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Championnats du monde de biathlon

Championnats du monde de biathlon 2025 : Les réussites et les déceptions de la compétition

Théo Gripon Auer

Publié le

Championnats du monde de biathlon 2025 Les réussites et les déceptions de la compétition
Photo Icon Sport

CHAMPIONNATS DU MONDE DE BIATHLON 2025 – Qui a brillé à Lenzerheide ? Qui a déçu ? Les championnats du monde de biathlon terminés, il est l’heure de dresser le bilan.

Ils ont brillé

L’équipe de France de biathlon

Treize médailles dont six en or, présente sur le podium de onze des douze courses disputées, et première au tableau des médailles. L’équipe de France de biathlon a survolé ces championnats du monde et fait le plein de confiance à un an des prochains Jeux Olympiques d’hiver.

Comme attendu, les relais ont été pourvoyeurs de titre. Avec trois médailles d’or et une d’argent en quatre courses, les relais tricolores ont frôlé le sans-faute. Signe que le biathlon français se porte extrêmement bien, avec des cadres qui répondent présent et une nouvelle génération déjà pleine de maturité.

En individuel, les féminines livrent une très belle copie avec deux titres pour Julia Simon sur l’individuel et Justine Braisaz-Bouchet sur le sprint, une médaille d’argent pour Océane Michelon sur la mass start et deux troisièmes places, pour Lou Jeanmonnot sur l’individuel et Justine Braisaz-Bouchet sur la poursuite. Avec quatre biathlètes médaillées sur les cinq engagées et une 4e place de Jeanne Richard sur la mass start, c’est tout un collectif féminin qui a montré l’immensité de son talent.

Le bilan est légèrement moins bon du côté des messieurs, mais reste globalement positif. Des quatre représentants tricolores, ils ne sont que deux à grimper sur le podium d’une épreuve individuelle. Éric Perrot a décroché le titre sur l’individuel et s’est paré de bronze sur la poursuite. Quentin Fillon Maillet a récolté deux médailles de bronze sur l’individuel et le sprint. Quatre médailles en autant de courses disputées, une nette progression par rapport aux derniers championnats du monde. À Nové Mesto en 2024, seul Quentin Fillon Maillet était monté sur la boîte en terminant troisième de la mass start.

Campbell Wright se révèle

La belle surprise de ces championnats du monde est américaine, et ça, personne ne l’aurait parié. À 22 ans, Campbell Wright s’est révélé sur la neige de Lenzerheide en terminant deuxième du sprint, avant de récidiver dès le lendemain sur la poursuite. Un biathlète américain sur le podium d’un championnat du monde de biathlon, cela n’était plus arrivé depuis 2017 et le sacre de Lowell Bailey sur l’individuel.

Natif de Nouvelle-Zélande, ce biathlète évoluant sous pavillon américain depuis 2023 n’avait, jusque là, jamais décroché le moindre podium en compétition internationale. Sacré champion du monde de la poursuite chez les juniors en 2023, la meilleure performance de sa carrière était une 4e place obtenue en tout début de saison, sur le sprint de la première manche de la Coupe du Monde à Kontiolahti. Depuis, Campbell Wright n’avait plus réussi à accrocher un Top 8 en cinq étapes de Coupe du Monde. Double médaillé d’argent sur ces Mondiaux, le fantasque Américain est vu par ses pairs comme l’un des futurs grands noms de sa discipline. À lui de le confirmer dans les mois et les années à venir.





Johannes Boe atteint de nouveaux sommets

Celui qui a doublement privé Campbell Wright du plus précieux des métaux, c’est justement lui. Johannes Boe, devenu l’homme le plus titré en individuel aux championnats du monde de biathlon.

Avant le coup d’envoi de ces Mondiaux de Lenzerheide, il était difficile de se faire une idée du niveau qu’allait afficher Johannes Boe. Certes, le biathlète norvégien a toujours répondu présent lorsque des titres mondiaux sont en jeu. Oui, on l’imaginait galvanisé à l’idée de disputer ses tout derniers championnats du monde avant de raccrocher les skis. Mais son virus contracté durant les fêtes et ses récentes performances en Coupe du Monde laissaient entrevoir un flou sur son état de forme.

