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Tour de France

Billet d’humeur : Le cyclisme féminin, ce monde où l’audace est récompensée

Sébastien Gente

Publié le

Billet d’humeur : Le cyclisme féminin, ce monde où l'audace est récompensée
Photo ASO/Thomas Maheux

TOUR DE FRANCE FEMMES 2025 – Maeva Squiban a raflé deux étapes d’affilée en attaquant à outrance. Une preuve de plus de la part belle qui est réservée aux coureuses offensives dans le cyclisme féminin. 

On compare souvent le cyclisme masculin et le cyclisme féminin. Souvent au désavantage de ce dernier, raillé pour son manque de spectacle, le sens tactique peu élevé des coureuses, et bien entendu le fait que « ce sont toujours les mêmes qui gagnent ».

C’est partiellement vrai, puisqu’une Lorena Wiebes est quasi imbattable au sprint, et qu’elles sont quatre coureuses (Annemiek van Vleuten, Demi Vollering, Katarzyna Niewiadoma et Elisa Longo Borghini) à s’être partagées les victoires en Grand Tour depuis 2022. Mais depuis le début de saison, la prime à l’offensive est souvent la victoire, et en particulier sur les Grands Tours.

Squiban, pas un cas isolé

La preuve irréfutable est bien évidemment le doublé homérique de Maeva Squiban. Que ce soit ce jeudi dans le Massif Central, ou ce vendredi sur les pentes du Col du Granier, elle n’avait qu’un mot à la bouche : attaquer. Pas à outrance, mais de manière réfléchie. Sur un temps mort du groupe des favorites jeudi, en exploitant le faible tempo d’une échappée qui était en train de se saborder vendredi, des attaques tranchantes, celles qui vous font lever du canapé. Bien sûr, on trouvera toujours quelques rabat-joie pour indiquer qu’elle n’aurait jamais eu tant de liberté d’attaquer si Elisa Longo Borghini n’avait pas abandonné, mais quelle importance ? Inconnue voilà sept jours, elle est désormais sur toutes les lèvres.

Ce n’est de toute façon que le prolongement d’une tendance. C’est bien simple : quelle étape de Grand Tour en 2025 – hors sprint massif – n’a pas été gagné par une échappée ? On peut chercher et discuter, il n’y en a quasiment pas. Les échappées ne sont pas prises au sérieux, qu’elles soient longues ou courtes, qu’elles partent de loin ou pas, mais ce qu’on voit désormais, ce sont des filles qui attaquent et qui croient en leurs chances. Et même quand cela cesse d’être le cas, comme aujourd’hui quand l’échappée faisait du surplace, on a vu une Maeva Squiban tenter sa chance et ridiculiser toutes celles qui s’étaient arrêtées de rouler.

Ce qui fut le cas dimanche de Mavi Garcia, que le peloton n’a pas voulu reprendre trop vite… pour finalement jamais ne la reprendre. Et ce sont souvent les mêmes, comme le prouvent les deux victoires en quatre jours de Sarah Gigante sur le Tour d’Italie. Le sens tactique ne s’achète pas, c’est certain, et une Maeva Squiban a incontestablement des jambes de feu. Mais comment ne pas repenser au dernier Het Nieuwsblad, quand Lotte Claes l’avait emporté après une échappée matinale qui avait pris plus de dix minutes, le peloton étant certain de pouvoir revenir sans forcer pour finalement abandonner sans combattre une classique World Tour ?





Certains y verront un manque de respect du peloton, mais on peut aussi choisir de voir le verre à moitié plein. Les attaquantes sont récompensées, et bien plus souvent qu’à leur tour. De quoi rendre les courses intéressantes à regarder, ce qui est le cas de ce Tour de France, mais surtout promettre la gloire aux gregaria qui savent qu’un jour ou l’autre, elles auront leur chance. Le fameux cercle vertueux qui fait que le cyclisme féminin monte de niveau d’année en année…

1 Commentaire

1 Commentaire

  1. Avatar

    Ayuso

    1 août 2025 à 20h09

    Très bel article, comme souvent avec Mr Gente

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