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Tennis : Alexandre Müller n’en finit plus de surprendre

Maxime Cazenave

Publié le

Tennis : Alexandre Muller n’en finit plus de surprendre
Photo Icon Sport

SAISON ATP 2025 – Depuis le début de l’année 2025, le meilleur français sur le circuit ATP est Alexandre Müller. Vainqueur à Hong Kong et finaliste à Rio, le natif de Poissy a multiplié les victoires prestigieuses, ce qui lui permet de pointer désormais allègrement dans le Top 50. Et de confirmer une progression linéaire depuis deux ans maintenant.

Si le tennis français semble avoir trouvé sa relève avec Ugo Humbert, et surtout Arthur Fils et Giovanni Mpetshi Perricard, un autre garçon est en train de tirer son épingle du jeu ces derniers mois, tel un OVNI : Alexandre Müller.

Deux ans de montée en puissance jusqu’à la consécration à Hong Kong

À 28 ans, le natif de Poissy ne cesse de repousser les limites du possible. Il y a encore deux ans, il luttait dans les tréfonds du circuit ATP pour essayer de gratter une place dans les tableaux de qualifications en Grand Chelem, avec au mieux une 143ème place mondiale. Malgré le handicap que représente la maladie de Crohn, il a depuis entamé une lente ascension inattendue pour se retrouver dorénavant parmi les meilleurs joueurs de la planète. Drivé par Xavier Pujo, l’incertitude qu’il a réussi à apporter à un jeu jusqu’alors stéréotypé en fond de court a porté ses fruits. Alors qu’il avait déjà franchi un énorme cap en fin d’année 2024 en se glissant à la 67ème place, il a repoussé la barre allègrement en signant un début de saison tonitruant grâce à deux magnifiques performances.

Dès les premiers jours de janvier, il a signé un grand coup en raflant l’un des premiers tournois de la saison, mais surtout son premier titre sur le circuit principal lors d’un ATP 250, à Hong Kong. Une performance détonante, et magnifiée par le fait qu’il a remporté ses cinq rencontres en trois sets, en ayant à chaque fois concédé la première manche ! Tout simplement une première depuis la création de l’ATP Tour en 1990 (Alexander Bublik l’avait fait à Montpellier en 2024, mais en « seulement » quatre matchs).

Le tout, face à des noms solides du circuit comme Miomir Kecmanović, son compatriote Arthur Fils, Jaume Munar ou encore Kei Nishikori. Par la suite, il n’a pas réussi à enchaîner. S’étant retiré du tournoi d’Auckland pour préparer l’Open d’Australie, il a subi la loi du Portugais Nuno Borges. Avant d’enchaîner deux autres défaites en Amérique du Sud : à Rosario face à l’anonyme Felipe Meligeni Alves, puis à Buenos Aires face au plus référencé Laslo Djere.

Une première finale en ATP 500 qui ouvre les portes du Top 50

Alors que l’on aurait pu penser qu’il marquait déjà le coup, il a profité de sa tournée sud-américaine pour de nouveau réaliser un tournoi de haute volée, mais dans un ATP 500 cette fois, à Rio. Certes, le plateau n’était pas le plus relevé qui soit pour un tournoi de ce degré. Ce qui ne l’a pas empêché de marquer les esprits.

Dès son entrée en lice, il a survécu à une ambiance bouillante en prenant le dessus sur le prodige local, João Fonseca. Puis, il s’est sublimé pour anéantir successivement les meilleurs joueurs argentins sur leur surface de prédilection. Successivement, Tomás Martín Etcheverry, Francisco Cerúndolo et Francisco Comesaña sont tombés. En finale, Sebastián Báez fera respecter la logique face à un Tricolore en manque de jus pour conclure. Mais l’important est ailleurs.





En accumulant les victoires face à des joueurs du Top 50, et en accrochant les gros points d’une finale en ATP 500, Alexandre Müller est officiellement devenu ce lundi un membre éminent de ce même Top 50, en se hissant directement au 41ème rang ! Un bond fulgurant qui lui permet d’envisager la suite avec plus de sérénité, et qui récompense deux premiers mois tonitruants lui permettant d’être le meilleur Français à la RACE (11ème).

Alexandre Müller, future tête de série à Roland-Garros ?

Son choix de prendre part à la tournée sud-américaine se révèle donc fructueux. Là où de nombreux joueurs français ont échoué par le passé, lui a su profiter de cette adversité légèrement moins relevée pour franchir un nouveau cap dans sa carrière. Dès mercredi, il effectuera une nouvelle étape dans son périple de l’autre côté de l’Atlantique avec l’ATP 500 d’Acapulco. Le tirage au sort lui a réservé un tirage corsé dès le premier tour puisqu’il fera face à l’Américain Frances Tiafoe. Mais avec une confiance décuplée et un tableau de chasse désormais bien garni, nul doute que le Tricolore cherchera encore à créer l’exploit.

Par ailleurs, cet enchaînement de rencontres sur terre battue représente également une préparation idéale avant d’entamer la période sur terre battue au mois d’avril, comme le joueur l’a confié à L’Équipe : « J’espère arriver à Monte-Carlo avec plus de repères sur terre, et plus de confiance… C’est pour ça que je me suis mesuré aux meilleurs terriens. À Rio, il faisait chaud et humide, c’était dur, mais j’ai appris plein de trucs. J’ai kiffé et je reviendrai l’an prochain. ». Roland-Garros arrivant en mai, il peut aussi prétendre à une place de tête de série. À l’exception de Rome, où il s’était arrêté au stade des 8èmes de finale, il n’avait raflé que quatre victoires durant les trois mois précédant le rendez-vous Porte d’Auteuil. La folle montée en puissance d’Alexandre Müller pourrait donc encore se prolonger dans les prochaines semaines.

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