Championnats du monde 2025 : un bilan en clair-obscur pour l’athlétisme français
CHAMPIONNATS DU MONDE D’ATHLÉTISME 2025 – On fait le bilan des Français aux championnats du monde. Avec deux médailles, mais un nombre de finalistes presque record. Il en manque peu pour ramener plus de médailles au niveau mondial.
Jimmy Gressier, le scoreur qui manquait à la France ?
C’était la crainte d’avant mondial. Le fait que la France manquait de scoreur. Un athlète fiable qui soit une grande chance de médaille. Cela aurait pu être le cas d’une Cyréna Samba-Mayela, qui a déclaré forfait avant les Championnats du monde. La France s’est peut-être trouvé son scoreur en la personne de Jimmy Gressier. Le fondeur a rapporté à la France ses deux médailles à Tokyo. D’abord un premier titre incroyable le premier dimanche, au bout d’une ligne droite assourdissante sur le 10 000 m. Avant de confirmer, ce dimanche, en décrochant la médaille de bronze sur 5 000 m.

Cette médaille sur 5 000 m prouve que son titre sur 10 000 m n’était pas le fait du hasard où d’un jour de grâce, malgré une course au déroulé très étrange et un rythme longtemps très lent. C’est la marque que le Tricolore s’inscrit désormais au plus haut de la hiérarchie mondiale. Malgré l’arrivée en masse des USA (eux aussi à trois dans la finale du 5000 m) et d’autres nations européennes, qui ont damné le pion aux nations africaines. En particulier le Kenya et l’Éthiopie. L’universalité de l’athlétisme, mais un Français au top du top. Avec deux médailles, pour la première fois depuis 2019 et les Mondiaux de Doha, la France dépasse le cap de la seule médaille au niveau mondial. Encore relativement peu, mais c’est un début.
🇫🇷 𝐈𝐍𝐂𝐑𝐎𝐘𝐀𝐁𝐋𝐄 ! JIMMY GRESSIER EST CHAMPION DU MONDE DU 10 000 MÈTRES ! pic.twitter.com/arqfgL3EQ4
— Eurosport France (@Eurosport_FR) September 14, 2025
Un record de finalistes depuis 20 ans
Malheureusement, derrière Jimmy Gressier, les autres Français n’ont pas su décrocher de médailles. On aurait pu penser que le titre du Tricolore allait lancer une dynamique pour porter d’autres exploits. Il en aura toujours manqué un peu quelque part aux Bleus. Une petite barre pour Thibaut Collet, 5ème de la finale de la perche, avec un bond à 5.90 m. Il aura manqué 10 centimètres à Hilary Kpatcha, 4ème de la longueur. Il aura manqué quatre secondes (et peut-être un juge) à Aurélien Quinion pour décrocher le bronze sur 20 km marche.
🎙 « 𝗝𝗲 𝘀𝘂𝗶𝘀 𝗵𝗲𝘂𝗿𝗲𝘂𝘅 𝗱𝗲 𝗽𝗼𝘂𝘃𝗼𝗶𝗿 𝗯𝗮𝘁𝗮𝗶𝗹𝗹𝗲𝗿 𝗮𝘃𝗲𝗰 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗿𝗲𝗺𝗶𝗲𝗿𝘀 𝗱𝗲 𝗹𝗮 𝗰𝗹𝗮𝘀𝘀𝗲 ! » 😅
Les mots d’Aurélien Quinion, 4e sur 20 km marche aux Mondiaux de 🎌 Tokyo ✨️#WorldAthleticsChamps
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— STADION (@stadion_actu) September 20, 2025
9ème à la placing table
Ce même Aurélien Quinion, 5ème du 35 km marche, sera passé tout près deux fois de son rêve. Mais c’est la première fois qu’il termine à une place de finaliste (Top 8) au niveau mondial. Tout comme Gabriel Bordier, 5ème du 20 km marche. Car, mine de rien, la France a placé 16 finalistes (individuels et relais confondus). C’est encore mieux qu’à Helsinki en 2005 et le 2ème total de l’histoire de l’équipe de France, dans des Championnats du monde. La génération qui arrive est intéressante, mais a encore du boulot, pour transformer les places en finale en médailles.
Néanmoins, avec une 9ème place à la placing table et 51 points marqués, c’est la première fois depuis 2017 que la France revient dans le top 10 sur ce classement des finalistes. 2017, année avec cinq médailles dont les titres de Pierre-Ambroise Bosse, Yohann Diniz et Kevin Mayer. La France avait également pris la 9ème place, mais avec 67 points et moins de finalistes (13). Parmi les finalistes, Gabriel Bordier, Aurélien Quinion, Hilary Kpatcha, Jonathan Seremes, Sarah Madeleine, Marie-Julie Bonnin et Nicolas-Marie Daru, sont entrés dans le Top 8 mondial pour la première fois de leur carrière… Ce qui est aussi le cas de Jimmy Gressier. Et c’est vraiment intéressant en vue de Pékin 2027. Et surtout Los Angeles 2028. Malgré l’absence de certains cadres avant la compétition.
Malgré la défaillance de certains cadres
En revanche, si certains ont étonné à Tokyo, il faut admettre que certains cadres ont manqué leur rendez-vous avec les Championnats du monde. On pense en premier lieu à Azeddine Habz. Arrivé avec la meilleure performance mondiale de l’année sur 1500 m, dans une course où Jakob Ingebrigtsen n’avait aucune référence en 2025 – le Norvégien se fera éliminer en série – le Français est passé à la trappe dès les séries. Un premier coup dur ! Anaïs Bourgoin, 3ème de la Diamond League sur 800 m, en a peut-être trop mis dès les séries. Elle est passée à la trappe en demi-finale, après avoir manqué de jus dans les 150 derniers mètres. Tout comme Gabriel Tual, dans la même distance, qui n’a pu s’exprimer pleinement.
#WCHTokyo25🗼 | 🥶 Azeddine Habz éliminé des les séries, c’est la très mauvaise nouvelle de la nuit pour les Tricolores !
🇫🇷 Meilleur performeur mondial de l’année sur 1500m, c’était l’une des plus grandes chances de médaille sur ces Mondiaux pour la France. pic.twitter.com/0FTo7K5gr4
— francetvsport (@francetvsport) September 14, 2025
Troisième au bilan, Just Kwaou-Mathey est entré en finale, mais n’a pu s’y exprimer pleinement. Quatrième aux bilans mondiaux, Yann Chaussinand est également passé à la trappe dès les qualifications du marteau. Une contre-performance à l’image de l’ensemble des lancers français, qui marquent quelque peu le pas après avoir été en vue dans les années 2010. Derrière Mélina Robert-Michon, Quentin Bigot ou Alexandra Tavernier, tous médaillés mondiaux, la relève peine à pleinement s’exprimer. Aucun qualifié en finale, une première depuis très longtemps au niveau mondial. C’est franchement inquiétant pour des disciplines déjà relativement peu mises en lumière actuellement.
Makenson Gletty et Auriana Lazraq-Khlass, qui auraient pu être des outsiders dans les épreuves combinées, ne sont pas arrivés à Tokyo au top de leur forme. Gênés par des blessures qui empoissonnent leur carrière depuis la fin des JO de Paris. Tous deux passés par la case opération. Symbole, au milieu de la grisaille, les deux ont battu leur record au javelot. Tom Campagne et Erwan Konaté étaient également des finalistes potentiels à la longueur, mais n’ont pas pu se sortir du piège des qualifications.


