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Cyclisme sur route

Maeva Squiban : « Je pense que j’ai fait le plus beau Tour de France de ma vie »

Paul Lalevee

Publié le

Maeva Squiban Je pense que j'ai fait le plus beau Tour de France de ma vie
Photo Icon Sport

CYCLISME – À quelques jours des championnats du monde sur route au Rwanda, Maeva Squiban s’est confiée à Dicodusport. Un Tour de France 2025 plus que réussi, Pauline Ferrand-Prévot, la coureuse de 23 ans, a répondu à nos questions.

Rendez-vous était donné le 16 septembre, à la veille du départ pour Kigali. Maeva Squiban, coureuse française de l’UAE Team ADQ et révélation du dernier Tour de France Femmes, fait partie des Françaises retenues pour les Mondiaux au Rwanda. La course féminine aura lieu le 27 septembre prochain, à la veille de la course masculine.

Les championnats du monde au Rwanda, comment ça se prépare ?

J’ai essayé de me préparer au mieux. J’ai fini le Tour de l’Ardèche il y a quelques jours. Ça s’est plutôt bien passé. Je pense que niveau préparation physique, on va dire que ça va. Et mentalement aussi, je suis prête. Ça va être mon premier championnat du monde, donc j’ai vraiment hâte de découvrir un peu ce que ça va être. Je n’en ai jamais fait, c’est toujours quelque chose de spécial dans une saison de pouvoir participer au championnat du monde. Je suis très impatiente d’y être et puis j’espère que les jambes répondront le jour J. Tant qu’on n’est pas dans l’avion, je n’appréhende pas trop.

Est-ce que les rôles ont déjà été définis pour la course en ligne ?

Le briefing général a été clair. Ça sera tout pour Pauline (Ferrand-Prévot), sauf incident, bien sûr, ce qu’on ne souhaite pas. Sur les chronos individuels, je ne sais pas ce que seront leurs objectifs. Sur le chrono mixte, je pense qu’on verra ça avec l’équipe. Mais en tout cas, sur la course en ligne, ça sera réellement tout pour Pauline.

Après le Tour de l’Ardèche, quel bilan vous pouvez faire de la semaine ?

Je pense que je peux être satisfaite de ma performance. Je n’étais pas venue là pour le classement général. Au final, sur les premières étapes, je n’ai pas perdu trop de temps. Sur le chrono, j’ai fait un bon chrono en prenant la deuxième place. J’arrivais en Ardèche avec des petites incertitudes, parce que j’avais été malade après le Tour de France pendant quasiment deux semaines. Mais franchement, les jambes ont bien répondu.

Et puis, sur les deux dernières étapes de montagne, je fais quatrième sur l’étape reine et troisième sur la dernière étape. J’ai vu que les jambes répondaient plutôt bien. Je pense que c’est vraiment encourageant et que les progrès de cette année vont enfin payer. Oui, parce que clairement, cette année, ça a été un peu… Je ne sais pas si c’est le bon terme, mais ça a un peu été l’année de l’explosion avec les deux étapes sur le Tour.





Revenons sur le Tour de France, un Tour plus que réussi avec deux étapes remportées…

 Le Tour de France était réellement mon gros objectif de la saison. Je m’étais complètement bien préparée pour. Et cette année, j’avais réellement des super jambes pour le Tour. Et puis, je pense que l’ambiance dans l’équipe aussi était vraiment incroyable. Je pense que j’ai fait le plus beau Tour de France de ma vie. Je pense que ça va être dur de faire aussi bien. Mais déjà, j’ai pu profiter un maximum. Et c’est important, ces moments-là, il faut juste en profiter, et apprécier.

Quelle est votre relation avec Elisa Longo Borghini, la leader naturelle chez UAE ?

Au début de l’année, j’ai pas mal couru avec Elisa Longo Borghini. Je pense qu’avec elle, j’ai beaucoup appris. C’est une coéquipière, une leader. Elle ne se prend pas la tête. Elle est comme tout le monde. La seule différence, quand on est en stage ou en course, c’est qu’elle aime bien nous guider quand c’est un peu plus difficile. Et elle aime bien nous raconter toutes les petites anecdotes qu’elle a pu vivre. Sur le Tour de France, malgré son abandon, elle a continué de nous motiver. C’est toujours sympa quand une grande championne comme elle nous félicite.

