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Rugby à XV

Toulouse – UBB : Des duels au sommet dans cette finale inédite

Louis Bouchardon

Publié le

Toulouse - UBB Des duels au sommet dans cette finale inédite
Photo Icon Sport

TOP 14 2023/2024 – Ce soir au stade Vélodrome de Marseille, le Stade Toulousain et l’Union Bordeaux-Bègles s’affrontent en finale du Top14. Une affiche inédite avec de chaque côté des joueurs de classe mondiale. Si la victoire sera collective et si le match Ntamack vs Jalibert risque de cristalliser toute l’attention, plusieurs duels seront déterminants dans la quête du Bouclier de Brennus. Voici les principaux matchs dans le match.

Antoine Dupont vs Maxime Lucu : Les chefs d’orchestre

Au vu de l’influence qu’ont ces deux joueurs sur leur équipe, ce duel s’annonce des plus décisifs. D’autant que leur poste de demi de mêlée est primordial dans la construction du jeu. 

Antoine Dupont du côté toulousain, que l’on ne présente plus, ne passe jamais à côté de ce genre de rendez-vous. (Passe-t-il d’ailleurs à côté de n’importe quel match ?) Le joueur de 27 ans a déjà joué 5 finales dans sa carrière et les a systématiquement remportées (3 Top 14 en 2019, 2021 et 2023, et 2 Champions Cup en 2021 et 2024, seule finale perdue en 2014 en Crabos avec Auch contre le Racing). Le capitaine toulousain aura donc l’avantage de l’expérience sur la gestion d’un tel événement. 

Sa large palette de qualités – qu’il continue à faire évoluer sur le circuit à sept – mène souvent son équipe vers le succès. Par ses longues passes précises, son jeu au pied efficace (et des deux pieds), son abattage défensif et ses grattages, ses prises d’intervalles et ses duels remportés (38 plaquages cassés en 13 rencontres de Top 14), sa capacité à faire jouer autour de lui (28 offloads cette saison en Top 14, 3ème dans ce classement), Antoine Dupont est tout simplement le principal détonateur toulousain. 

Le seul petit bémol à mettre à son actif, pourrait se situer entre ses deux oreilles, au vu de sa dernière sortie prématurée dans ce Stade Vélodrome, à cause d’une grave blessure subie contre la Namibie en Coupe du Monde (fracture maxillo-zygomatique suite à un choc au visage). C’est également dans ce stade que l’ancien castrais a récolté son seul carton rouge de sa carrière (contre l’Afrique du Sud). Mais pas certain que cela ne dérange outre mesure le meilleur joueur du monde 2021.

De l’autre côté de la mêlée, on retrouve Maxime Lucu, le remplaçant d’Antoine Dupont en équipe de France. Leader sur et en dehors du terrain à Bordeaux, la performance du joueur de 31 ans sera scrutée de près. Si l’UBB veut toucher le bout de bois, cela passera par une grande performance de son numéro 9. Car Maxime Lucu est le baromètre de son équipe et contrairement à son vis-à-vis, il n’a aucune expérience dans ce genre de rencontres. 





Première finale pour l’Union Bordeaux-Bègles et première finale pour le natif de Saint-Jean-de-Luz. Aucun doute sur son engagement physique en défense, ce seront surtout ses sorties de camp au pied ainsi que son taux de réussite face aux perches qui seront cruciaux. Il partagera ce rôle de buteur avec Matthieu Jalibert, finalement titulaire. Avec la ligne de trois-quarts de feu follet derrière lui, doit-il accélérer le jeu pour mettre la zizanie dans la défense adverse, ou au contraire ralentir le tempo avec des jeux au pied de pression ? Le rythme choisi par le chef d’orchestre bordelais sera capital. Car face au grand Stade Toulousain, en finale, la partition doit être parfaite. 

Avantage Antoine Dupont.

Pita Ahki vs Yoram Moefana : De l’électricité dans l’air

Au centre du terrain, le duel entre Pita Ahki et Yoram Moefana fera des étincelles. Souvent utilisés comme point de fixation, les deux numéros 12 devraient se croiser régulièrement lors de cette finale, avec l’objectif de gagner la ligne d’avantage et de fixer la défense adverse. 

