOPAGE – Directeur du laboratoire de toxicologie du CHU de Garches, Jean-Claude Alvarez a défendu Simona Halep, contrôlé positive et suspendue quatre ans, en invoquant une contamination à un produit. Une ligne de défense utilisée par d’autres sportifs par le passé, mais qui n’a jamais abouti à l’innocence de la personne concernée. Retour sur quelques cas emblématiques.
Simona Halep vient d’écoper de quatre années de suspension, pour avoir été contrôlée positive, lors du premier tour de l’US Open 2022, au Roxadustat, un médicament à la base prévu pour les patients atteints d’anémie (une baisse anormale du taux de globules rouges dans le sang), et qui permet d’envoyer l’information au corps humain qu’il ne produit pas assez d’EPO, protéïne qui permet d’augmenter le taux d’hématocrite. Dans L’Équipe, Jean-Claude Alvarez, directeur du laboratoire de toxicologie du CHU de Garches et qui a analysé les cheveux de la Roumaine, dénonce la suspension de l’ancienne numéro une mondiale. Le professeur français évoque une contamination liée à la poudre de collagène (une protéine qui a une action pour la fermeté de la peau, utilisé dans de nombreux produits cosmétiques). Ce n’est pas la première fois qu’un sportif évoque la contamination, pour expliquer un contrôle positif.

Le cas le plus récent : Paul Pogba et le complément alimentaire
Contrôlé positif un précurseur des testostérones le 20 août dernier, après le match de Serie A ayant opposé son club de la Juventus Turin à l’Udinese (3-0), le milieu de terrain français Paul Pogba risque une lourde suspension, qui pourrait précipiter la fin de sa carrière, lui qui est âgé de 30 ans. Le Français, d’après les informations du journal L’Équipe paru ce mercredi matin, n’a pas nié ce contrôle positif. Il a reconnu également avoir consommé un complément alimentaire et a lui-même apporté des échantillons de la substance. Le champion du monde 2018 plaide donc la négligence et le caractère involontaire du dopage. Reste à savoir si l’ancien joueur de Manchester United parviendra à convaincre et se faire innocenter.

Le cas le plus emblématique : Alberto Contador et le steak contaminé
Vainqueur du Tour de France 2009, Alberto Contador remet en jeu sa couronne sur le Tour de France 2010. Malgré les assauts d’Andy Schleck et sans gagner la moindre étape, l’Espagnol parvient alors à remporter la Grande Boucle pour une troisième fois. Mais, coup de théâtre, le 30 septembre 2010, on annonce qu’il a été contrôlé positif au Clenbutérol (un produit à effet bronchodilatateur, mais qui est aussi un brûleur de graisse), lors de la course. Des résidus de plastique sont aussi détectés dans son urine. Ouvrant la porte à une suspicion de transfusion sanguine.
L’Espagnol va se défendre, en invoquant une contamination alimentaire, par le biais d’un steak avarié (cas unique que peut arriver des molécules de clenbuterol dans la viande). Dans un premier temps, il va obtenir gain de cause et est autorisé à courir en début de saison 2011. Il gagnera même le Giro, avec deux victoires d’étape. Avant de défendre sa double couronne sur le Tour, sans succès, terminant alors à la 5e place de la Grande Boucle. Finalement, le 6 février 2012, le Tribunal Arbitral du Sport prononce une suspension rétroactive de deux ans. Alberto Contador perd le Tour de France 2010 et le Giro 2011 sur tapis vert. Il pourra reprendre la compétition dès août 2012. Il remportera la Vuelta quelques semaines plus tard avant de récidiver en 2014. Il glanera également le Giro 2015. Mais ne parviendra jamais à remonter sur le podium d’un Tour de France.
Celui qui s’en est le mieux sorti : Richard Gasquet et le bisou cocaïné
En cas d’appel, Simona Halep peut avoir l’espoir de vivre le même sort que Richard Gasquet. En effet, le 9 mai 2009, on apprend que le Biterrois a subi un contrôle positif à la cocaïne, en marge du Masters 1000 de Miami, en mars 2009. Il est alors suspendu provisoirement. La défense du Français est simple. Selon lui, un baiser avec une fille qui a consommé cette substance OU la consommation involontaire en buvant dans un verre sont à l’origine du contrôle positif. Le monde du tennis, dont Rafael Nadal, prend la défense du Français.
La Fédération Internationale de Tennis va reconnaître le caractère accidentel. Il écope de deux mois et demi de suspension, de façon rétroactive. Il pourra reprendre tout de suite le tennis. Une condamnation symbolique et confirmée en appel par le TAS. Il reviendra pour l’US Open de la même année.


