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Cyril Burdet : « Aucun objectif de médaille n’a été fixé pour les Jeux »

Paul Lalevee

Publié le

Cyril Burdet Aucun objectif de médaille n'a été fixé pour les Jeux
Photo Icon Sport

BIATHLON – La saison 2025-2026 de biathlon débute dans quelques jours. Alors que les Jeux Olympiques de Milan-Cortina auront lieu en février prochain, l’entraîneur de l’équipe de France féminine, Cyril Burdet, a répondu à nos questions.

Certains médias ont évoqué votre départ du poste d’entraîneur de l’équipe de France. Que pouvez-vous répondre ?

Cette information fait partie de ces choses qu’on lit parfois, mais pour ma part, je suis totalement focalisé sur la saison à venir. Mon avenir est clair : je prépare les Jeux olympiques avec cette équipe, qui est incroyable, et je n’ai rien à redire à cela.

Comment prépare-t-on une saison avec les Jeux Olympiques en ligne de mire ?

Il n’y a pas de différence majeure dans l’approche : on conserve le même état d’esprit et les mêmes principes. Ce qui change, c’est que les Jeux représentent l’aboutissement de notre projet. C’est un cycle de quatre ans que nous avons construit depuis ma prise de fonction, avec l’objectif de progresser chaque saison sur différents paramètres. Par exemple, nous avons beaucoup travaillé sur l’altitude ces quatre dernières années pour arriver à cette saison avec toutes les cartes en main.

Cette saison est donc l’aboutissement d’un travail de longue haleine, là où les précédentes étaient des étapes intermédiaires. Mais pour l’heure, nous restons focalisés sur le début de saison et les premières manches de Coupe du monde. Les Jeux ne sont qu’en février, inutile d’y penser trop tôt, même si leur aura est particulière.

Vous avez été entraîneur de ski de fond lors des précédentes olympiades. Qu’en retenez-vous ?

Beaucoup d’expérience. J’ai vécu des émotions fortes, dans les deux sens : des grandes joies et des déceptions. Les deux dernières éditions se sont déroulées dans des lieux atypiques, loin des bastions du ski nordique. Ce ne sera pas le cas cette année, et c’est une différence importante.

La France est aujourd’hui l’une des nations favorites. Qu’est-ce qui explique cette montée en puissance ?

Ce n’est pas le fruit d’une ou deux athlètes qui tirent l’équipe vers le haut, mais d’un ensemble de facteurs. Le premier, c’est la densité de talent. Nous avons la chance d’avoir des athlètes expérimentées, aguerries au plus haut niveau, qui servent de locomotive et d’exemple pour les plus jeunes. Et derrière, les filles issues de l’IBU Cup ou du circuit national arrivent avec envie et fraîcheur. Cela crée une émulation interne incroyable. Chaque entraînement est d’une intensité folle, et ça se traduit par des performances régulières. Aujourd’hui, la pression est bien répartie : on peut s’appuyer sur l’ensemble du collectif, et c’est ce qui fait sa force.





Océane Michelon et Jeanne Richard sont les jeunes du groupe. Comment évaluez-vous leur progression ?

Leur progression a été fulgurante l’an dernier. Honnêtement, personne ne les attendait à un tel niveau, surtout dans la durée. On les savait talentueuses, mais les voir scorer avec autant de régularité, c’était une vraie surprise. Elles se sont battues jusqu’à la dernière étape pour le dossard bleu et ont terminé dans le top 5 mondial. C’est exceptionnel pour des biathlètes aussi jeunes.

Quand on atteint ce niveau, les marges de progression deviennent plus fines. Jeanne a un tir très régulier, ce qui a été sa base l’an dernier. Nous avons travaillé le physique et la technique, et elle continue de progresser. Océane, de son côté, a surtout travaillé sur la gestion émotionnelle. Elle aborde la saison avec un nouveau statut, celui de vice-championne du monde de mass start et championne du monde du relais. Pour elle, le défi est d’assumer ce statut et les attentes qui vont avec.

Avez-vous fixé un objectif de médailles pour les Jeux ?

Honnêtement, non. C’est très difficile de se fixer ce genre d’objectif. Lors des derniers championnats du monde, on ne s’en était pas fixé et cela ne nous a pas empêchés de briller. Les médailles sont extrêmement dures à conquérir. Le piège serait de se perdre dans cette quête. Bien sûr, avec notre équipe, les ambitions sont élevées, mais il faut rester concentrés sur le travail et assumer notre statut de favoris.

Comment préparez-vous vos biathlètes à l’aube de cette saison ?

Notre but est d’aligner la meilleure équipe possible, que ce soit en Coupe du monde ou aux Jeux. Beaucoup de filles méritent leur place, mais les quotas sont ce qu’ils sont. Les athlètes sont impatientes d’en découdre et de prouver leur valeur. De notre côté, on s’appuiera sur plusieurs critères : la performance, le niveau de forme du moment et l’expérience. Il faudra trouver le bon équilibre pour être justes et performants. Si l’on se retrouve, comme l’an passé, à devoir choisir entre plusieurs excellentes options, ce sera une situation idéale.

Après ce stage en altitude à Bessans, la transition vers Östersund est-elle à craindre ?

J’aborde cette première étape avec confiance. Ce modèle a déjà porté ses fruits par le passé. Nous avons souvent su performer dès l’ouverture. L’objectif est de briller sur la durée. Si les résultats arrivent dès Östersund, tant mieux ; sinon, ce n’est pas dramatique. Nous visons la victoire d’entrée, sur l’individuel et le relais. Mais la saison est longue, et rien ne se joue sur une seule étape.

L’étape du Grand-Bornand servira de répétition générale avant les Jeux. Elle a une saveur particulière : la ferveur du public français, la pression, tout y sera. Ce sera une étape clé dans la préparation.

Pouvez-vous confirmer que Jeanne Richard manquera le début de saison ? Et Julia Simon, sera-t-elle de retour pour la deuxième manche ?

Sur ces sujets, j’ai envie de dire que j’en ai un peu marre de parler de l’extra-sportif. L’affaire de Julia est terminée : les faits ont été jugés et condamnés, et nous respectons cette décision. Désormais, on se concentre uniquement sur le sportif.

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