Tour de France 2025 : Ce qui nous a plu et moins plu
TOUR DE FRANCE 2025 – La Grande Boucle a occupé nos têtes durant trois semaines pour le meilleur et pour le pire. Voici une petite sélection de ce que nous retenons de l’événement.
- À ce sujet – Classement général actualisé Tour de France 2025
Cela nous a fait plaisir…
- Les étapes de transition
Pour trouver du spectacle sur les routes de France en ce mois de juillet, il a fallu paradoxalement chercher du côté des étapes accidentées et de transition. En l’absence régulière de bagarre vers les sommets, eu égard à l’hégémonie de Tadej Pogacar, les batailles les plus intéressantes se sont produites dans les échappées. Sur la route de Toulouse, par exemple, où Jonas Abrahamsen (Uno-X Mobility) a conclu un magnifique duel face à Mauro Schmid (Team Jayco AlUla), puis du côté de Carcassonne où Tim Wellens (UAE Team Emirates – XRG) est sorti de son rôle habituel d’équipier et enfin à Pontarlier où la bataille a fait rage sous le déluge dans le final avec à la clé une victoire en solitaire du sprinteur australien Kaden Groves (Alpecin – Deceuninck). De quoi continuer pour ASO de les mettre au programme, ne serait-ce que pour récompenser d’autres types de coureurs.
🚴 #TDF2025 | Kaden Groves en solitaire à Pontarlier
Pour l’avant-dernière étape du Tour 2025, promise aux baroudeurs, c’est le sprinteur australien qui s’est montré le plus fort sous la pluie dans une étape nerveuse avant Paris
▶️ L’émission en replay : https://t.co/UbOLWu2r2I pic.twitter.com/sAUJO8HcLq
— francetvsport (@francetvsport) July 26, 2025
- Le duo Rickaert/van der Poel à Châteauroux
Tout laissait présager une bonne grosse sieste du côté de Châteauroux à la veille de l’étape du Mont Dore. Pourtant, deux coureurs en ont décidé autrement et nous ont sorti de notre torpeur assez rapidement. De manière héroïque, le duo composé de Mathieu van der Poel et Jonas Rickaert a crevé l’écran tout au long de la journée. En résistant au peloton et en déjouant les plans du sprint massif, les deux coureurs d’Alpecin-Deceuninck ont bien failli mener à terme leur folle aventure, Rickaert laissant la star néerlandaise finir le travail. Il a fallu attendre le dernier kilomètre de l’étape pour voir van der Poel rattraper par un peloton soulagé. On préfèrera retenir le déroulement de la course plutôt que son dénouement toujours cruel.
What a ride from 🇳🇱 Mathieu van der Poel and 🇧🇪 Jonas Rickaert! 👏
They both put on a brilliant show, chapeau!
📸: Cor Vos pic.twitter.com/sqV8KGd1O4
— Domestique (@Domestique___) July 13, 2025
- La ferveur populaire qui ne se dément pas
Bien sûr, le Tour de France a toujours été associé à son public, se réunissant en masse au bord des routes. Les 3300 kilomètres du parcours cuvé 2025 n’ont pas fait exception. Partout, sur tous les terrains, la liesse populaire fut de mise. On citera bien évidemment les terres bretonnes, haut lieu du cyclisme français et notamment Mûr-de-Bretagne, mais aussi normandes où le succès ne s’est pas démenti. Outre les grands cols de cette édition tous blindés (du Hautacam au Mont Ventoux en passant par la Madeleine et La Plagne), on retiendra bien évidemment l’incroyable ferveur de la petite Rue Lepic à Paris, théâtre d’une étape irrationnelle à bien des égards.

- Le beau duel Tim Merlier / Jonathan Milan
Au départ de la Grande Boucle, les trois meilleurs sprinteurs du monde avaient fait le déplacement avec les Belges Tim Merlier (Soudal Quick-Step) et Jasper Philipsen (Alpecin – Deceuninck), et l’Italien Jonathan Milan (Lidl-Trek). Sur les cinq étapes réservées aux hommes rapides, le trio s’est fait la part du lion. Si Philipsen a gagné la toute première à Lille, avant d’abandonner sur chute, les deux autres protagonistes en ont ensuite raflé deux chacune, ne laissant que des miettes à leurs rivaux. On regrettera que leur dernière opportunité à Valence ait mis au tapis Merlier et nous prive d’un ultime duel. Très régulier et méritant, Milan a de surcroît ramené un joli maillot vert à Paris.
