Nous suivre
Cyclisme sur route

Avant Liège-Bastogne-Liège, un cyclisme féminin plus fort et ouvert que jamais

Etienne Goursaud

Publié le

Avant Liège-Bastogne-Liège, un cyclisme féminin plus fort et ouvert que jamais
Photos Icon Sport

CYCLISME – Plus que jamais, le cyclisme féminin s’est densifié. Avec des courses ouvertes et une multitude de vainqueures en ce début d’année 2025. Avant Liège-Bastogne-Liège, coup de projecteur sur une évolution, qui ne doit rien au hasard.

Puck Pieterse vainqueure de la Flèche Wallonne, Mischa Bredewold qui remporte l’Amstel Gold Race. Si on connaît le talent de la première citée, qui brille également en VTT et cyclo-cross, et si on savait que sa compatriote était solide sur un profil comme la course néerlandaise, ce ne sont pas les deux noms qu’on aurait cochés en priorité. Encore aujourd’hui, quand on pense à la gagne en cyclisme, on pense à Demi Vollering, Elisa Longo Borghini et Lotte Kopecky. Comme hier, on pensait à Anna van der Breggen, Marianne Vos et Annemiek van Vleuten. La réalité est désormais tout autre. Il n’y a plus trois coureuses qui écrasent un peloton, mais une foule de prétendantes pour toutes les courses. Et c’est une sacrée exposition pour le cyclisme féminin qui prend la lumière.

Onze courses d’un jour… neuf vainqueures différentes

Depuis le début de la saison, onze classiques (ou Monuments) de niveau World Tour ont été courues. On compte déjà neuf vainqueures différentes. La seule Lorena Wiebes (SD-Worx), a réussi à empocher trois courses, lors de son incroyable triplé Milan-San Remo, Classic Bruges-La Panne et Gand-Welvelgem. Depuis, la championne d’Europe est plus que passée à côté. Invisible sur le Tour des Flandres, dans le dur sur Paris-Roubaix, malgré sa 3ème place et piégée sur l’Amstel Gold Race. À l’image de son équipe, qui ne domine plus comme elle a roulé sur la saison 2023. Preuve en est, si Lotte Kopecky a triplé la mise sur le Tour des Flandres, c’est sa seule victoire de la saison. Chez la formation néerlandaise, on a dû souffler un grand coup, après la victoire de Mischa Bredewold

Les vainqueures en détail

Ocean Road Race Women – Ally Wollaston (FDJ-Suez)

Circuit Het Nieuwsbald – Lotte Claes (Arkéa-B&B Women)

Strade Bianche – Demi Vollering (FDJ-Suez)

Trofeo Alfredo Binda – Elisa Balsamo (Lidl-Trek)

Milan-San Remo – Lorena Wiebes (SD-Worx)

Classic-Bruges-La Panne – Lorena Wiebes (SD-Worx)

Gand Wevelgem – Lorena Wiebes (SD-Worx)

Tour des Flandres – Lotte Kopecky (SD-Worx)

Paris-Roubaix – Pauline Ferrand-Prevot (Visma-Lease a bike)

Amstel Gold Race – Mischa Bredewold (SD-Worx)

Flèche Wallonne – Puck Pieterse (Fenix-Deceuninck)

Des équipes qui progressent

L’avènement de plusieurs coureuses capables de gagner une grande course, c’est aussi le marqueur d’équipes qui progressent très rapidement. Si, du côté français, on a beaucoup parlé de la FDJ-Suez (qui a brillé avec Ally Wollaston et Demi Vollering), une autre équipe est en train de crever l’écran, c’est la Fenix-Deceuninck. Évidemment, Puck Pieterse est en pleine lumière, après sa victoire magnifique au sommet du Mur de Huy ce mercredi. Symbole d’une équipe qui a énormément progressé depuis 2023. Si le Tour de France Femmes 2024 a tourné à la dramaturgie avec un duel entre Kasia Niewiadoma et Demi Vollering, on a peut-être un peu tous oubliés que Pauliena Rooijakkers a pris la 3ème place de l’épreuve et à seulement 10 secondes de la Polonaise.