Elle m’a envoyé un message après la première victoire sur le Tour. Ce n’est pas grand-chose, mais franchement, ça m’a fait plaisir. Je pense qu’elle inspire de nombreuses jeunes filles. Pas forcément en France, parce qu’elle est italienne. Personnellement, je sais que c’était une personne que je suivais beaucoup quand j’ai commencé le vélo. Pouvoir être dans son équipe, déjà, ça fait quelque chose. Quand on court avec elle, j’ai fait Liège-Bastogne-Liège, j’ai la flèche wallonne avec elle, ça nous pousse aussi à vraiment tout donner quand on est avec elle.

C’est votre première année chez UAE. Que pouvez-vous vous en tirer ? En quoi est-ce différent des équipes françaises ?

Forcément, il y a plus de budget chez UAE, donc on a un peu plus de tout, du matériel, des vêtements. Sur la plupart des courses, on a un diététicien qui fait nos plans de nutrition sur la course. On a souvent aussi un chef cuistot. Ce sont pleins de petits détails un peu partout qui font qu’au final, ça fait beaucoup. Globalement, on est plus sereins en course. On arrive, et la seule chose qu’on ait à penser, c’est la course.

Votre contrat avec UAE prend fin en 2026. Quelle est la suite ?

Pour l’instant, c’est en négociation. C’est mon agent qui gère ça. Quand il a des infos, il me les donne. Mais pour l’instant, je ne sais pas. J’ai encore un an de contrat, je suis chez UAE.

15e au général sur le Tour de France. Est-ce que le classement général pourrait devenir un objectif dans les années qui viennent ?

Pour l’instant, je préfère toujours les étapes. Mais après, pourquoi pas. J’ai réussi à finir 15e du général, c’est quand même pas mal en ayant perdu beaucoup de temps sur les deux dernières étapes parce que je n’avais plus rien à jouer. Cela étant, je pense que c’est surtout l’équipe qui va décider en fonction de la sélection qu’ils vont mettre sur les grands tours. Mais oui, pourquoi pas essayer.

Comment avez-vous vécu la victoire de Pauline Ferrand-Prévot cet été sur le Tour ?

Franchement, c’est beau ce qu’elle a fait. Je pense que personne n’en doutait, mais Pauline, c’est vraiment une immense championne. Quand elle se fixe des objectifs, elle se donne à fond pour les atteindre. Ça n’a pas forcément été simple pour elle les derniers mois avant le Tour, car elle a, si j’ai bien compris, passer beaucoup de temps, seule, en altitude, à se préparer matin, midi et soir.

Le cyclisme féminin a évolué ces dernières années en France. Quelle est votre vision sur ça ?

Le retour du Tour de France femmes il y a quatre ans a réellement fait du bien. Il a remotivé un peu toutes les Françaises et je pense qu’en tant que Française, être sur le Tour, c’est quelque chose d’incroyable. Donc ça a peut-être un peu, encore plus, remotivé les Françaises, comme je disais. Moi, la première, bien sûr.

On voit réellement de jeunes coureuses, par exemple Marion Bunel, qui est dans l’équipe de Pauline Ferrand-Prévot, et qui performe déjà au plus haut niveau Cette année, je crois qu’il y avait 3 ou 4 Françaises dans le top 10 du général, donc c’est quand même pas mal. Et puis quatre victoires d’étape sur 9 pour des Françaises, je pense que c’est du jamais vu. Il y a également pas mal d’équipes françaises aussi qui font tout de même du bon travail. Toutes les équipes françaises, Cofidis, Saint-Michel, Arkea B&B Hotels, on entend un peu moins parler d’eux. Mais je pense que ce sont ces équipes-là qui permettent aux Françaises de rejoindre le plus haut niveau ensuite et puis performer.

Quelle serait votre victoire de rêve l’année prochaine ?

Le Tour de France ! Sinon, la Flèche Wallonne. Cette année, je l’ai faite pour la première fois, et ça a été un coup de cœur. Je pense que la course me correspond bien, on l’a disputé sous des conditions catastrophiques et pourtant, c’est une de mes courses préférées de la saison.

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