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Formule 1

Verstappen vs Norris : Rattraper 52 points en six Grands Prix, cela a-t-il été déjà réalisé ?

Théo Gripon Auer

Publié le

Verstappen vs Norris Rattraper 52 points en six Grands Prix, cela a-t-il été déjà réalisé
Photo Icon Sport

F1 2024 – Six Grands Prix à disputer et un retard de 52 points à combler sur Max Verstappen (Red Bull), le leader du classement général. Voilà l’immense défi qu’attend Lando Norris (McLaren) pour priver le Néerlandais d’un quatrième sacre consécutif et s’offrir à, bientôt 25 ans, un premier titre de champion du monde.

En moyenne, cela revient à combler un retard de plus de huit points par week-end de course. En cas de victoire sur les six derniers Grand Prix, les trois courses sprint restantes et en récupérant tous les points du meilleur tour en course, Lando Norris inscrirait, à minima, 51 points de plus que Max Verstappen, si ce dernier se classe second à chaque course.

En d’autres termes, le pilote McLaren n’a pas son destin entre les mains. Aussi rapide qu’il soit, il lui faut espérer une défaillance de son rival néerlandais qui, lui, doit « simplement » se classer juste derrière la monoplace estampillée du n°4 s’il souhaite conserver sa couronne.

Avec le barème actuel de points, aucun pilote n’a comblé un tel retard

Les résultats des précédentes saisons ne plaident pas non plus en faveur de Lando Norris. Depuis 2010 et l’instauration du barème de point actuel, où la victoire vaut 25 points et les dix premiers sont récompensés, aucun pilote n’est parvenu à devenir champion du monde après avoir accumulé 52 points de tard à six Grands Prix du terme.

Au jeu des revirements de situation, la palme d’or est à remettre à Sebastian Vettel lors de la saison 2010. Un championnat haletant jusqu’au dernier Grand Prix, au départ duquel quatre pilotes étaient encore à la lutte pour le titre de champion du monde.

Le jeune pilote allemand, lui, comptait encore 31 points de retard sur le leader Lewis Hamilton, à l’aube des six derniers Grands Prix de la saison. Sebastian Vettel figurait à la troisième place du classement général avec 151 points inscrits, devancé par le futur septuple champion du monde et Mark Webber. Possédant respectivement 182 et 179 points au compteur, les deux pilotes anglophones semblaient partis pour se disputer le titre mondial.

Mais les coups du sort et le talent naissant du pilote allemand rebattaient les cartes. Lewis Hamilton enchaînait deux abandons à Monza et Singapour, Mark Webber ne parvenait à retrouver le chemin de la victoire et Sebastian Vettel l’emportait à deux reprises, au Japon et au Brésil. Auteur d’une fin de saison tonitruante, Fernando Alonso venait se mêler à la lutte grâce à ses trois victoires acquises en Italie, à Singapour et en Corée du Sud. Avant l’ultime manche de cette saison 2010, l’ordre au classement général était totalement chamboulé. Lewis Hamilton avait dégringolé au quatrième rang, Alonso occupait la première place et Mark Webber la seconde. Sebastian Vettel, lui, restait en embuscade à la troisième place. Il n’avait désormais plus que 15 points de retard sur la tête du championnat, désormais occupée par le pilote espagnol.





Quinze points que Sebastian Vettel parvenait à effacer sur le tracé du Grand Prix d’Abou Dabi, dernier acte de la saison. Impérial tout au long du week-end, Sebastian Vettel s’élançait en pole et conservait sa place jusqu’au drapeau à damier. Derrière, Fernando Alonso, parti troisième et dont une cinquième place lui suffisait pour glaner une troisième couronne, était pris au piège par le jeu des arrêts au stand. Les gommes neuves chaussées, le pilote Ferrari ressortait en onzième position, derrière un Vitaly Petrov qu’il ne parvenait à doubler. Bloqué dans les échappements de la Renault du pilote russe, Fernando Alonso restait ainsi jusqu’au drapeau à damier et voyait les lauriers s’envoler. Se poser sur la tête d’un surdoué allemand qui, à 23 ans, devenait le plus jeune champion du monde de l’histoire de la F1.

De 31 points de retard à six Grands Prix du terme de cette saison 2010, Sebastian Vettel l’emportait avec quatre points d’avance sur Fernando Alonso. Trente-cinq points de repris lors des six dernières manches, aucun autre pilote ne s’est adjugé le titre d’une telle manière, depuis l’ère de la victoire à 25 points.

En 1981, Nelson Piquet réalisait un exploit similaire

Si aucun pilote n’est parvenu, avec le barème de points actuel, à combler un retard de 52 points à six Grands Prix du terme de la saison, la prouesse que doit réaliser Lando Norris est comparable à celle de Nelson Piquet, en 1981.

À 29 ans, le pilote brésilien décrochait le premier de ses trois sacres au terme d’une éblouissante fin de saison. À six Grands Prix de la fin, Nelson Piquet accusait encore un retard de 17 points sur l’Argentin Carlos Reutemann (43 – 26). Les deux pilotes totalisaient deux victoires chacun, mais Nelson Piquet payait ses quatre abandons en neuf Grand Prix. Carlos Reutemann, lui, avait connu une telle mésaventure qu’à une seule reprise.

La donne s’inversa lors des six derniers Grand Prix. Nelson Piquet termina toutes les dernières courses de la saison dans les six premiers, avec une victoire en prime et deux podiums. Carlos Reutemann, lui, abandonnait à deux reprises et ne grimpait qu’une seule fois sur la boîte. Au bilan comptable, le Brésilien remportait son premier titre mondial pour un petit point devant Carlos Reutemann (50-49). Nelson Piquet avait inscrit 18 points de plus lors des six derniers Grand Prix, à une époque où la victoire valait neuf points et que seuls les six premiers étaient récompensés.

En utilisant le barème de points actuel, l’exploit de Nelson Piquet est équivalent à ce que doit réaliser Lando Norris pour briguer une première couronne mondiale. À six Grands Prix de la fin, le pilote brésilien aurait accusé, lui aussi, un retard de 52 points sur Carlos Reutemann.

Lors des six dernières manches de cette saison 1981, Nelson Piquet aurait glané 86 points avec le nouveau barème, en se classant 1e, 3e, 2e, 6e, 5e et à nouveau 5e des six dernières courses. Carlos Reutemann, lui, payait ses deux abandons et n’aurait récolté que 31 points.

Grâce au barème actuel, Nelson Piquet aurait ainsi inscrit 55 points de plus que son rival lors des six dernières manches. Suffisant pour l’emporter et devancer le pilote Williams de 3 points (167 contre 164, si on applique le nouveau barème) au classement général.

Le défi qu’attend Lando Norris n’est donc pas irréalisable et Nelson Piquet l’a prouvé par le passé. Bien que le pilote britannique surfe actuellement sur une excellente dynamique, cela reste insuffisant pour espérer bouleverser le classement général. Au cours des six derniers Grands Prix disputés, Lando Norris s’est imposé à deux reprises et comblé un retard de 32 points sur Max Verstappen. Plus d’un tiers du chemin est parcouru, mais il lui reste autant de Grand Prix pour réaliser les deux tiers restants et détrôner celui que l’on estimait indétrônable.

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