Si elle avait gagné l’étape de l’Alpe d’Huez, la roue aurait pu tourner en sa faveur. Avant cette Grande Boucle, qui aurait pu pronostiquer que la Néerlandaise serait à ce point aussi proche de la victoire finale ? Cette formation belge possède d’autres éléments très intéressants. On pense à la Belge Julie De Wilde, mais aussi Yara Kastelijn et Christina Schweinberger. Preuve de la progression, 21ème équipe UCI en 2021, elle est 15ème en 2022, 10ème en 2023, 9ème en 2024. Et en ce début de saison 2025, elle est encore dans le top 10. Il manque encore un peu de profondeur pour viser plus haut, mais les jeunes émergent. On peut également citer EF Education-Oatly, créée en 2024 sur les cendres de EF Education-Tibco-SVB, qui coopérait avec l’équipe masculine. Douzième en 2024, la formation américaine est 6ème en ce début d’année. Sous son ancienne forme, elle n’a jamais fait mieux que 9ème (en 2013).

L’exposition médiatique a changé beaucoup de choses

Avec le retour du Tour de France femmes en 2022, l’exposition du cyclisme féminin a explosé en trois ans. Les courses sont diffusées à la télé, comme pour celles des hommes. Certaines en clair sur le service public, comme c’est le cas du triptyque ardennais. Les Monuments masculins se déclinent de plus en plus en version femmes. Avec la création de Paris-Roubaix en 2021 et le retour de Milan San-Remo 2025.

On voit de moins en moins de moqueries sur les réseaux sociaux concernant le cyclisme féminin. Le Tour des Flandres 2024 ayant calmé le jeu, quand les hommes ont dû passer le Koppenberg à pied, alors que les femmes l’ont escaladé sur le vélo. Tordant le cou à une prétendue maladresse des femmes, pur fantasme de certains machistes encore bien rétrogrades et qui raisonnent comme il y a 40 ans. « Mais vous raisonnez comme il y a 40 ans« , aurait dit George Marchais. Évidemment, tout n’est pas parfait et derrière les grandes équipes, il y a encore des « galériennes » du cyclisme, qui peinent à vivre (ou qui ne vivent pas) de leur pratique malgré leur participation aux grandes courses. Mais le gâteau grandit petit à petit.





Au moins une dizaine de prétendantes à Liège

À deux jours du départ de Liège Bastogne-Liège, il n’y a peut-être jamais eu autant de prétendantes pour la victoire. Demi Vollering peut avoir le profil parfait. Mais la fin de parcours est plate et si elle n’est pas en solitaire, la Néerlandaise a des chances d’être battue au sprint. On peut citer Puck Pieterse, vainqueur de l’étape de Liège en 2024 sur le Tour de France. Mais comment la jeune coureuse aura digéré sa victoire de ce mercredi ? Lotte Kopecky et Elisa Longo Borghini ont affiché quelques limites. Encore plus pour Kasia Niewiadoma, qui n’a clairement pas son coup de pédale de 2024.

On ne peut pas exclure de l’équation une Pauline Ferrand-Prévot, ni une Juliette Labous, en immense forme. Les deux peuvent bénéficier du jeu d’équipe. Si on ne l’a pas trop vue en 2025, Kristen Faulkner, la championne olympique, a les capacités athlétiques pour réaliser un grand numéro. Toutes ces femmes sont quasiment à mettre au même niveau dimanche. Parmi les outsiders, il ne faut pas négliger la régularité d’une Kimberley Le Court, 6ème mercredi et qui sera peut-être plus à l’aise ce dimanche. Alors qu‘Anna van der Breggen sera une des énigmes du jour. La formation Movistar sera à surveiller, avec Marlen Reusser et Liane Lippert, dans un style différent l’une de l’autre, mais qui peuvent briller. La course s’annonce, dans tous les cas, passionnante.

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *