Nous suivre
Edito

Édito : Valeurs, athlétisme, paris sportifs, cyclisme… ce que je souhaite pour l’année 2026

Etienne Goursaud

Publié le

Édito Valeurs, athlétisme, paris sportifs, ce que je souhaite pour l'année 2026
Photo Icon Sport

ÉDITO – 2025 tire sa révérence, avec son lot de joies et de peines. L’occasion d’exprimer mes souhaits pour l’année 2026.

Nous sommes journalistes, mais nous restons avant tout des passionnés de sport, avec nos sensibilités, nos préférences et parfois nos contrariétés. L’année 2025 nous a offert un flot d’émotions sportives. Je ne peux m’empêcher de repenser à cette foule immense venue sacrer Pauline Ferrand-Prévot sur les routes alpines de la Grande Boucle. Enfin, de mon vivant, un Français – et donc une Française – a remporté le Tour de France. Mais 2025 a aussi apporté son lot de déceptions, avec des sportives et des sportifs que j’apprécie et qui n’ont pas pu s’exprimer, pour diverses raisons.

Que le sport redevienne rassembleur

Il semble déjà loin le temps des Jeux olympiques et de la ferveur unitaire et populaire qu’ils avaient fait naître en France. Le sport est redevenu un facteur de division. Violences de supporters, qu’elles soient physiques, morales ou verbales sur les réseaux sociaux, où le clubisme est devenu une véritable caricature. Des personnes, souvent des hommes, qui s’insultent par écrans interposés. Ce n’est pourtant que du sport. Oui, on peut soutenir son équipe. Oui, le chambrage fait partie du jeu et l’adversaire peut être taquiné, déstabilisé. Les ambiances électriques ont toujours existé. Mais tout cela peut se faire sans basculer dans le harcèlement et les multiples formes de violence.

Que le combat contre les violences physiques et sexuelles dans le sport se prolonge

Dans le sport – et pas uniquement, bien sûr –, la question demeure centrale. Aujourd’hui, voir des Alexander Zverev, George Tilsley (oui, je suis lucide sur des sportifs portant les couleurs de la Charente et d’Angoulême) ou encore Mason Greenwood sur le devant de la scène continue de me laisser perplexe. Cette capacité collective à oublier, chez certains, des faits graves, sous prétexte qu’ils représentent des icônes au niveau national ou mondial, interroge profondément. Pendant ce temps, des victimes sont parfois contraintes de s’effacer, subissant en plus des actes le succès populaire de leurs agresseurs.

Au-delà de ces cas, il serait grand temps que les violences sexuelles dans et autour du sport deviennent un véritable enjeu national. Trop d’entraîneurs ou de bénévoles se permettent des actes terribles, parfois sur de très jeunes enfants, couverts par le prestige de leur fonction ou par leur importance dans la vie locale d’un club. Aujourd’hui, certaines langues se délient, mais pas toutes. Je ne suis pas père, mais si je le devenais, j’avoue que je réfléchirais à deux fois avant d’inscrire mon enfant dans une structure sportive, qu’il soit une fille ou un garçon.

Le retour au premier plan pour Évita Muzic

L’année 2025 a été riche pour le cyclisme féminin français. Paris-Roubaix et le Tour de France pour Pauline Ferrand-Prévot – un exploit, je tiens à le rappeler, qui n’a pas toujours été pleinement mesuré à sa juste valeur, tant il est rare en cyclisme. On a vu Maëva Squiban en feu sur le Tour, avec deux victoires d’étape. On s’est levé de notre chaise lorsque Cédrine Kerbaol s’est dressée sur les pédales pour s’envoler seule dans la côte de la Roche-aux-Faucons, lors de Liège-Bastogne-Liège.



Mais 2025 a aussi été plus compliquée pour Évita Muzic. Au point que certains ont peut-être oublié tout ce qu’elle avait accompli en 2024. Avant son retour sur route, nous nous réjouissions de la voir s’imposer comme la meilleure Française sur de nombreuses courses. De la voir déborder Demi Vollering sur la Vuelta – l’une des rares à l’avoir battue à la pédale en montagne. De la voir accrocher puis dépasser Kasia Niewiadoma sur les pentes de l’Alpe d’Huez lors du Tour de France. Le leadership s’est forcément renforcé au sein de FDJ United-Suez avec l’arrivée de Demi Vollering. Mais Évita Muzic doit avoir sa chance, et ce qu’elle a accompli ne doit pas être relégué au second plan. Le talent ne disparaît pas ainsi, et je suis convaincu qu’elle a encore beaucoup à nous offrir.



Qu’on prenne enfin à bras-le-corps le problème des paris sportifs

À l’heure où l’on traque le moindre fumeur jusque dans les recoins des terrasses de café – je ne fume pas, mais j’estime que certaines mesures deviennent excessives –, on déroule dans le même temps le tapis rouge aux paris sportifs. Publicités avant, pendant et après les grandes compétitions, omniprésence constante, alors même qu’il s’agit d’un véritable fléau dont l’ampleur reste largement sous-estimée. Entre l’isolement des personnes tombées dans l’addiction, avec des mécanismes comparables à ceux de l’alcool, et les sportives et sportifs qui reçoivent des dizaines, voire des centaines de menaces de mort à la première défaite, une question s’impose : quand mettra-t-on fin à cette mascarade destructrice au nom de revenus publicitaires, bien dérisoires face aux dégâts engendrés ?

Qu’on arrête de dire que l’athlétisme français est nul

C’est devenu un running gag lassant, souvent utilisé pour générer quelques clics – chacun remplit le frigo comme il peut –, mais j’aimerais que l’on cesse, en 2026, de répéter que l’athlétisme français est nul. D’une part, ce n’est pas vrai, et les championnats du monde de Tokyo l’ont démontré. Certes, Jimmy Gressier est le seul à être revenu du Japon avec des médailles, mais tous les indicateurs tendent vers le vert, et il ne serait pas surprenant de voir la moisson s’étoffer dans les années à venir.

Surtout, lorsque les résultats sont positifs, peu de voix s’élèvent pour les souligner. Le bilan historique des Bleus aux championnats d’Europe de cross est ainsi passé sous silence. « Ce n’est que du niveau européen », entend-on parfois. Oui, mais non. Désormais, les Européens rivalisent avec les meilleurs mondiaux en demi-fond et en fond. Chez les hommes, du 1 500 mètres au marathon, huit médailles sur douze ont été remportées par des Européens lors des Mondiaux de Tokyo.

Clique pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *