Le Stade Toulousain à nouveau au cœur d’une polémique liée au salary-cap ?
Contrats d’image, partenaires et salary-cap : pourquoi de nouvelles pratiques du Stade Toulousain interrogent après l’affaire Jaminet.
Un an après l’affaire Jaminet–Pacific Heart, qui avait valu au Stade Toulousain une lourde sanction financière et disciplinaire, de nouvelles interrogations émergent autour des pratiques économiques du club haut-garonnais. L’enjeu est le même : déterminer si certains montages contractuels ont permis, volontairement ou non, de contourner les règles du salary-cap, cette fois par le biais de contrats de droits d’image conclus avec un partenaire majeur du club.
Un partenaire discret mais omniprésent
Au cœur de cette enquête signée, à nouveau, de nos confrères de L’Équipe, figure 3S-Alyzia, groupe toulousain spécialisé dans les services aéroportuaires. Partenaire historique du Stade Toulousain, l’entreprise a renforcé son engagement ces dernières années : visibilité sur les maillots lors de matchs de Top 14, prestations de nettoyage du stade, et surtout, statut de partenaire officiel jusqu’en 2027.
Parallèlement à ce partenariat institutionnel, 3S-Alyzia a signé des contrats de parrainage individuels avec plusieurs joueurs emblématiques de l’effectif rouge et noir. Des accords qui prévoient, sur le papier, l’exploitation de leur image à des fins de communication interne et externe, moyennant des montants conséquents.

Le cas Jelonch : des contreparties introuvables
En 2022, Anthony Jelonch conclut un contrat de droits d’image avec 3S-Alyzia via sa société personnelle. Les engagements sont précis : participation à événements, interventions publiques, production de contenus, présence lors de rendez-vous internes clés. En échange, près de 170 000 euros lui sont versés sur deux saisons, auxquels s’ajoute un paiement antérieur à la signature du contrat.
Problème : aucune trace tangible de l’exploitation de son image n’est retrouvée. Ni sur les supports de communication de l’entreprise, ni sur ses réseaux sociaux, ni dans des publications professionnelles. Interrogé par L’Équipe, le joueur évoque quelques interventions ponctuelles, très éloignées du volume de prestations normalement attendu à ce niveau de rémunération.
Plus troublant encore, des documents indiquent que le Stade Toulousain aurait facilité la mise en relation entre le joueur et l’entreprise, ce qui pose la question du caractère réellement « personnel » de ce contrat et de son éventuel lien avec des engagements financiers pris par le club.

Dupont/3S-Alyzia : un partenariat hors norme
Le dossier le plus sensible concerne Antoine Dupont. Depuis son arrivée à Toulouse en 2017, le demi de mêlée est lié à 3S-Alyzia par un contrat de parrainage individuel, renouvelé à plusieurs reprises. Le montant avoisine 200 000 euros par saison, pour une durée cumulée proche de dix ans.
Là encore, les obligations contractuelles mentionnent une utilisation large de son image. Pourtant, aucune campagne identifiable, aucun contenu public, aucune mise en avant visible du joueur par l’entreprise n’a pu être mise au jour. Même sur les réseaux sociaux de 3S-Alyzia, pourtant actifs, le partenariat individuel avec Dupont reste invisible.
Les explications avancées — communication essentiellement interne, actions B2B confidentielles, événements réservés aux clients et salariés — peinent à convaincre les spécialistes du marketing sportif. À ces niveaux d’investissement, l’absence quasi totale de traces est jugée hautement atypique.
Autre anomalie : lors du dernier renouvellement du contrat, fin 2024, les conditions financières sont restées identiques, malgré l’explosion de la notoriété du joueur après la Coupe du monde et les JO de Paris, lors desquels il a remporté le titre olympique avec les Bleus du rugby à 7. Une stabilité difficile à justifier d’un point de vue économique.

La question centrale du salary-cap
Au-delà de la réalité des prestations, l’enjeu principal reste réglementaire. En Top 14, toute somme versée à un joueur par un partenaire du club doit être intégrée dans le calcul du salary-cap, précisément pour éviter les mécanismes de salaire déguisé.
Or, selon les informations recueillies par nos confrères, certains contrats publicitaires personnels conclus par Antoine Dupont avec des entreprises également liées au Stade Toulousain n’auraient pas été déclarés dans cette assiette. Si ces éléments étaient confirmés, ils pourraient révéler un dépassement durable du plafond salarial sur plusieurs saisons.
Le club, de son côté, renvoie systématiquement vers le contrôleur du salary-cap, tandis que les représentants des joueurs invoquent la confidentialité contractuelle pour ne pas détailler les modalités d’exécution.
Antoine Dupont a critiqué jeudi le salary-cap du Top 14, qu’il juge « trop invasif » pour les joueurs. Le demi de mêlée du Stade Toulousain dénonce notamment les restrictions sur l’exploitation par les joueurs de leur image individuelle.
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— L’Équipe (@lequipe) October 2, 2025
Un contraste avec le discours public, des questions sans réponses
Ces révélations entrent en résonance avec les prises de parole récentes d’Antoine Dupont, qui dénonçait publiquement un cadre réglementaire trop intrusif et l’empêchant, selon lui, de valoriser librement son image individuelle. Un discours qui contraste avec l’existence de contrats importants, discrets et étroitement liés à des partenaires du club.
À ce stade, aucune fraude formellement établie. Mais l’accumulation d’indices — absence de visibilité, implication présumée du club, montants élevés difficilement explicables, opacité des déclarations au salary-cap — nourrit le doute. Après l’affaire Jaminet, ces nouveaux éléments suggèrent que le Stade Toulousain pourrait être confronté non pas à des dérives isolées, mais à un système de contournement plus structurel, encore loin d’avoir livré tous ses secrets. Affaire à suivre.



Lacaze
13 février 2026 à 13h24
L’équipe ferait mieux de mieux connaître le rugby au lieu de vouloir faire du voici ce journal du foot est très mauvais en rugby d’ailleurs je pense que chez eux pas grand monde a dû y jouer et pourtant avec leur favori parisien qui n’est jamais scruté les parigots sont propres et bien nous pouvons en douter.Je n’achète plus l’équipe car le foot et les sommes colossales qui n’ont rien à voir avec celles du rugby là on en parle pas où si peu et je me souviens que ce journal quand il a voulu faire un hebdo aux pages roses midi sport s’est bien planté en voulant concurrencer notre Midol qui lui est performant comme le Stade Toulousain