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Champions Cup : Pendant ce temps-là, les clubs anglais sont (aussi) en grande difficulté

Etienne Goursaud

Publié le

Champions Cup Pendant ce temps-là, les clubs anglais sont (aussi) en grande difficulté
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CHAMPIONS CUP 2024-2025 En difficulté en Champions Cup, le rugby anglais connaît un réel problème structurel. Qui se traduit aussi sur le plan financier.

Seul Northampton surnage

Cette Champions Cup 2024-2025 fait beaucoup parler en ce moment. Le cas des franchises sud-africaines a suscité énormément de débats. Par leur faiblesse, voire une certaine non-implication dans la compétition. Mais un autre phénomène est plus qu’observable sur cette phase de poules et ces quatre premiers matchs de compétition. Les équipes anglaises sont en grande difficulté. Forcément, la déroute de Leicester face au Stade Toulousain (80-12), lors de la dernière journée, a été le point culminant de ce constat. Mais dans le même temps, Castres a remporté un succès historique sur la pelouse des Saracens (24-32), au terme d’un véritable exploit. Face à un des bastions historiques européens, triple champion d’Europe.

À l’issue de la phase de poules, seul Northampton occupe la première place de sa poule. Seule équipe anglaise à avoir l’honneur des deux premières places. Pour les autres, c’est une vraie soupe à la grimace. Leicester n’est que troisième, en ayant encaissé une rouste contre Toulouse, mais aussi subi la loi de l’UBB, leader de sa poule (42-28). Dans une poule où Exeter est éliminé de toutes compétitions européennes, après quatre défaites en quatre rencontres.

On parle là du champion d’Europe 2020. Tout sauf une éternité. Bath, cinquième de la poule 2, disputera la Challenge Cup, tandis que Bristol est également éliminé de toutes compétitions européennes. Les deux clubs sont derrière une équipe italienne, celle de Trévise. Dans la poule de Northampton, les Saracens ne sont que 4èmes. Tandis que dans la dernière poule, Sale et les Harlequins terminent 3ème et 4ème. Pour tous les clubs cités, c’est un réel parcours du combattant qui les attend et dès les 8èmes de finale. Avec, il faut le dire, des chances infimes de soulever le trophée.

Le rugby anglais en difficulté sur le plan financier

Vu d’extérieur, pour celui qui ne regarde que les matchs internationaux et qui voit une équipe d’Angleterre qui reste malgré tout performante (finaliste de la Coupe du monde en 2019, troisième en  2023), cela peut être une surprise. En réalité, ces résultats assez faibles ne sont absolument pas une surprise. Le rugby anglais souffre d’une réelle crise structurelle depuis des années. Le premier coup de tonnerre est intervenu en 2020, quand la mythique équipe des Saracens s’est vue être reléguée en deuxième division. Si la raison financière n’est pas la première cause, à l’époque la relégation étant due entre autres à un non-respect de certaines règles, dont le salary cap, cela a marqué un vrai tournant pour le rugby anglais, surtout d’un point de vue financier.

Depuis cette date, qui coïncide avec la dernière victoire d’un club anglais en Champions Cup (Exeter), aucune formation d’outre-Manche ne s’est hissée en finale de la compétition. Laissant le Top 14 poser ses mains sur le trophée (Toulouse 2021 et 2024 et La Rochelle 2022-23). Avec, en finaliste malheureux, soit le Leinster (2022 et 20224) ou La Rochelle (2021). Surtout, trois clubs de Premiership ont déjà disparu de la première division. Worcester, les London Irish et les Wasps ont fait faillite en 2022. Et pour le dernier club cité, on parle là d’une équipe mythique, sextuple championne d’Angleterre.

Et ce n’est pas qu’un simple passage. C’est un réel problème structurel qui secoue le rugby anglais. Selon une étude, mise en évidence, notamment par nos confrères d’Ouest-France, sept clubs de Premiership seraient, à l’heure actuelle, insolvables. Sur dix clubs engagés dans le championnat, on apprend que les dix clubs ont perdu 30,5 millions de livres sterling en 2022-2023. Surtout, l’ensemble des clubs cumulent une dette de 311 millions de livres sterling. Un gouffre.





Des motifs d’espoirs ?

Mais cette situation, certes très critique, peut encore se renverser. La Premiership, malgré ses difficultés et un championnat amoindri, est en train de se réconcilier avec son public. Notamment côté téléspectateurs. L’audience moyenne en 2024 est supérieure de 700 000 spectateurs, par rapport à 2023. Les chaînes TNT Sports et Discovery retransmettent désormais l’ensemble des matchs de la compétition, à l’instar de ce qu’on peut voir en Top 14, où Canal+ diffuse l’ensemble des matchs de Top 14 (et de Pro D2).

Qui dit meilleure couverture, dit meilleure médiatisation et un public qui peut s’intéresser davantage à son championnat. Et, il ne faut pas se mentir, une perspective de meilleurs droits télés. Et cela peut peut-être permettre au rugby anglais de sortir de l’ornière. Du moins, en partie. En attendant, les clubs semblent condamnés à subir la loi des clubs des pays voisins. Notamment les clubs français, très en verve, avec six clubs qualifiés pour les 8èmes de finale de la Champions Cup. Un autre monde.

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