🚴 #TDF2025 | 💥 JONATHAN MILAN S’IMPOSE AU SPRINT À VALENCE !
🟢 Dans un final pluvieux marqué par une chute dans le dernier kilomètre, le maillot vert remporte un sprint en petit comité. Il s’offre ainsi sa deuxième victoire sur ce Tour 2025. pic.twitter.com/uPsQdG3coZ
— francetvsport (@francetvsport) July 23, 2025
Cela nous a moins fait plaisir…
- Des Alpes indigestes
Après l’étape du Mont Ventoux, la hiérarchie était déjà bien dessinée. En effet, Tadej Pogacar (UAE Team Emirates – XRG) comptait déjà 4:15 minutes d’avance sur son rival Jonas Vingegaard (Visma Lease a Bike). Lassé par plusieurs tentatives infructueuses, le Danois a essayé une nouvelle fois dans le Col de la Madeleine dans la première étape alpestre, avant que tout ce travail ne soit réduit à néant par une observation générale dans la vallée avant le Col de la Loze et la fuite de Ben O’Connor (Team Jayco AlUla). Écœuré, il n’a plus rien essayé le lendemain vers La Plagne, laissant même échapper une victoire d’étape qui lui tendait pourtant les bras. Quant à Pogacar, il a semblé lui aussi usé et fatigué par les protocoles et par sa propre domination. Résultat : des Alpes servies en guise de dessert sans saveur.

- Cofidis : 0/20
On en a connu des équipes fantôme dans certaines éditions du Tour de France. Mais il faut reconnaitre que la formation nordiste a frappé un grand coup cette année en réussissant l’exploit d’être aux abonnés absent tout au long des trois semaines. Un top 10 pour Bryan Coquard à Laval, un autre pour Dylan Teuns à Paris, et puis s’en va. Tous les coureurs ont évolué en dessous de leur niveau habituel, à commencer par le leader allemand Emanuel Buchmann qui, tout en jouant le classement général, a terminé à une anecdotique 30ème place. Et ne parlons même pas des deux Espagnols Alex Aranburu et Ion Izagirre, tous deux complètement effacés des débats dans leur registre respectif. Ainsi, la Cofidis a bel et bien tout raté et une remise en question parait nécessaire.
Le public a répondu présent dans Montmartre et la Rue Lepic. #TDF2025 pic.twitter.com/YMKu2opcno
— Le Gruppetto (@LeGruppetto) July 27, 2025
- Velasco se la joue caïd
Dans les pelotons professionnels, les mauvais comportements sont parfois légion : changement de ligne dans les sprints, barrage aux éventuels échappés, usage intempestif des épaules… Cependant, il est un comportement bien plus grave encore et tout à fait inadmissible : l’intimidation verbale accompagnée de jurons et insultes envers un autre coureur. Il semble ainsi que Jordan Jegat (Team TotalEnergies) en ait été la victime sur la route de Pontarlier lorsqu’il a décidé de prendre l’échappée au milieu de coureurs mal classés, réalisant un gros coup au général. Cela a forcément déplu à l’Italien Simone Velasco (XDS Astana Team) qui aurait verbalement agressé le Français à de nombreuses reprises. Des méthodes mafieuses d’un autre temps et une tentative de déstabilisation qui n’a absolument pas sa place dans les pelotons professionnels.
- L’accumulation d’étapes pour puncheurs en 1ère semaine
À trop vouloir varier les débats de la première semaine du Tour et mettre en avant les puncheurs, ASO s’est sans doute un peu fourvoyé en multipliant les occasions pour puncheurs. Ainsi, on a eu le droit à un scénario plus ou moins identique sur plusieurs étapes : Boulogne-sur-Mer, Rouen et Mûr-de-Bretagne avec à chaque fois une arrivée en bosse. Et encore, il est heureux que Vire, promise au même scénario, ait accouché d’une issue différente avec une échappée gagnante et la victoire de Ben Healy (EF Education – EasyPost). Cependant, il faut admettre la difficulté de satisfaire tout le monde, coureurs et suiveurs, et les efforts de proposition sont évidemment à souligner.