Des doutes balayés dès le coup d’envoi de la première épreuve individuelle. Engagé sur le sprint avec le dossard n°48, Johannes Boe a signé un sans-faute derrière la carabine pour décrocher un onzième titre mondial en individuel, reléguant à plus de 27 secondes son dauphin Campbell Wright. Le record d’Ole Einar Bjoerndalen égalé, Johannes Boe effaçait son illustre compatriote des tablettes dès le lendemain, en remportant la poursuite et en s’adjugeant ainsi un douzième titre mondial sur une épreuve individuelle.

Troisième de la mass start, champion du monde sur le relais masculin et médaillé d’argent en relais mixte simple, le cadet des frères Boe boucle ses derniers championnats du monde avec un total de cinq médailles, dont trois en or. Du grand Johannes, jusqu’à la fin.

Ils ont déçu

Sturla Laegreid rate le coche

Le leader de la Coupe du Monde de biathlon n’a pas fait honneur à son nouveau statut. D’une régularité impressionnante depuis le début de saison, avec huit podiums en Coupe du Monde et seulement une sortie de Top 10 en quatorze épreuves individuelles, Sturla Laegreid a profité des récentes contre-performances de Johannes Boe pour lui ravir le dossard jaune de leader de la Coupe du Monde. Dans cette parenthèse de Lenzerheide, où les résultats n’apportent aucun point au classement de la Coupe du Monde, ce duel opposant les deux Norvégiens n’a pas existé.

Quand Johannes Boe rayonnait sur la plus haute marche du podium, Sturla Laegreid débutait ses Mondiaux par une 9ème place sur le sprint. Terminant au pied du podium de la poursuite, il se classait 15e de l’individuel en n’ayant commis que deux petites erreurs sur le pas de tir. À titre de comparaison, Quentin Fillon-Maillet prenait la troisième place avec trois fautes. Dans le coup pour jouer le titre sur la mass start, Laegreid manquait une nouvelle fois de fraîcheur sur les skis et ne parvenait à suivre le rythme de son compatriote Endre Stroemsheim dans la dernière boucle. En proie au retour de Johannes Boe, il conservait de justesse sa deuxième place au sprint.

Bilan : le leader de la coupe du monde de biathlon achève ses mondiaux avec une seule médaille d’argent en individuel et un titre de champion du monde sur le relais masculin. Sa plus mauvaise récolte depuis ses premiers championnats du monde disputés en 2021.

Émilien Jacquelin, dépassé

Si le bilan français est très positif, les performances d’Émilien Jacquelin ont remis en cause son statut de cadre au sein de l’équipe de France de biathlon. Actuellement 4ème au classement de la Coupe du Monde de biathlon, avec déjà quatre podiums décrochés et une victoire obtenue sur le sprint de Kontiolahti, on pouvait légitimement en attendre plus de l’Isérois.

Émilien Jacquelin débutait pourtant idéalement ses Mondiaux, en allant décrocher l’or sur le relais mixte en compagnie de Julia Simon, Lou Jeanmonnot et Éric Perrot. Mais en individuel, il lançait sa campagne par une 19ème place sur le sprint, après trois erreurs sur le pas de tir. 15ème de la poursuite et 67ème de l’individuel au terme d’une course catastrophique durant laquelle il concédait cinq minutes de pénalité, Émilien Jacquelin payait ses mauvais résultats et n’était pas retenu pour disputer le relais mixte simple, ni le relais masculin, remplacé par Émilien Claude. En clôture des championnats du monde, il semblait un temps être en mesure d’accrocher une médaille sur la mass start. Hélas, deux erreurs sur le premier tir debout ont réduit à néant ses espoirs de podium. Émilien Jacquelin achevait l’exercice aux portes du Top 10.

Tarjei Boe, des adieux timides

Lui aussi disputait à 36 ans ses derniers championnats du monde de biathlon. Mais à l’inverse de son frère cadet, Tarjei Boe n’a pas réussi à faire ses grands adieux sur le podium d’une course individuelle.

Cinquième au classement général de la Coupe du Monde avec deux victoires au compteur cette saison, l’ainé de la fratrie Boe n’a obtenir guère mieux qu’une 10ème place lors de ces championnats du monde. Tarjei Boe n’a jamais semblé être dans le coup et ne décrochera pas de onzième médaille internationale sur une épreuve individuelle. Avec une 10ème place comme meilleur résultat, il réalise sa plus mauvaise performance aux championnats du monde depuis sa première participation en 2011. Un septième titre sur le relais masculin lui évite toutefois le zéro pointé, lui permettant de quitter Lenzerheide et le monde du biathlon avec une dernière médaille d’or autour du cou.

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