Pita Ahki, le Tongien d’origine néo-zélandaise, est un joueur qui prend moins la lumière que certains de ses coéquipiers, mais son activité est pourtant essentielle dans le jeu toulousain. Titulaire à 22 reprises cette saison, le centre casqué s’est rendu indispensable. La preuve irréfutable est que Pita Ahki fait partie des quatre joueurs Toulousains à avoir démarré les cinq dernières finales du club (avec Dupont, Baille et Cros). À 31 ans, le Tongien aura également l’avantage de l’expérience sur le jeune Yoram Moefana, 23 ans. 

Mais le Bordelais a des qualités à faire valoir. Branché sur pile électrique, le centre du XV de France est très difficile à arrêter. Régulièrement dans l’avancée, il est utilisé comme joueur perforateur, un temps avant de lancer les gazelles bordelaises. Grâce à son explosivité, il est capable de faire des différences (32 plaquages cassés en Top 14 cette saison). Premier joueur né après 2000 à être sélectionné en équipe de France, le Calédonien compte déjà 25 sélections avec les Bleus. Mais demain à Marseille, il s’apprête à vivre sa première finale de Top 14. 

Avantage offensif Yoram Moefana, avantage défensif Pita Ahki.

LBB/Penaud vs Mallia/Kinghorn : Opposition de styles sur les ailes 

Les ailiers bordelais sont de véritables facteurs X, capables de décanter une situation en solitaire. Le moindre espace laissé libre sera exploité par les deux flèches françaises. Avec 14 essais en 15 rencontres de Top 14, Damian Penaud est le deuxième meilleur marqueur du championnat derrière Baptiste Couilloud (17 essais). Louis Bielle-Biarrey a lui inscrit cinq essais, et continue de franchir les paliers à vitesse grand V. 

Côté Toulousain, Juan Cruz Mallia et Blair Kinghorn ne sont pas de purs ailiers, mais des joueurs capables d’évoluer à tous les postes sur la ligne arrière. Une polyvalence remarquable qui rend le triangle arrière toulousain très complet (même si Mathis Lebel peut également entrer dans la danse). Moins rapides et donc moins enclins à faire des percées que leurs homologues bordelais, Mallia et Kinghorn (souvent à l’arrière) sont plus sûrs sous les jeux au pied de pression. Avec ce quatuor, chaque ballon aux ailes, fera parcourir un vent de frisson sur le Stade Vélodrome.

Pas d’avantage

Alexandre Roumat vs Tevita Tatafu : Les Grands huit aux antipodes

Voilà deux joueurs très influents que tout oppose. Alexandre Roumat, au style félin et aérien face à Tevita Tatafu, au physique destructeur et doté d’une puissance exceptionnelle. Le miel ou la confiture. Deux activités débordantes pour deux troisièmes lignes efficaces en défense qui commettent peu de fautes. L’opposition se trouve surtout sur l’aspect offensif. Le premier est précieux dans le secteur de la touche et jongle avec le cuir avec une aisance de funambule. Le second attaque énormément le rideau adverse, avec un impact retentissant (78 plaquages cassés, seuls Attissogbé et Moala ont fait mieux cette saison). 

Aucun avantage.

Maxime Lamothe vs Peato Mauvaka : Les talonneurs modernes

Malgré la forte concurrence à leur poste, les deux joueurs ont su s’imposer comme titulaires. Tous deux précis sur leurs lancers en touche, ils sont également très complets dans le jeu courant. Titulaire en finale de Champions Cup contre le Leinster, Peato Mauvaka a un avantage certain au niveau de l’expérience de match couperet. Maxime Lamothe découvre, à 25 ans, ce parfum enivrant de finale. 

Le Toulousain est plus dynamique ballon en mains que son opposant et possède quelques skills que peu de talonneurs ont dans leur palette. Mais le Bordelais, qui a récemment prolongé avec son club, ne cesse de monter en puissance et entre doucement dans les radars. Auteur d’un doublé en demi-finale contre le Stade Français, et d’un autre en barrage contre le Racing, Maxime Lamothe est désormais un leader du paquet d’avants girondin. 

Avantage Mauvaka. 

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